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Histoire Socialiste TO~IE V Thermidor & Directoire
Histoire Socialiste ( 1789= 1900) SOUSLADIRECTIODNE JEAN JAURÈS TOME V Thermidor & Directoire (1794-1799) PAR GABRIEL DEVILLE Nombreusès illustrations d!après des documents de chaque époque, PARIS PUBLICATIONS JULES ROUFF ET C••
I \. ,r
THERMIDORET DIRECTOIRE CHAPl'fRE PREMIER SIGNlFICATION DU 9TDERlllDOR AN lf.-8A13Et:'F. Certains historiens, Michelet notamment, arrêtent l'histoire de la Révc,- lulion au 9 thermidor an li (27 juillet iî94). De fait, à celle date, la Révolution, dans sa forme démocratique, est terminée ; suivant le mol d'un Lhermi1lorien. Barère (llfémoil'es, l. li, p. 236), « le 9 thermidor brisa le resrnrt révolutionnaire "· Au point de vue du fond, au point de ,·ue économique, les hommes de la Révolution avaient à transformer les rapports sociaux et à les adapter aux nécessités économiques de leur époque. lis ont accompli de telle sorte la tâche qui leur incombait que, par la force des choses el malgré la puissance à certains moments des ,•olontés hostiles à leur œuvre, celle-ci est restée debout. Au point de vue de la forme, au point de vue politique, l'édifice de la Révolution n'a pas eu la solidité de sa base économique; et le 9 thermidor fut le point de départ de la réaction qui devait, pour de longues années, aboutir à la chute de la République. Un aussi complet recul était-il de toute façon inévitable? Je ne le pense pas. Car, si le fond économique sert de base aux phénomènes politiques comme aux autres phénomènes sociaux, il n'implique pas fatalement la forme sous laquelle ces phénomènes se produisent. Le, fautes, en elîel, sont fréquentes sans être obligatoires; parce qu'il est possible de trouver ce qui les a déterminées, il ne s'ensuit pas loujour, qu'elles dussent être forcément commises, et, quand elles l'ont été, il est bon ~e les signaler pour essayer d'e11éviter le renouvellement. Sans doute, une organisation politique dépassant les besoins de la bourgeoisie, n'était pa;; viable il y a un siècle et tout ce qui. élaboré sous l'impulsion des prolétaires parisiens, milllres un instant du mouvement, allait au delà de ces besoins, élail condamné à disparaitre. li n'était au pouvoir de personne de faire vil'l'r, après la Révolution, une République qui fût réellement la chose de Lous; en particulier, l'extrème divergence qu'il y aurait eu entre l'état arriéré de l'Europe el une République française yérilablement démocratique n·aurail pas permis à celle-ci de durer. liais la forme républicaine aurait peul-être pu LIV. 393• - BISTOIRI SOCI.UISTE. - TBERIUDO!\ ET DIRECTOJRg. LIV. 393•
2 lliSTOIRE SOCI.\LIST!s pN,i,t,•r; or, il celle époque r,>111mc à 11ï,111iortoquelle autre, il y avait, tout au moiu.,. pour l'a,·rnir, un a,antage immense nu maintien de la Répuhliqur, q11oiq11Prelie-ci eùt eu n(•re,,airement alors à abriter l'é\'olulion grandhE«nle ,,u capilali,11H'. Le st·cpliri,me et l'ironie de rer tains sur la v3le11rromp 1(• • fic la fN1111•mo11archi11ueet de la forme ré'pul1licaine sont un indic,• cle rnyupir polili•I'•~ !1Jr,1u·,1s n,• constituent 1>asde, puravents commoMs 1,our I ,;1 .. ~imult'r, en rqmbliqtw, tl'imn~ouables compromb~iuns. en monarchie, la ,up(•riorité pcnihlc, ,emhlc-l-il, à a1ouer de camarades ,·o.,ins. La cau,e dirt·cle de la l'hute de 1~!Vpubliqur a eV• la fàclwuse extension , 1 ,nn~e au rt•t:dmc de h 'r, rrt•ur; mab rt•llc e,Lt'nsl,in n·a été que la con ... éq11cnrc d.-rnièrt', dans un mili~u speci,ll, lies dhb'.on:; du parti rCpuLlicain r1c,·cnucs irréd11ctilJl1)s; rl dlt>s h,. 1·rd",·iend1·011l d1aque f11i.; <111e la conc~ption de l'inlèrN gi•n,•ral !-l de l'intérêt l1icn cntenrJu de chaf'nn >C lrouwra ob,curcie par la race ùc !lomin,·1 • ar lïmpati,·uce de, arnLition, pe1- ~011nflle.;, par la. ridit-ulP Jl:l'::-iHn ffelrc en é,iJ,·nc,~, par le" ra1u·unc:- implal'able~ d<'s~anilé:5 ,Ji'·çw•~ ou ,)('::; :l\ iùités i11a'.'-..u11, ies. Le recours il Ja Tent•ur trou,c ~on C.\JûÎl'ali JII tian~ l.l ~ilualion de la France mt•n.1cè,\ à l'jnlêricur, menacé!• it l"e\l(·rie11r, .1~1111l, de tous IPi cùtè~ à la fob, a fairt' fart' :nL\ plus gra,~t!~ périls .. \11 dt1.lan:;, au dehors, les royali::.tes, criminellement ;,llic, à l'étraua:cr hoslilt•, étaieut acharnés ü saper le, la l'rance n•pulJJic ,ine ne 1ouvait vine qu·,·n frappant lt•ur:; chef,, qu'en retenant par la craiote ceu, qu, ;i,ah·11L 11t~::, ,cl1l'tlc ...de tle\Cflir leur.!'\complicc:S; elle ne pou, ait Yivre qn·cn supprimant cc11x<Jni s'efforçaient d,• la tuer. El la Terreur qui n'aurait eu tt11c11nc ('\CU"iC :--i le gouvernement re, olulionnairf avail di8posé d'aulrt\ .. lllO)Cns rtc nwltrbrr Ir, forces déchatn\'e, rontre lui, la Terreur r,t justifie• Llnl qu,•, dans :;es application,;, elle n'a été qu'un fait de légitime dé(c11,c i111'i'ninhlt•, le ras clr lr•gilimr dofense étant le seul qui pui-,1• autoriser à dunner la mo,t à un Nrr humain. L'interN m~mc de la cause qu'on a en raison dr vouloir défendre à tout prh, e,igeait qu'on n'all:U pn, au delà. te régime dr la Terreur au rail dO, au point de vue de l'humanité comme au point de vue du succès, n'être inquiétant que pour les ,•nnrmis déclarn, du noU\el ordre des choses. o.,, lor,, il aurait dtl êlre appliqué dans des limites telles - frappant impitoyablement les chefs, menaçant tous ceux 11uise laisseraient aller à les remplacer, épargnant les advers.1ires qui s'ab5tcnaienl de prendre part à la lutte - que le, indifférent, se ~enli•senl p-.r lui ra,surés contre leurs maitres de la ,·eille dont le, manœovres devaient de,·cnir pour eux la seule cllo•e à redouter Malbeureoscment, ce qui était un moyen de défense, le seul moyen de dofen~e erncace contre des atlaques mortelles, fut exagéré, au lil'u d'être restreint le plus possible; ce moyen de défense fut, en outre, lraD!lformé en moyen de gouvernement, en moyen d'éloulTer des oppositions n'ayant rien de menaçant pour le nouvel ordre des choses.
