Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

HISTOIRE SOCIALISTE 41 habiluellemenl, à la suite de deux erreurs typographique,, les 73. L'un ct·entre eux, Couppé, ayant été déclaré démissionnaire; trois, Lauze•Depcrrel, Duprat et Lacaze, ayant été exécutés dès le 10 brumaire an Il (31 octobre 1793); un autre, Masuyer, Je 25 ventôse an Il (15 mars 1794); quatre, Gamon, Vallée, Savary el Bresson, déférés par le décret du 3 octobre 1793 au tribunal révolutionnaire, et deux, Chassel cl Defermon, déclarés traitres à la patrie, ne s'étant soustraits que par la fuite aux conséquences de ces décisions; un, Doublet, étant mort à la Force le 4 frimaire an Il (24 novembre 179:l), les prétendus 73 n'étaient plu~, en réalité, 9uc 63. Le 18 frimaire (8 décembre), les scrupules de la Con1•ention avaient disparu, parce que le modérantisme triomphait; en même temps qu'elle réintégra les 63, la Convention rapporta les décrets rendus à tort, dit-on, qui avaient mis Devérité hors la loi et déclaré Couppé démissionnaire. En lui-même un lei vole n'avait rien de blâmable; 1 ur, sans re.;hercher s'ils n'avaient tardivement recouru aux principes que parce quïl s'agissait de leurs ami~, les représentants réintégrés s'étaient, en somme, bornés à défendre la liberté <lepenser des minorités. Mais leur retour s'effectuait dans des conditions qui en faisaient un danger. Ils revenaient dans une assemblée non plus consciente de sa force, reconnaissant et réparant une erreur,sans aller au delà d'un acte de justice par elle volontairement accompli, mais s'inclinant par faiblesse, prêle à se mettre à leur service, dom1>Lée.Le lendemain (9 décembre), Dusaulx, au nom des réintégrés, remerciait la Convention, affirmait leur reconnaissance el leur oubli de leurs ressentiments particuliers. L'intention était bonne et correspondait à ce qui aurait dtl être; la réalité fut tout autre. Les Girondins rentraient en vainqueurs rancuniers; ils n'avaient eu depuis leur mésaventure, ils n'allaient avoir souci que de leurs griefs. JI y avait, en outre, chez eux comme chez la plupart des modérés,- le mot. modéré• allait devenir synonyme de the1midorien (Id., p. 444) - tendance à chercher appui, pour la réussite de leurs vues particulières, en dehors même de leur parti, contre la fraclion avancée de celui-ci, dans le parti adverse. Ces modérés se jugent toujours de force à se servir de celui-ci, sans le servir; ils ne font que le fortifier et finissent par être eux-mêmes à sa discrélion. Cajolés par les soi-disant conslilulionnels, ralliés en apparence à la République tant qu'ils ne l'ont pas tuée el pour lirer plus facilement sur ellP, par ces perfides recrues qui, d'une main, mendient, en récompense de leur adhésion, les faveurs de la République, et, de l'autre, sous l'impulsion des regrets ou des espérances simplement remisés, a,oue•L•on, au fond du cœur, s'ef· forcent sournoisement de la faire trébucher, dupes de leurs avances, de leur; flatteries el de leurs conseils, ne voyant de péril qu'à gauche, ne comprenant pas qu'en frappant les militants les plus énergiques, ils brisent leurs meilleurs éléments de résistance à la réaction, contents seulement lorsqu'ils ont annihilé et parfois anéanti la fraction avancée de leur I arti, ils sont alors à Ja

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