Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

96 HISTOIRE SOCIALISTE Somme; il devail Nre condamné à morl el guillotiné à Amiens le 24 vendé• miaire an IY (16 octobre 179:;), Enfin avait élé également votée, le" prairial V, mai), nne loi rap1>ortanl celle du 12 germinal (l" avril) qui ordonnail la déportation sans Jugement de Barère, Billaud-Varenne, Collol d'llerboi, el \'adier, les décrétanl d'accusation el prescrivanl de les traduire devant le tribunal criminel de la Chare nle-1nférieure (voir fin du chap. x); l'article 4 de celle même loi portail que Pache, son gendre Audouin, Boucholle, Uassenfralz el quatre autres seraienl traduits devant le tribunal criminel d'Eure-etLoir. Il avait été anlérieu remenl décidé que les trois condamnés à la déportation qu'on avail pu saisir, seraient e~pédié; à Cayenne chacun sur un na,ire di!Tôrent. Le 7 prairial (26 mai), celle décision fut exécutée pour Billaud-Varenne el Collol cl'llerbois, le courrier enrnyé de Paris afin de donner contre-ordrn n'étant arrivé que le lendemain; mais Barère était encore à l'ile d'Oléron parce que, déclara Auguis dans la séance du 1'i (2 juin}, « le bl\liment qui devait l'emmener n'était pas encore prêt•· Aussi, au lieu d'être embarqué, fui-il transféré, à la fin de prairial (début de juin), dans la prison de Saintes d'où il devait s'évader le 4 brumaire an IV (26 octobre 1795), suivant ce qui fui dit à la séance du Conseil des Cinq-Cenis du 13 brumaire (', nol'cmbre), et il ne devJil pas élre repris. Pour se venger ùe l'inten·enlion des femmes, deux décrets furent rendus le ,, prairial (23 mai), le premier interdisant aux femmes d'assister aux assemblées politiques, le second leur enjoignant de rester chez elles et ordonnant l'arrestation de celles qu.i seraient trouvées c attroupées au-dessus du nombre de cinq "· Bourbolle, Du Roy, Duquc,noy, Romme, Soubrany, Goujon avaient élé, dans la nuit même ùu 1" au 2 prairial, dirigés sur le fort du Taureau, près de Morlaix; ils y arrivaient le 10 (20 mai) el, quatre Jours après, ils en reparlaient conduits à Pari~ où ils étaie ni de retour le 22 (10 juin), la Convention ayanl décidé, les (27 mai), de les déférer à la commission militaire instituée par elle dès le 4 (23 mai), ainsi que Prieur (de la i\larne) el Albille ainé, qui avaient réussi à s'enfuir, Rühl, qui devait se suicider le 10(~9mai), Peyssard et Forestier donl l'arrestalion n'avait pas élè opérée loul de suite. La mère de Goujon avait inutilement protesl~ contre celle décision, disant:• Qu'est-ce qu'une commission militaire? Un tribunal arbitraire, redoutable même à l'innocence, sans instruction, sans formes, sans Jurés, sans défenseur, enfin sans aucune des garanlies protectrices que la loi accorde ordinairemenl aux accusés• (Arcltives nationales, ADI 111). Le 24 prairial (12 Juin), le procès des huit représentants commençait devant un auditoire de femmes à la mode elde muscadins insullanllàchemenl le,; accusés (Clarelie, Les Derniers Alontagnards, p. 302} el le 29 {17 Juin), à l'e•ception de Peyssard, condamné à la déportation, et de For~slier, contre lequel, déclarait-on, l'accusation n'était pas prouvée, mais qu'on gardait en prison pour faits antérieurs, ils étalent

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