f TIISTO!RE SOCIALIS'l'P. 3 Sans doute, il y eut, aussi terribles et regrellables qu'inévitables, des explosions de fureur populaire provenant de ,0111franceslongtemp, subies el de ressentiments accumulés. Or si, au point de vue générai de la justice comme au point de vue plus particulier de lïntérêt de leur c :u;e, lrs hommes q~i ont en ces momcnts_la charge èes alfaires, doiwnt teutc' les plus grands elforls pour empêcher de rnhstituer le, responsabilités des indhiclus à de, responsabilités de classe ou à des nécessités de ,itnation, ils doivent aussi. quelque pénible que cela soit, savoir faire la part du feu : ils n'ont pas le droit de dépasser dans leur œuvre d'humanité le poiut au delà duquel leur Pt.AM DU OOA.RTJER DES TUILERIES SOUS LA CONVEl<i'TIOK. (Tir, do l'ouvrage du baron Fai:r, Memw,erlt CU l'An Ill). puissance d'action générale, leur influence, seraient brisées par leur obstination à intervenir malgré tout au bénéJJce d'individualités; ils n'ont pas le droit de compromettre dans l'espoir, chimérique d'ailleurs le plus souvent en ces terribles circonstances, d'être utile à quelques-uns, l'œu vre qui leur incombe au profit de Lous. .Tant qu'il y aura des privilégiés, c'est à eux surtout qu'il appartiendra de prévenir les funestes représailles; pour n'être pas les uns ou le;; autres personnellement victimes le jour où sont atteints leurs privilège;;, ils n'onl, tandis que œux-ci sont intacts, qu'à en jouir sans aggraver les conditions, 11ormales peul-on dire, d'exploitation, el sans s'inféo,ler à ceux d'ent, e eux qui les aggravent. Quand, au débul ou durant le cours d'une transformation sociale, se sont déchainées les haine, particulières, il est vraime1rl trùp corn mode, mais très iniqur, de la part des historiens, de reprocher aux principaux ,,
HISTOIRE SOCIALISTE artisans de celle transformation d'avoir laissé faire, alors qu'ils oublient de remonter jusqu'aux vrais coupables, jusqu'à ceux qui, privilégiés, ont tout fait pour fomenter ces haines el qui subissent les déplorables eITelsdes sentiments dont ils on L élé la cause et quïl dépendait d'eux de ne pas exciter. Quoi qu'il en soit, en dehors des chefs royalistes ouvertement rebelles ou conspirateurs que, mus peine d'effondrement, il fallait abattre sans faiblesse, en dehors des exécutions sommaires auxquelles en aucun temps on ne doit jamais pousser, bien au contraire, mais quïl n'était absolument pas possible d'empêcher, le régime de la Terreur ne saurait se justifier à aucun litre, et il a été, pour le succès final, la pire des fautes. D'abord, par son exagération, frappant les petits comme les grands, ne distinguant pas entre les puérilités d'adversaires platoniques el la rébellion la plus caractérisée, il a préparé une réaction, les excès dans un sens provoquant toujours un mouvement en sens opposé. D'autre part, dressée contre les partisans eux-mêmes de la Révolution, calomnieusement et maladroitement assimilés aux conspirateurs, la guillotine diminuait le parti républicain plus encore par la qualité de ceux qu'elle supprimait que par leur quantité. Ainsi devenue en même temps une menace pour tout le monde, elle rendit tout le monde hostile à ceux qui faisaient alors d'elle leur instrument de règne et opéra contre eux la concentration de tous ceux qui, sans distinction de partis, tenaient simplement à vivre. C'est l'instinct de la conservation qui a préparé Thermidor, instinct déguisé sous des prétextes divers jugés plus avouables. L'extension, si fâcheuse sous tous les rapports, donnée au régime de la Terreur, son exagération comme moyen de défense et surtout son emploi comme moyen de gouvernement, ont été la conséquence d'un état d'esprit qui a été général dans la Convention, les modérés, les Girondin~, en tNe, pour ce.Llofaute comme pour tant d'autr~s. Ce n'est que sur le pui ni de rnvoir quels seraient ceux qui appliqueraient ce régime contre les aulres, qu'on ne s'entendait plus. Il y a donc eu, à cet égard, une responsabilité générale. Cependant si, de celle fausse conception de la Terreur, furent responsables el, d'ailleurs, successivement victimes Ioules les fractions du parti républicain, ce sont les Jacobins suivant les inspirations de Robespierre, ce sont les amis directs de Robespierre, c'est tout particulièrement Robespierre, qui ont, en dernier lieu, le plus contribué à la double extension, plus ou moins admise par tous, de la Terreur. Cela, les faits le démonlrepl et la loi du 22 prairial an Il (10 juin 1704) suffirait à Je prouver. Les défenseurs de Robespierre affirment que son triomphe eO.tmarqué la fin de la Terreur. li est très probahle, en elTet, qu'une fois débarrassé de ceux qui le g~naienl, et dont quelques-uns comme Tallien el Fouché étaient, il esl vrai, d'abominables coquins, il eO.lété indulgent pour les autres. Seulement, même si on a raison au fond, ce n'est pas en décimant son parti sous prétexte de l'emporter sur ceux qui ont tort, qu'on le fortifie et qu'une frac-
' HISTOIRE SOCIALIS1'E 'btN DE NOTES lNiDITIS DE 8.A.DEl,;F SUR LUl~MbJ&, (D'après un document du aretre du tribunal de lieauni1.) UT. 39i. - BISTOIRB SOCIALISTB. _ THER~IIDOI\ 1T DJRECTOUI!, 5 LIV. J0i.
