Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

HISTOIRE SOCIALISTE 10 sieurs inconnus, où il ne rut cl ne pouvait pas être question d·aucune connivence. Pourquoi empoisonner une action aussi simple? Par.quelle fatalité espérez-vous la métamorphoser en une présomption propre à me condamner? Mais il se trouvera des hommes justes qui pénétreront les motifs de votre inexorable acharnement qui ne vous laissait rien négliger, cl ils distingueront entre vous el moi. Malheur alors au, vrais coupables! » Le jury, interroié uniquement, c'est à constater, sur le fait matériel de modification de racle, alors que la question d'avoir a!li « méchamment et à dessein de nuire• s'imposait d'après l'art. 4i (section 2, litre 11) ùu Coclepénal du 25 septembre 1701, déclara, le 20 mars li93, qu'il n'y avait lieu à accusation que contre Dabeufqui ravail raite. En dciflnilivc, de la p·irt de Babeuf, il y cul, suivant son mot, dans les notes biographiques du dossier, « inad1crlancc » reconnue cl répar(e tout de suite. Ainsi qu'en témoigne l'original de l'acte, il opéra d'une façon si naÏl·e, si ouverte, que ceb sufllt à exclure cle sa parl toute intention répréhensible et implique chez lui la conviction que Dc,illas lui disail la vérité. Dans le cas contraire, en elîet, il n·aurail pas pu ne pas soupçonner que Levavasseur ne se laisserait pas évincer sans protester, et, ayant la volonté de commellre un rau,, Dabeuf aurait plus ou moins habilement tenté de le faire de telle sorte que rinscriplion même du nom de Levavasseur rot au moins contestable. Sïl y eut 1111 coupable dans rafTaire, il n'est pas douteux que cc fut Dei illa5 cherchant pcut-èlre à ne pas tenir une convention faite el, de Loule manière, l'instigateur de racle reproché à Dabeur; or, le Jury d'accusation ayant, en ce qui concerne De,·illa•, à ie prononcer contradictoirement, décide qu'il n'y a pas matière à accusation, cl Dabeuf serait coupable d'avoir satisrail à une demande estimée n'être pas rc'prébensible ! Le tribunal criminel d'Amiens n'en condamna pas moins par contumace Babeuf à vingt ans de fers (23 août i793). Celui-ci qui, avec juste raison, disait : • Où il n'y a point de corrupteurs, Il n'y a point de corrompu •, resta à Paris sans se cacher el y fil venir s 1 femme et ses enfants. Le 24 brumaire an Il (14 novembre ii93), sur la réqui· sition du procureur-syndic du district de Montdidier, qui était alors rarin, il était arrêté. Mais tout en mettant Babeuf en étal d'arrestation, • les aclroini - trateurs du département de police de la municipalité de Paris », Monnessicr el Dangé, - le premier devait être, lor:l de la Conjuration des Egau,, l'agent pour le Ill' arrondissement (chap. xnt), el un des agents les plus zélés, du comité secret - écrivaient à Varin : • Le citoyen Babeuf, avant d'Mre attaché à l'administration des subsistances de Paris et pendant tout le temps q11'il y a été employé, n'a donné lieu, au mains à notre connaissance, à a11cw1 reprocfte à son égm·d du ctJtédu civisme ni de la p,·obité; el c·e,t pour llOu:l UJI puissant molîr de lever des doutes sur la légitimité des motifs qui ronl tait condamner à vingt années de fers •• el ils lui demanJaient de leur procurer • Lous les moyens possibles de statuer en connaissance de cause sur

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