HO ll!STOJRE SOCIALISTE Le 2\ juin, celui qui s'était déjà proclamé régeut, se proclamait roi àe France et de Navarre sous le nom de Louis XVIII; son frère, le comte d'.\rtois, ùcrenait « Monsieur "· Dans son manifeste il prétendait rétablir !"ancien régime et inl'ilail Jc-sFrançais à se fier à son autorité absolue et à sa clémence relali\'e, refuiée d'avance;\ ceux qui avaient volé la mort de la famille royale; c'est ce qu'un royaliste conscient de la réalité des choses el des conquêtes ineffaçables de la llévolution appela« la déclaration insensée du roi• (F. Descostes, La Révolution française vue de fétranger, Mallet du Pan d'après une correspondance inédite, p. 527). Sa grande préoccupation fut de se procurer, pour sa rentrée, un cheval blanc « capable de le porter» (Forneron, Histofre générale des émigrés, t. II, p. 77) et de régler avec d'Avaray le cérémonial du couronnement: il allait avoir vingt ans pour en soigner les détail,. li tenait beaucoup aussi à être reconnu officiellement comme roi par les puissances européeJ?nes; mais celles-ci ne ,·oulurent pas s'interdire la possibilité de traiter avec la République. Croyant toutefois au succès de l'expédition de Bretagne, l'Angleterre accrédita, le 10 juillet, auprès de lui, eu mission « privée el confidentielle,, (Lebon, L'Angleterre et l'émigration, p. 104), un repré• sentant, lord Macarlney, qui arri"a à Vérone le 6 août. Pendant ce temps, tandis que Cbar.ette pré\'enu de l'approche de la flotte anglaise, - d'après M. Billard des Portes (Charette et la guerre de Vendée, p. 454), ce fut par le marquis de Riyière, aide de camp du comte d'Arlois, quïl fut informé « des derniers préparatifs de !"expédition de Quiberon • - rompail traîtreusement la pacification, atlaquant, le 7 messidor (25 juin), le poste des Essarts (Vendée), où les républicains confiants jouaient aux boules, et en assassinanl près de deux cents, puis lançait, à la suite de cel exploit catholique et royal, un manifesle d'insurrection, daté du 26 juin, où il annonçait la mort du fils de Louis XVI, Scépeaux et Amédée de Béjarry se rendaient à Paris. Arril'és à la fin de messidor (milieudejuillet), dans le but réel de se concerter secrètement avec l'agence de Paris, ils se posèrent insolemment en victimes, désavouèrent les émigrés, jurèrent que le manifeste de Cbarelle élait un fau, (Chassin, Les Pacifications de l'Ouest, t. I", p. 4.39),alTectèrenl de lui écrire, le 18 juillet(30 messidor), pour avoir son démenti, ne cherchèrent qu'à trainer les choses en longueur et, en fin de compte, quittèrent furtivement Paris à la fin de thermidor (vers le t4 août). On est surpris de la condescenrlance de la Convention à leur égard, alors que les modérés, ne pouvant vraiment plus s'illusionner sur les sentiments de leurs alliés royalistes, commen• çaient enfin à s_eméfier. D'Anlraigues avait fait répandre un pamphlet où il déclarait que devaient être cha.tiés comme 1·égicides tous ceux qni avaient prêté le serment du Jeu de Paume; aussi Doulcel de Pontécoulant lui-même s'écriait dans la séance du 13 messido.r (1" juillet) : c Jusqu'ici les répuuli• cains ont combattu pour la gloire, aujourd'hui tous les Françar.i combattront pour leurs intérêts •·
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