6 J-IIS'l'OIRE SOCIALIS'l'E lion quelconque de ce rarli se fortifie; elle achèle ainsi une victoire passagère au pri, d'un atraibfüsemenl général donl elle se ressent elle-même tôt ou tard, el auquel malheureusement le parti tout entier el le principe sur lequel toutes ses fractions sont d'accord, finissent souvent par ne plus pouvoir résister. En contribuanl à envoyer à la mort les diverses fractions républicaines qui ne partageaient pas ses vues particulières - Girondin,, llébertisles, Dantoni,tes - Robe,pierre croyait travailler au triomphe de la République, de la Révolution; en réalité, il travaillait au bénéfice de leurs ennemis: chaque exécntion de républicains, quelle que fût leur nuance, était pour elles une perte, pour eux un avantage; quant à lui, des succès momentanés ne l'ont pas empêché de tomber victime de son propre système. Du reste, en frappant Robespierre, les thermidoriens républicains ont, nous le verrons, commis une faute' de même nature el de même gravité que celles commises par Robespierre frappant les autres. Il est notamment permis de penser que l'influence de Robespierre durant la période de guerre aurait pu empêcher le développement de l'esprit de conquête el, par suite, de l'esprit militariste qui devait contribuer à la chute de la République. En continuant contre Robespierre et son parti rœuvre néfaste de Robespierre el des Jacobins, les th~rmidoriens ont donc nui à la République elle-même, comme Robespierre lui avait déjà nui; ni les uns ni les autres n'ont eu pareilleintention,je le reconnais; mais en politique les meil Jeures intentions ne sont pas une excuse. La leçon qui se dégage de ces événements est double. Il faut d'abord - surtout en temps de révolution - soigneusement éviter d'inquiéter la masse de la population. Sïl est absolument nécessaire de recourir à la rigueur légale contre certaines oppositions dangereuses el irréductibles, on doit agir de telle sorte que l'opér~tion apparaisse cl&irem~nl à tous comme une exception rassurante pour l'immense majorité tranquille. Ces événements nous apprennent, en outre, que les divisions d'un parti ne profitent qu'à ses adversaires_. Dans tout parti il y aura toujours des nuances, il y aura toujours, si uni qu'on soit et à plus forte raison si on l'est peu, des divergences d'opinion quel que soit le matir de celles-ci ; mais !'intérêt réel de chacun· el de tous . exige qu'on s'etrorce d'atténuer ces divergences, d'en canaliser les eflets pra· tiques, au lieu de les accroitre el de les laisser grossfr au point de ne plus pouvoir les endiguer. En outre. ce n'est jamais à la violence que les diverses fractions d"un parti, correspondant aux di!Térentes nuances inévitables, doivent entre elles recourir pour assurer le triomphe de leur propre manière de voir. M~rne au point de vue étroit de l'intérêt bien entendu de chacune d"elles, il vaudrait mieux pour elles se résoudre à un échec de leur idée particulière, que de voir celle-ci l'emporter par l'élimination violente d'une autre fraction : • On ne fonde poi~t les gouvernements avec la mort », suivant le mot de Baudot dans ses Notes historiques mr la Convention (p. 114). Si on compte sur la violence pour avoir dans un mêrpe parti raison les
IIISTUIRE SOCIALrSTI, 7 uns des autres, tous, exaltés el modérés, finissent par avoir leur tour au détriment de l'idée commune,el cela de1ienl d'autant plus aisé el plus rapide que les brèches déjà faites au parli onl été plus nombreuses. Une fois les hommes d'lnilialive, quelle que soit leur nuance, disparus, il ne reste qu'un parti décimé, émietté, épuisé, sans ressort el, par dessus tout, sans hommes aples à le tirer de son inertie; ce sont, en elJet, ceux-là qui, étant au premier plan, ont été supprimés au seul bénéfice de l'ennemi commun. Quand enrnite il faut remuer la masse, les hommes énergiques et capable•. rlonnant l'exemple et écoulés, font défaut, l'impnl,ion manque 011 ,,,t insuffisante, et les coups d'Elal• d'hommes dispo,anl déjà de force, or.!ani,,·r, ont chance de réussir. Telle a élé la situation - on en trouvera le, pr lll'C, dan, le, cha1iilre, suivants - du parti républicain ;\ partir de Thermidor :,vec, à la fin. la r,•action politique victorieuse pour longtemps. El ,i d'anciens C.-,nwntionnels se mirent en assez µrand nombre à la remorq11e,1le relie rf'arlion, c'e..L que, retombés à leur médiocrité par la disr arilion rie res m~mc• 1:rands noms qui leur avaient servi de guide et les avaient un instant haussés au niveau des événements, livrés à eux-mornes, ils ne firent ni plus ni moins que la majorité d~s hommes et allèrent au succè~. Nolre grand historien ~lichelet, qui ne saurait ôtre légilimemenl compté au nombre des socialistes, qui a émis sur le socialisme des appréciations erronées, comme lorsqu'il le rend responsable du gouvernement militariste de Bonaparte (Histoire du x1x• siècle, T· I", p. x), n'a compris ni le nouveau mouvement historique des cla•scs, ni le rôle du prolétariat dans ce mouvement. Cela n'empêche pas les socialistes de voir en lui un allié, ainsi que le sont à leurs yeux Lous ceux qui, dans un ordre quelconque de connaissances, ont dissipé des erreurs, Lous ceux qui font, si peu que ce soil, avance.r les hommes sur la voie de la l'érité. Cela n'a pa, empôché ~lichelet, classant les faits d'après leur réelle l'aleur historique et non d'après leur apparence momentanée et l'opinion des contemporains, de signaler, sans restreindre son importance, l'apparition du ,ociali,me et d'en faire, par anticipation clainoyante, l'é1énemenl capital, dès le seuil même de l'Histoire du xtx• siècle {chap. l") qui, pour lui, part de Thermidor. A l'exemple de Michelet, je pense que la première apparition du sociafüme n'est pas antérieure à l'époque dont nous allons étudier l'histoire. Le socialisme, en etret, implique à la fois d'abord une théorie générale, quelle qu'en soit la valeur, d'organisation de la propriété cl, par suite, de la société, ayant avant loul pour but d'égaliser les conditions sociales de vie et de développement. d'universali,er le bien-être, ensuite la croyance, à tort ou à raison, de son auteur et de ses partisans en la pos,ibilité immédiate d'appliquer plus ou moins graduellement celle théorie, et eoOn la poursuite de sa réali- ~ion. En un mot, le socialisme n'existe pas quand il y a exclusivement
