Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

112 HISTOtnE SOCIALISTE rons tout à l'heure reprocher aux républicains d'avoir violé à Quiberon une capilulalion qui n·a jamais existé. Pendant que les paysans à qui on avait annoncé un prince du sang, le réclamaient et étaient découragés par son absence, pendant que les gentilshommes aggravaient celle déception en les traitant avec mépris (Idem, p. 453 el 4ïl), la Con,enlion, le 13 messidor (1" juillet), chargeait de• se rendre surie-champ dans les départements de l'Ouest » deux de ses membres, Tallien el Dlad, qui quillaient Paris le jour même avec l'officier du génie Rouget de Lisle, l'auteur de la Marseillaise, ami de Tallien. De son cOlé, Hoche n'avait pas perdu son temps. En cinq Jours, afin d'éviter les affaires particulières et d'entamer une aclion générale, il avait concentré ses détachements épars, malgré les dimcullés provenant de l'indiscipline de troupes exaspérées par le manque de vivres; le 14 (2 juillet), il enlrail en campagne, refoulant devant lui les paysans qui, avec leurs femmes. leurs enfants, leur, bêles, leurs prêtres el leur, meubles, allaient s·enfermer dans la presqu'ile de Quiberon; le 10 (7 juillet), il repoussait une tentative de sortie et pouvait écrire à l'élatmajor qu'il al'ail laissé à Rennes : • les Anglo-Emigrés-Chouans sont, ainsi que des rals, renfermés dans Quiberon où l'armée les lient bloqués» (Savary. Guerre des Vendéens et des Chouans, 1. V, p. 240). JI y a,·ail là entas ées plus de 20000 prrsonncs, c'était la ramine à brrf délai. Hoche était installé avec 13000 hommes à Sainte-Barbe, à l'entrée de ln presqu'ile; d'Uerl'illy déçida de l'allaquer le 28 (16 juillet). Le 22 (10 Juillet), il faisait transporter par les chaloupes anglaises sept à huit mille individus sur divers points de la côte, autant pour se débarrasser de bouches à nourrir que pour tourner le camp républicain el le prendre entre deux fe:n. ~fais Hoche pré,,enu par des transruges, anciens soldats républicains qui, prisonniers sur les pontons anglais, avaient élé joints aux émigrés, prit des mesures en conséquence et, le 28 (16 Juillet), rauaque lut repoussée sur tous les points; d'llcrvilly tomba très grièvement blessé, ses troupes durent se réfugier derrière le fort Penthièvre. La ,·eille au soir, le second convoi anglais était en vue; mais d'llervilly n'avait pas voulu, pour l'allendre, retarder l'exécution de son plan dont l'heureuse issue lui scmhlail assurée. Celle nouvelle armée d'environ 2 000 hommes, sous les ordres du comte de Sombreuil que n'accompagnait pas le comte d'Artois, débarqua après la défaite. Dans la nuit du 2 au 3 thermidor (20 au 21 juillet), une surprise combinée par Hoche avait un succès complet que les royalistes furieux ont allribu6 à la trahison, quand il n'a été dO qu'à une hérotque audace. Au milieu d'un orage épouvantable~50 grenadiers conduits par l'adjudant général Mesnage,grlmpant du cOlé de la mer de roche en roche, escaladaient le fort Penthièvre et, au moment où les royalistes ne se doutant pas que l'ennemi éJait au-dessus de leurs tètes, ouvraient le feu des batteries du fort sur les troupeR républicaines, celles-ci voyaient Doller au sommet le drapeau tricolore, à la place du dra-

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