Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

HIS1'01llE SOCIALISTE ïO § 2), une des trois agences de la • commis,ion des approvisionnements • qui avait à s'occnper du ,ervice des suu,istances pour Paris; mais, incapacité ou complicité de sa part avec les spéculateurs, elle ne parvint pas à l'assurer à peu près convenablement. L'espoir, en attendant, de vendre plus cher poussait les fermiers à cacher leurs grains ou à les garder; la crainte, si on laissait partir les grains pour Paris, de n·en plus avoir sufli,amment pour elles-mômes, crainte soigneusement atLisée par les .agents des lripolt'urs politiques el financiers - les gendarmes e,n-oyés dans les environs de Paris • font beaucoup de dépenses et s'entendent a,ec les fermiers » (rapport du 5 pluviôse- 2~ janvier); • les fermiers et les cultivateurs secondent uien les projets tleslrucleurs et ... ne veulent rien fournir» (rapport du 22 germinalil avril)-, poussait les I opulalions à emp,'cher la formation et la circulation des convois : l'excès d'un côté, la pénurie préparée de l'autre, ne se heurtèrent à aucun ol>stacle de la part de ragü11ce, le lai,sez-f,dri, triompha. Aussi pour la masse ne disposanL que t1·u11equantité très re,treinte de papier avili en face de marchandises d'un•~ cherté exorbitante, la misère fut atroce, au milieu celte fois de l'allondance - abondance de la récolte 'rapport du 3 brumaire-2I octol>re) el abonda11ce dans les maga:Jns « remplis en tous genres» (rapporL du 9 l'entù;e-;!î lévrier, - et du luxe sc;indaleux des agioteurs lriompbants (recueil d'Aulard, l. I", p. 3,1,. Le rdour aux bons principes économistes leur aya11l donné, au point de vue du prix tics marchandises, leurs coudées franche,, tout allait maintenant concourir à l'a,~ili:,semcnl des assignats. Alors qu'il aurait fallu e11limiter les émi.,ions au strict nécessaire, nous voyons les ordres de fabrication qui étaient de 5 milliards 02;; millions du début de la Convention au O thermidor an Il ;nn juillet 1701), allcindre depuis celle date jusqu'à la ün de la Comention 15 milliards 752 millions 425 mille francs. Avant le 9 thermidor, la préoccupation de l'ulililé générale présida à la fabrication des diverses catégories de coupures; les plus fortes mises en circulation par la Convention ne dépa<saient pas 400 livres. Après thermidor, les grosses dominèrent; un arrêté du 26 ventôse (Hl mars) prescrivit d'un coup la fabrication ù'un milliard en coupures de dix mille livres et, depuis celle date jusqu'au 28 Uiermidor an III (15 aotll 1705), chaque moi· nouvel arrêté de labricalion de ces coupures do sorte que, en cinq mois, leur total à elles seule.; atteignait 5 milliards (/l,'volutio11 française, revue, L XVI, p. 227-220) : on n'était plus guidé par la seule nècr»ilé de satisfaire aux besoins publics, mais par les exigences des financiers pous-ant à la multiplication d'un papier quïls se faisaient livrer au cours du jour don~ ils étaient à peu près les mattres. Et rien ne les empêchait d'employer ù leur valeur nominale, en payement des impôt;,, des biens nationaux qu'ils achetaient., - la vente de ces biens su~pendue par arrêté du comité de ~alul public du 10 messidor an Il (28 juin -1794),a1·ait été reprise en vertu de la loi

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