8 HISTOIRE SOC.JALIS'rE ----- ------------------------------ théorie; pour le consliluer, il raut que s"ajo11le à celle-ci, déterminée par elle, une ,·clléilé a11m,Ji11,de praliqlle 011 de politique. JI n·y a pas socialisme, même utopique, là où, si osée que soit une théorie, si audacieux 1p1e soit un plan de société, il n'y a pas désir d'action, a?pel à l'action, afin de préparer la nouvelle organisation de la propriété et de la socjélé visant (1 asrnrer le bien-ôlre èe tous ses membres. Les réquisitoires contre la richesse et 1a'propriété, comme les descriptions de sociétés idéales el les rêveries communistes ou humanitaires, sans intention d'application dans un milieu donné, sans viser à une pralique 11énérale, sont cles dissertations philo,ophiques, sociologiques, etc., el no,1 du socialisme. Il n'y a pas socialisme, m~me dans le sens le plus restreint, là où, si subversirs que soir.nt un appel à la révolte ou un soulèvement populaire, si démocratique que parais,e une œuvre_ réformatrice, ces diverses actions ou tentatives, au lieu d'Mre subordonnée, à une théorie générale quelconque de la transformation que doivent subir la propriété el la société dans le but de réaliser le bien-être de tous, sont déterminées par une doctrine religieuse prêchant le renoncement el la communauté. par la tendance à ne régler que cle, situations spéciales, à se horner à des mesures d'avance estimées transitoires, ou par l'exaspér~tion dé,ordonnée des victimes de trop criants abus. Sans doute quelques publications affirmèrent, soit après 1789, soit même avant, que la liberté el l'égalité nominales des droits seraient iusufflsanles pour rendre heureux les simples travailleurs ne possédant que leurs bras, que leur rorce de travail. Mais, presque toujours, ou ce n'était, même dans la pensée de leurs auteurs, que des conslalalions sans la moindre vue théorique, sans la moindre sanction pratique, ou leurs revendications trop restreintes ou trop vagues étaient dépourvues de Loule idée d'organi<alion généi-alc. ou ils s'en tenaient à ces réforme" agr~ires qui, avec le sentimentalisme, l'amour de la nalura et la foi en la raison, étaient si en vogue à celle époque. Ces réforme, ten lanl, par excm1ile, au partage de; biens du clergé en parcelles allribuées i111livid11ellement aux pauvres, mo lillant le nomlJre et le nom des propriétaires 1>lusque le mode de propriété, ne sauraient èlre du socialisme que pour ceux qui le connaissent mal. Ce qui est vrai, c'est <1uela pluvarl des démocrate; crurent à l'elllcacilé, à Lous les points de vue, de I• liberté el des droits nominalement égaux qui ne pouvaient com1>lètemenl profiler qu'à la classe écon omiqucmenl à même de s'en servir, à la bourgeoisie; c'est que quelques-uns - el Babeuf était du nombre -- ceux qui n';vaient pas ceUe confiance, croyaient néanmoins qu'il n'y avait qu'à continuer dans la voie ouverte par la Hévolulion pour aboutir à la réalisation de tendances, encore très imprécises en fail, vers l'absolu des principes nouveauc 'Le 15 brumaire an IV {6 novembre 171!3), notamment, Babeuf écrivait dans le n• 31 de son Tribun dtt Pe11ple : • Aisance à tous, instruction de tous, égalité, liberté, bonheur pour tous, voilà notre but. Voilà
UIS'l'Olll.E SllCIALIS'l'I'. ce que nous avions presque drjà alll'Ïnl; voilà ce qu'il faut que nous atteignion.s de nouveau •· Toujour, hantés par lïdée que la lli•volution devait instaurer un régime de Justice cl d'égalité elTcctivc; pour tous, vopnt q11r les privilèges avaient seulement cbango de forme, ils accu-i'ri'nt le, hommes de la déception que leur causait le dé,accord entre leur idée cl les faits, ils parlèrent d'escumolage. ils ré;olurent de pousser la lltholution d,rns la voie ou,erle par elle, mais qu"elle IPur semblait n'avoir pas su!H-ammenl suivie, de terminer ce qu'ils regardaient simplement comme commencé, comme arrôlé dans son déYeloppemenl naturel, de poursuine l'égalité de IJit cl de réalbn enfin le bien-être de Lou,. Ce faisant, d'ailleur;, leur seul tort a été <l'aller trop vite, de vouloir oblPnir, faire passer dans la ré:tlité, au dêlml d'unP évululion, ce qui doit en èlr~ le terme : ils oot eu, en somme, lïnluition ju,tc de ce qui devait plus lard, mais ne pouvait alors ~e déduire des f<1its; ils ont interprété la Déclaration des Droits de l'llomm~ dans le sens large que, dans sa lettre, el Lhéoriquemcnl, dans son esprit, elle comporte et comportait déjà pour certains (flistoire socialiste, t. IV, p. 15'30)el non dans le sens étroil que pratiquement elle a revêtu à un moment donné. Le point de départ du socialisme, fils légitime de la Révolution française, a donc été la désillusion qui résulta de la persistance, malgré tout, de la misère, apr.'s les profondes réformes dont les uns avaient attendu plus qu'elles n'avaient rlonné, plus qu'elles ne pouvaient donner; auxquelles les autre~ avaient rhé une suite, logique à leurs yeux, qui n'était pas venue. En cet état d'esprit, el nulle solution pratique n'émanant de la réalité même, il n'y a rien d'étonnant à ce qu'ils aient, après comme avant, démandé aux travaux de, penseur. philanthrope, les enseignements de la rai-on el de « la nature (Dieu suprême) •· devait dire !labeur (n• 35 du Tribun du Peuple). En puisant dans de pures conceptions philosophiques l'indication de ce qu'il y avait à faire, en essayant de réaliser ces conceptions, ils ont donné à celles-cl qui, étudiées chez leurs auteurs, ne sortent pas du domaine de la philosophie, une valeur socialiste : c'est ce qu'avait déjà fort bien compris l'ami de Babeuf, Buonarroti, écrivant, pour caractériser leur action et celle de leur. amis: • au mérite des conceptions de Jean-Jacques, ils ajoutèrent la hardiesse de l'application à une société de vingt-cinq million, d'homme, • (la Conspiration pou,r /'Egalité, t. I", p. 14). Cela n'a pas empêché la Révolution d'être un merveilleux laboratoire d'idées où se sont élalJorés, ainsi que l'a montré Jaurès, les principes des diverses écoles socialistes, où se sont accumulées, suivant son mot, • des réserves de socialisme latent • (llistoire socialiste, 1. IV, p. i:,02). Ainsi que toute autre théQrie nouvelle, le socialisme se rattache aux penseurs qui l'ont précédé, mais qui rt'onl été que des précurseurs. Le socialisme n'était que latent chez ceux-ci, il existe incontestablement
10 lllSTOlllll SOClALlSTK dans le système de Babeuf; touleTois - nous le verrons - il n'apparall que sous la seule forme possible alors, sous la forme utopique. D'ulopi~ue. le socialisme ne pourra devenir scientifique que lorsque, à l'imperfection des conditions économiques engendrant l'imperfection des théories socialiste~. auronl succédé, gr~ce au développement de la produclion par la grande industrie, les phénomènes donl une pénétrante analyse tirera les solides malériaux de la solution que la raison seule étail impuissante à imposer. Mais, pour si utopique qu'ait élé le socialisme à sa naissance, il n'en est pas moins vrai que, depuis Babeuf, un nouvel élément historique a fail apparition. Aussi, avant d'entamer le récil des événements qui suivirent le 9 thermidor el au cours desquels se révélera Babeuf en qualité d'agitateur socialiste, il me faut dire ce qu'avail été jusque-là l'homme qui a vérilablemenl mis au jour le socialisme, tout au plus ébauché avant lui dans quelques publications ayant été à leur époque sans importance, ou dans quelques vagues tentatives sans résultat. Babeuf (François-Noël), do m<\me que ù'autrcs révolutionnaires, devait adjoindre, puis subsliluer à ses prénoms un nom pris dans l'histoire de l'antiquité, Camille, de 1700 à fin septembre iî94 el ensuite Gracchus, qu'il avait oependanl déjà employé parfois - on lrouve, par exemple, ce dernier nom sur une brochure (Nouveau Calendrier) de la fin de 1î93. li naquit à SaintQuentin le 23 novembre 1760. Sa famille était pauvre; son père lui donna quelque inslruction. Expédrlionnaire chez un géomètre à quatorze ans, il fut aussi employé chez divers seigneurs. Vers sa vingtième année, il perd il son père. Le 13 novembre 1782, il épousa V(cloire Langlet qui allait ètre la plus digne des femmes et dont il devail avoir plusieurs enfants. Après son mariage, il lravailla, à i:'ioyon, chez un feudiste, c'esl-à-dire chez 1,1nesorte d'homme d'affaires s'occupant de ce qui concernait les fiefs; puis, chez un arpenteur, à Uoye où, en 1î87, il élait commissaire à terrier. Le commissaire à terrier surveillail le maintien des droits dépendant des terres : « Ce fut dans la pous· sière des archil'es seigneuriales, a-t-il écrit (n• 29 du Tribun du Peuplt•),quo je découvris les affreux myslères des usurpations de la casle noble. Je les dél'oilai au peuple par des écrits brlllanls, publiés dès l'aurore de la Hévolulion ». Ruiné à la suite d'un procès contre un marquis qui élail son débiteur, H se trouva dans une situation difficile, ayanl à subvenir aux besoins non seulemenl de sa femme cl de deux enfants, mais encore de sa mère et de ses frères el sœurs. Sa première publication serail de 1;86 si on lui attribue une brochure anonyme, donl il fut le zélé propagateur, conlre les prhilèges militaires de la noblesse. L'année suivante, le 'ti mars, au cours d'une correspondance avec le secrétaire de l'académie d'Arras, où percent déjà des tendances communistes, il indiquait; comme sujet à traiter, la question suivante: • Avec la somme générale de connaissances maintenant acquise, quel serait l'élal d'un
HISTOIRE SOCIALISTE Il peuple dont les inslilulions sociales seraient telles qu'il régnerait indistinctement entre chacun de ses membres individuels la plus parfaite égalité, que le sol qu'il habilerall ne fùl à personne, mais appartint ù Lous; qu'enfin loul fùt commun, jusqu'au produit de tous les genre'! d'industrie? De semblables Institutions seraient-elles autorisées par la loi naturelle? Serait-il possible que celle société subsistât et mGmeque les moyens de suivre une répartition ab,olument égale fussent praticables?• ( Advielle, ll1s1oire de Gracc/111$Babeuf. l. Il, p. t17.) En i780, il achève, sous le titre Cadastre prrprtuel, un ouvrage présenté le i3 octobre à l'Assemblée nationale et entamé dès li87. Dans le • discours préliminaire • il apparait dt'jà cherchant à ,, allein Ire la félicité commune des peuples» el partisan d'une • c,ùs,e nationale pour la subsistance de< pauvres • et d'une• élucation nationale dont tous les cit,,yrns pui-sent profiter ». Il se préoccupe, ce qui e,t assez rare à celle ép,Jquo, du sort de, ouvriers:" Le nomhre des ouvriers s'est exces,ivemenl accru. l\on sculcrnrnl il en est résulté que les mêmes ,alaires ont pu étrc dimiuués de plus belle, mai; qu'une très grande quantité de citoyens s·,.,L vue d,1ns lïrnpos,ibililé de trouver à s'occuper, môme moyennant 1,, foihie rétribution fixée par la tyrannique et impitoyable opulence et que le malheur a,·aiL irnp/•ricusement forcé l'industrieux artisan d'accepter. Cepenrlanl le refrain ordinaire des gens qui regorgent, est d'envoyer au tral'ail l'importun qui, poussé par les sollicitations fâcheuses des plus pressants besoins, vient réclamer auprès d'eux le plus petit secours... On l'envoie au travail I Mais, où est-il donc si prM à prendre, ce travail? .. • La société n'est qu'une grande famille dans laquelle les divers membres, pourvu qu'ils concourent, chacun suivant ses facultés physiques el intellectuelles, à l'avantage général, doive11t avoir des droits égaux. La terre, mère commune, eOt pu n·~tre partagée qu'à vie, cl chaque part rendue inaliénable ... :-ïous ne pensons pas de1•oir prétendre à réformer le monde au point de vouloir rétablir exactement la primili1•e égalilé : mais nous tendons à dé· montrer que tous ceu, qui sont lomllôs dans l'infortune, auraient le droit de la redemander, si l'opulence persislail à leur refuser des secours honorables, el tels qu'ils puissent être regardés comme devant convenir à des égaux; tels encore qu'ils ne permellent plus que ces mêmes égaux pussent retomber daos l'indigence révoltante où les maux accumulés des siècle, précédents les oill réduits dans le moment actuel. •. On le voit, s'il pense, suil'anl les théories philosophiques les plus avancées de l'époque, que tous ont droit égal au bien-Glre, il n'est pas encore socialiste, parce qu'il ne ,a pas encore jusqu'à réclamer pratiquemcnl les conséquences de ce droit, el il ~c bornr pour l'in~lanl à proposer la transformation des impôts en une• contrihution per.onnelle • payée par chacun • en proportion de ses forces •, de se, re,cnus, et en une • contribution réelle • Fondaztone Alfred Lewld Btblioteca Gino &anco
l2 HISTOIRE SOCIALISTE payée par chaque propriétaire • en proportion de cc qu'il a », de se, po,sc;- sions lrrril•lrialcs. A 1, nourclle de la prise de la Daslille, d'après des notes biographiques de sa main contenues dans le dossier du procès de faux que j'ai retrouvé, il parl pour P,t1·isoù il arri\'e le iï j ui llel. Son hnmanilé éclate dans cell~ helle lettre à sa femme, dé it reproduite par Jaurès (lli.itoire socialiste, l. l", p. 2t7), où il raconte, le 23 juillet, la morl de Foulon el de Berlier. Pendant quelque temps dans une situation misérable, à la recherche des moyens de vivre, il lcnlail, avec un nommé Audilfred, rexploilalion d'un « nouvel instrument trigonométrique •; il a\'ait écril, pour essayer de !(agner quelque argent, une brochure ironiquement allribuée à illirabeau dont il se méfiait, el finalement il quittait Paris, après h journée du 5 octobre, et revenait dans la Somme. Le 28 février ii90. on voulut rétablir à Roye, où il n'était plus acquitté depuis le 19 juillet 17811,le droit d'aides sur les boissons. Les débitants refusèrent de se soumellre et Dabeur les soutint en attaquant violemment les aides et les gabelles dans une brochure • qui électrisa, a•l-il dil, toul le peuple de la SommJ el anticipa la suppression de ces impôts». L1 municipalité de Roye la dénonça à la Cour des aides et le « Comité des recherches de l'Assemblée nationale» ordonna de veiller à ce qu'elle ne fùl plus réimprimée. Babeuf protesta vivement, le i0 mai, dans une lettre à ce. Comité; arrêté et conduit à Paris, il était depuis cinq semaines incarcéré à la Conciergerie, lorsque Marat protegta en sa faveur dans l'Ami d" Peuple du 4 juillet 1700. Babeuf ful mis en liherlé provisoire assel tôt, parait-il, pour pouvoir assister à la première fête de la Fédération. De retour dans la Somme, il revenait à la charge et, au nom d'un grand nombre d'intéressés, présentait à la municipalité de Hoye, le 17 octobre 1790, une motion relative à l'impôl en général et, en particulier, aux impôts indirects; il réclamait la suppression de l'exercice à domicile el l'égalité de lous, bourgeois comme débitants, devant lïmpôl. Dénoncé à ce sujcl par le maire Longuecamp, vers la fin du niois, au tribunal de llontdidier, • il ne parait pas, devail dire Je directoire du département le 14 avril 1791, dans une nouvelle dénonciation, que ce tribunal ail fait aucune poursuite » (Archi,.es nationales. D. :u1x 116-122 14, liasse de la Somme). Vers la même époque (octobre 1790), il fonda à Noyon un journal, le Correspo11dan1 picard qui, à la fin de 17!JOet en 1701, eul quarante numéros. Il entreprit une campagne contre tous les droits féodaux et toutes les redev.mces seigneuriales el poussa le$ campagnards à ne plus se soumettre à ces tributs; à ce propos, de nouvelles poursuites furent encore dirigées contre lui à l'instigation de Longuecarop, et avortèrent. Elu, le 14 novembre 1790, membre du conseil général de la commune de Roye, il ne siégea CJl\ll jusqu'à la lin de décembre, ses ennemis, Longuecamp toujours en tèle, ayant, de parti pris, cherché et réussi à faire annuler son élection par l'administration départementale, en prétendantque le déc~et de
l!ISTOIHE SOCIALISTE 13 prise de corps de la Cour des ai<les enlratnait, mal!;ré la liberté provboire, l'interdiction des [onctions publiques. Toul en continuant à lutter conlre rac,1uillemenl des 1lroits d'entrée el de vente qu'on ne po1n,1il parvenir à percevoir, ce c1uin~ccs,ita, à la fin d'a>ril 1701, l'fnvoi de tlcnx cents hommes de cavalerie, il rut élu, le 23 mars, à 11oye,par le quartier S,,int-Gille,, « commissaire pour la recherche des biens communaux de celle ville•• et soutint PARTIB DE L'ACTE DB VB.STE :MOOIPJf:8 f'Af'. 8ABBUF. (Greffe du iribunal do Doauvais,) que d'anciens orficiers municipaux de Hoye avaient usurpé des terrains communaux dont, à leur exemple,« la municipalité conslilutionnelle ... gaspillait scandaleusement le revenu el se l'appropriait sous divers prétextes •· Ses téclamalions à cet égard le firent arrêter le 5 avril, par la municipalité, qui avait le droit de le garder huit jours en détention comme perturbateur, conduire à la prison de Montdirlier el dénoncer, le 7, par cette même municipalité el le maire Longuecamp, à l'accusateur public du tribunal de celle dernière ville, sous prétexte qu'il engageait le peuple par écrit cl par discours à s'emparer du « marais de Dracqucmont » et « que les maximes du dit Dabeur r6pandues LlV. 3!)5. - HISTOIRESOCIALISTE, - TJIBRlrillDORtT DIRECTOIRE. LIV. 395. I
J4 HISTOlllll SOCIALISTE avec proru-ion, rl par sr~ dils écril,; el par ses paroles, sun LA souvE11AINET~ DU PECPLE,snr la manière <lonl il drnil el pouvail e,erccr ses droits, san, parler à de,sein de Res devoirs, e,cilenl m~me de la fermentation chez nos voisins•· Les lémoignages lui ayant été favorable,, il eul la chance d'~lre relâché la ,•cille du jour où l'accusateur public de ~lonldidier recevail communication de la lettre du i4 avril, à laquelle il a élé fail allusion plus haul, el par laquelle le directoire du déparlemenl lui ordonnait d'user de la plus grande rigueur envers Babeur. En Juillet 1701, un cerlain Gouy de la Myre le dénonçait au m~me accusateur pour avoir exprimé « le 1·œu anliconslilutionnel de suosr1TUERUNE ntPUBLIQUEAUGOUVEn~EMEST MOSARCOIQCE dont nos sages législateur, ont conrnlidé les hases •· De l'aveu de ses aclvers:tires, Babeuf nous apparall donc, dès 1791, parfüan de la souveraineté du peuple el républicain. Nous allons le voir, celle même année, réclamer le • droit pour Lous de voler• dans une lellre à un de ses anciens abonnés du Correspondant pical'd, Coupé (de l'Oi·c), qui venait d'être élu membre de l'Assemblée législative. Dans celle lettre, en date du tO septembre 1i01 (Espina,, ln, J'ltilosopliie sociale du xvm• sii'cle et la Révo/111io11, p. 215, nole; voir aus,i 1/istoire socialiste, l. IV, p. 1;;38 et suiv.), Bobeur, après avoir eu des tendances communisles - nous l'avons vu tout à l'heure -el avanL de protester conlre la loi u9raire - nous le verrons chap. xn - se déclarait parlisan de celle loi el, par elle, de la mise à la disposition de chacun d'une portion sulfisanle de lerre. Uu reste, il seml>lail déjit favorable à celle idée dans son Cada<lre perpétuel el, de mème qu'à celle époque, il voulail « assurer à Lous les indilidus premièrement la subsistance, en second lieu une éducalion égale • (Espinas, Ibid., p. 40',). Ses • vœm » sont (Id., p. 407) : • qu'il n'y ail plus rte division des citoyens en plu-ieurs classes; admission de tous à toutes les places ; ono1TPOURTous DE VOTER;d'<'mellre leurs opinions dans toutes les assemblées; de surveiller grandemcul l'assemblée des Légblateurs; liberté dcc réunions dans les places publique,; plus de loi marliale; deslruclion de l'espril de corps des gardes nationales en y faisant entrer tous les ciloyens sans excepliou et sans aulre destination que celle de comballre les ennemis extérieurs de la Palrie •· Tou le• fois, il Jaul, dil-il, renoncer à ces principes lorsqu'on ne vcul pas la loi agraire; sans elle, « liberté, égalil~. droits de ('homme, seronl loujours des paroles redondanles el des mots I ides de sens » (Id., p. 408). « La On el le couronnemenl d'une bonne législation esl l'égalilé des posses•ions roncières (Id., p. 400); ... à l'exception de cc que chaque individu aurail son palrimoine inaliénal>le qui lui ferail d~ns tous les Lemps et toules les circonstances un fonds, une ressource inallaquable contre les besoins, toul ce qui tienl à l'in• dustrie humaine reslerait dans le mème étal qu'aujourd'hui » (Id. p. 407). Obsédé par le partage de la terre, Babeuf n'est pas encore socialiste, mais 11 est en bonne voie pour le devenir. La subslilution momentanée de la loi
IIISTOIRE SOCIALISTI> 1;; agraire à ses premii'rcs \'elléit(•s communbLe, peut s·e,pliquer par un phfnomène assez fréquent ùan; l'hi,toire d,,, i<l(•1•;t olilique;. Les e,prils plus enclins à prendre le contre-~ic I de ce <111ei,i,te qu'à chercher le sens exact de l'évolulion à pourrnivre d n; un milieu donné, en arrivent trop souvent à accepter, comme formule de 1Nir5 reYendicalions. ce qui n'est que le frelatage d'une idée juste op~r6 scirm menl par leurs adversaires pour enrayer le développement de celle idée: ils prennent naîvemenl pour drapeau ce que leurs pires ennemi, ont imaginé comme spectre ronge. C'est ce qui a dù avoir lieu pour la loi agraire invoquée à diverses reprises par les réacteurs de l'époque, à la suite de l'abhé )taury clans la séance de la Constituante du 13 octobre iîS!l (!Jistoire socialiste. t. I", p. 451), dans le bul de sauver les propriétés de l'Eglise et des émigrés, en inspirant des craintes sur le respect de sa propre propriété à la bourgeoisie possédan le. c·e,t ce qui a en lieu de nos jours pour l'antipatriotisme niaiseme•ll arboré 1iar quelques pauvres cervelles, alors qu'il n'est c1u·une misérable t,lsificalion de lïnternalionali,me socialiste due à la mauvaise foi des ad\'crsaircs de celui-ci. Après sa campagne sur les biens communaux, Dabcuf s'évertua ;) démontrer « que les immenses domaines des ex-seigneurs avaient été presque Lous illégilimemenl acquis; et que, lors même qu'on ne considérerait pas le crime d'émigration dont le plus grand nombre s'était rendu coupable, la nation avait le droit de rentrer en jouissance de tant de riches possessions». Toujours à propos du maintien des droils sur les boissons qui, malgré la pré- 1 scnce, depuis plus d'un an, de troupes chargées d'en assurer la perception. continuaienl à susciter quelques désordres, il dé nonçail, le 8 juin !i02, la municipalité de Roye comme •concussionnaire» ; il la dénonçait de nouveau, le 14 juillet, pour avoir, dans sa clécis:o n du JO, justifié les « aclre,ses liberticides» au roi à propos de la journée du ZOjuin (Id., t. li, p. 1208-121',). JI avail de la sorte, on le croira sans peine, amoncelé sur sa tête la fureur de toul ce qui était riche el influent. lleureusement pour lui, ainsi quïl l'a constaté, « vint le 10 aoù l ». Très populaire, il fut, en septembre, nommé membre de l'administration du département de la Somme. Actif el ardent, il dénonça, en octoùrc, une conspiration royaliste • pour li"rer le passage de la France par Péronne, après le succès attendu du siège de Lille • par les Autrichiens. JI s'occupa d'arrêter une famine factice organisée dans le district d'Abbeville. JI réclama la publicité des séances de l'administralion départementale. -Son zèle, toujours en éveil, parfois puérilement d'ailleurs, comme lorsqu'il prote,ta contre les pièces • royalistes cl nobiliaires» jouées au lliéàtre d'Amiens, se heurta au mauvais vouloir, sinon à la complicilé contre- ré,•olulionnaire de srs collègues, el les baines qu'il souleva lui firenl abandonner son poste au département el accepter de passer, en novembre iî02, au district de Montdidier en qualité d'administrateur. Là, il se réjouit de la mort de Louis X VI dont
jï, IIISTOlnE SOCIALISTE il Ut ddruire des portraits el, con li nuant sa guerre aux abus, il prolesla conlre les complaisances de fonctionnaires pour les biens de ,, nobles p, rsonnages émigrés qu'on s"obstinait à vouloir qu'ils ne le fussent pas et pour lesquels on épuisait tous les laux-fuy anis de la chicane pour élu.der la main mise nalionale sur ces propriétés inappréciables ». 0:, son ennemi Longuecamp, procureur-syndic du district, élail un de ces fonctionnaires el il allait trouver l'occ1sion de se venger dans l'affaire que les adversaires de Babeuf ont tant exploitée contre lui el que je vais résumer d'après les documents originaux que j'ai retrouvés au greffe du lril.mnal civil de Beauvais. Le 13 décembre 1792, était mise en adjudication à Montdidier la ferme dite de Fontaine, bien national. Evaluée 29,398 livres 4 sols, elle était adjugée provisoirement, au prix de l'évaluation, au fermier Debraine et l'adjudication définitive élail fixée au 31 décembre. Celle adjudication provisoire qui figure sur la même pièce que l'adjudication définitive dont je vais parler, est signée par Debraine, l'adjudicataire, par Lefrançois, un des administrateurs du directoire du district de Montdidier, el par Cocbepin. secrétaire de cette administration. Le 31 décembre, après diverses enchères dont l'une fut faite par un nommé Levavasseur, la ferme était adjugée à Devillas, président du dislricl de llontdidier, moyennaol la somme de 76,200 livres el l'acte porte qu'él tient adjugés « lesdits biens audit citoyen Devillas qui a à l'instanl nommé pour command de ladite adjudication le citoyen Charles Conslancien Levavasseur demeuranl à .\lonldidier, moyeninnl ladite somme de 76,200 livres, ce que Jedi-l ciloycn Levava,seur présenl a accepté el a promis en coméquence d'exécuter les décrels de sorle que lediL citoyen Devillas ne puisse être recherché, et ont si9n6 avec les commissaire, administrateur, procureursynrlic el secrétaire». Or, el c'est curieux, celle déclaralion ne porle en réalité que la signalure de Levavasseur et celle du secrétaire Cochepin. S'il y a eu devant ce dernier, comme cela a été afllrmé cl comme c'esl possible, convention formelle entre Levavasseur el Devillas, comment se fait-il qu'après avoir arfirmé la signature des deux, il ail pu tout de suite faire signer le premier el non le second? En tout cas, le 30 janvier 1793, Devillas, président du districl, ne l'oublions pas, et en présence d'un juge au lribunal, Nicolas Leclerc, s'appuyant sur ce que la déclaration en faveur de Levavasseur étail nulle parce que lui, l'adjudicalaire, ne l'avait 1ms signée, demanda à deux administrateurs du dislrict, Jaudbuin et Babeuf, de subsliluer, dans l'acte d'adjudication, le nom de Debraine, le fermier du domaine, el celui de Léger Leclerc, le l,èr,• du juge, auxquels il voulail céder se, droits, au nom de Levavasseur à qui, d'aprè, lui, il ne les avail pas cédés. La chose parul loutc naturelle à ces deux administrateurs qui, n'ayant pas assislô à l'adjudication, ne connaissant l'affaire que par Devillas, constataient que la déclaration de command n'indiquait pas la participation el!ectivc de l'adjudicatairn. Babeuf, dans le passage de l'acte
HISTOIRE SOCIALISTE l7 mis eulre guillemets plus haul, raya les deu, fois le nom de Levavasseur et lui subslilua par renvois • Firmin Debraine, cullivaleur, demeurant à Fontaine, el Léger Leclerc, entrepreneur des habillements des troupes de l'armée demeurant à Assainvillers-en-Chaussée, solidaires et l'un pour l'autre •; Babeuf, Jaudhuin, De!Jraine, tant pour lui que pour Léger Leclerc, et O. EABI.UF, âgé de 3\ ans, par BonneTille. Devillas, approuvèrent par leurs signatures et les renvois et les ratures, el ces deux signatures sont les seules de DeviIlas sur l'acte d'adjudication. Cela venait de se passer, lorsqu'arrivèrent un autre administrateur Lefrançois el le procureur-syndic Longuecamp qui, mis au courant de l'affaire, trouvèrent - et en cela ils avaient raison - que B ,beur et Jaudhuin avaient• agi étourdiment en rayant un nom pour en substituer un autre, et que la vraie marche eût élé de recevoir la déclaration de Dcvillas par un autre acte au bas de celui de l'adjudication • ; d'autre part, ils affirmaient l'existence d'une convention entre Devillas el Levavasseur. B1beul el Jaudhuin ne tardèrent pas à comprendre qu'ils avaient eu tort et, voulant réparer leur erreur; ils écrivaient, le soir même, un exposé coru.-
18 lllSTOl!lE SOCI..\.LlSTE plel de leur conduite; lr~s détaillé, très précis el assez long, cet exposé se terminait ainsi: « lis ont été entrainés à agir sans Nre instruits de toutes le$ circonstance, de la susdite a!Taire; ils déclarent être dans l'inlenlinn que leurs signatures cl ces changements auxquels ils on l coopéré aujourd'hui au procèsverbal d'adjudication dont il ,'agi 1, ne puissent nuire ni préjudirier i, aucune partie, leur vœu étant qu'on ne puisse se prévaloir de leur participation ,1 cet égard el que les choses soient réwblics dans le même el semblable état qu'elles se trouvaient ôlre avant ladite p1rlicipalion ». Cela n'empêcha pas le district, dans sa séance du 4 février el sur l'initiative haineuse de Longuecamp, de suspendre de leurs fonctions De, illas, Jaudhu in el IlabeuC, el le conseil gé• néral de la commune de Montdidier de dénoncer, le 6, le fait à l'administralion départementale qui, le lendemain, ra li fla la suspension el renvoya l'a!Taire à l'accusateur public de )!ontdidier. Ilabeur vint immédiatement à Paris réclamer contre sa suspPnsion. Apprenant que l'a!Taire élail dérérée à la justice cl se doutant du sort que lui réservaient les juré; et les juges d'un pays où il comptait tant d'ennemis influents, il resta à Paris où Sylv,tin )laréchal le fil entrer à l'administration des subsistances de la Commune de Paris. Dans la crise de Paris moura)ll <le Cairn, son austérité, inadmissible de la part <l'un homme qui aurait été capable de se laisser corrompre el à laquelle Michelet a rendu hommage, rut à la hauteur ùe celle de Cha umetle el de Fes collaborateurs donl notre grand historien a pu écrire : • Ce qui calmait le plus le peuple, c'était le désintéressement connu, la sobriété fabuleuse ùe ses rnagislrals » (lli,toire d11 x1x• siècle, l. I, p. 10). De l'administration des subsislances de la Commune de Paris, il passa à la Commission des subsistances de la llépublique. Pendant ce Lemps, raITairc suivait son cours el l'accusateur public traduisait del'anl le jury d'accusation Del'illas, Del,raine, Nicolas Leclerc, Jaudhuin el Babeuf, les trois premiers comme corrupteurs et BabeuC comme corrompu. Nicolas Leclerc et Devillas seuls comparurent; cancans insignifiants ou sus• pecls qu'on e11lend dans presque Lous les procès criminels, prévenus cher- <:hanl ù tirer leur épingle du jeu, Cût-ce au détriment des autres, on retrouve toul cela dans le dos,ier. Le principal argument de raccusalion pour essayer de démontrer lïnlenlion coupable de Babeuf, fut qu'il avait dloé, le 30 janvier, avec Del'illas, Dcbrai11c et .Nicolas Leclerc el avait modiUé racle a1,rès cc diner. • Puvers I a écrit Ilabenf à cc sujet, combien vous êtes adroits 1 combien vous savez tirer parti des circonstances! Moi, Devillas cl Leclerc, juge du tribunal, n'étions.pas domiciliés à Montdidier, vous le savez bien; nous <ilions do11c,1,ar conséquenl, obligés de vivre au traiteur ou à l'auberge. Nous nous invitions quelquefois récipro•1uemenl, vous le savez encore, el cela était toul naturel entre gens que leurs fonctions rapprochaient ailleurs; je fus invité par Leclerc à cl1ner avec lui ce jour-là; Devillas se trouva du même diner qui Cul fait à table d'hôte, en lieu public, où nous fOmcs conrondus avec plu-
HISTOIRE SOCIALISTE 10 sieurs inconnus, où il ne rut cl ne pouvait pas être question d·aucune connivence. Pourquoi empoisonner une action aussi simple? Par.quelle fatalité espérez-vous la métamorphoser en une présomption propre à me condamner? Mais il se trouvera des hommes justes qui pénétreront les motifs de votre inexorable acharnement qui ne vous laissait rien négliger, cl ils distingueront entre vous el moi. Malheur alors au, vrais coupables! » Le jury, interroié uniquement, c'est à constater, sur le fait matériel de modification de racle, alors que la question d'avoir a!li « méchamment et à dessein de nuire• s'imposait d'après l'art. 4i (section 2, litre 11) ùu Coclepénal du 25 septembre 1701, déclara, le 20 mars li93, qu'il n'y avait lieu à accusation que contre Dabeufqui ravail raite. En dciflnilivc, de la p·irt de Babeuf, il y cul, suivant son mot, dans les notes biographiques du dossier, « inad1crlancc » reconnue cl répar(e tout de suite. Ainsi qu'en témoigne l'original de l'acte, il opéra d'une façon si naÏl·e, si ouverte, que ceb sufllt à exclure cle sa parl toute intention répréhensible et implique chez lui la conviction que Dc,illas lui disail la vérité. Dans le cas contraire, en elîet, il n·aurail pas pu ne pas soupçonner que Levavasseur ne se laisserait pas évincer sans protester, et, ayant la volonté de commellre un rau,, Dabeuf aurait plus ou moins habilement tenté de le faire de telle sorte que rinscriplion même du nom de Levavasseur rot au moins contestable. Sïl y eut 1111 coupable dans rafTaire, il n'est pas douteux que cc fut Dei illa5 cherchant pcut-èlre à ne pas tenir une convention faite el, de Loule manière, l'instigateur de racle reproché à Dabeur; or, le Jury d'accusation ayant, en ce qui concerne De,·illa•, à ie prononcer contradictoirement, décide qu'il n'y a pas matière à accusation, cl Dabeuf serait coupable d'avoir satisrail à une demande estimée n'être pas rc'prébensible ! Le tribunal criminel d'Amiens n'en condamna pas moins par contumace Babeuf à vingt ans de fers (23 août i793). Celui-ci qui, avec juste raison, disait : • Où il n'y a point de corrupteurs, Il n'y a point de corrompu •, resta à Paris sans se cacher el y fil venir s 1 femme et ses enfants. Le 24 brumaire an Il (14 novembre ii93), sur la réqui· sition du procureur-syndic du district de Montdidier, qui était alors rarin, il était arrêté. Mais tout en mettant Babeuf en étal d'arrestation, • les aclroini - trateurs du département de police de la municipalité de Paris », Monnessicr el Dangé, - le premier devait être, lor:l de la Conjuration des Egau,, l'agent pour le Ill' arrondissement (chap. xnt), el un des agents les plus zélés, du comité secret - écrivaient à Varin : • Le citoyen Babeuf, avant d'Mre attaché à l'administration des subsistances de Paris et pendant tout le temps q11'il y a été employé, n'a donné lieu, au mains à notre connaissance, à a11cw1 reprocfte à son égm·d du ctJtédu civisme ni de la p,·obité; el c·e,t pour llOu:l UJI puissant molîr de lever des doutes sur la légitimité des motifs qui ronl tait condamner à vingt années de fers •• el ils lui demanJaient de leur procurer • Lous les moyens possibles de statuer en connaissance de cause sur
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