Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

36 llISTOlllE SOCIALISTE rcnlion allait suivre le senlim ent public leur devenant de plus en plus h ostile cl agir à leur égard comme ils l'avaient poussée à agir contre le club dit ' électoral. Par décret du 11 vendémiaire (2 octobre), les trois comités de salut public, de sùreté générale el de lég i~lation avaient été chargés èc prése nter un projet d'adresse au, Français indiquant les principes autour desqu els la Convention les conviait à se grouper. Le 18 (9 octobre), Cambacérès lut un projet qui, après avoir été très applaudi, ru l adopté à l'unanimité. Cette adresse était dirigée à la fois contre les Jacobins partisans du gouvernement révolutionnaire dans toute sa rigueur cl contre leurs adversa ires du club dil électoral, opposés au maintien de ce gouvernement : elle promeltail de conscr1•er « le gouvernement qui a sauvé la République, dégagé des vexations, des mesures cruelles, des iniquités dont il a été le prétexte, el a vec lesquelles nos ennemis affectent de le confondre •· Si elle déclarait la Convention résolue à prendre • contre ceux qui peuvent encore regreller la royauté, l'attitude la plus vigoureuse • , elle ajoutait : « Fuyez ceux qui parlent sans cesse de sang el d'échafauds, ces patrioles exclusif•, ces hommes outrés, ces hommes enrichis par la Révolution•, et ceci, avec son insinuat ion perfide, esl pour les Jacobins. Le gouvernement ré1olutionnaire, disait-e lle, doil Nre maintenu « 111algrél'hypocrite patriotisme de ceux qui demandent le gouvernement constitutionnel •, qui « proclament des principes •, • se disent les amis du peuple », « parlent des droits du peuple », et ceci est pour le club dit électoral el I our Babeuf; mais, contrairement à l'opinion de la plupart des historiens, ne pouvait viser le socialisme, - qui, s'il élail près d'éclore, n'était pas encore réellemen I éclos, - ce passage : • Les proprié tés doivent être sacrées. Loin de nous ces systèmes dictés par l'immoralité e l la paresse, qui allénuenl l'horreur du larcin el l'érigent en doctrine •. Cela ne pou vail alors calomnier ni Babeuf, ni ses amis, en tant que socialistes, simplement parce que, à celle époque, ils n'avaient pas encore exposé de véritables idées socialistes qui ne devaient apparaitre qu·en 1795. Ce qui, en ce moment, élail visé au profil de la bande avide de spéculateurs qu e le 9 thermidor avait réjoui~, c'étaient les réclamations, - donl Babeuf de vait encore se faire l'écho dans son n• 2!1, - au sujet de la non application de décrets tels que ceux du 27 juin i793, du 13 ventôse an Il (3mars 1794) semblant promellreau, plus pauvres l'accession à la propriété, et allribuer- ,·a• guemenl d'ailleurs - des terres, le preniier aux défenseurs de la patrie ( voir cbap. x11el xvru), le second aux indigents. Le grand argument des agioteurs contre les citoyens qui, sans la moindre apparence de théorie plus ou mo ins socialiste, dénonçaient leurs scandaleu;es opérations el l'inexécution des loi~ votées, consislail à qualifier de • loi agraire " le partage légalement promis et réclamé de terres devenues propriété nationale, partage qui, loin d'ê tre, ainsi qu'on l'a prétendu, une alleinle à la propriété individuelle telle qu'elle le. constituait, en était, au contraire, la plu; comp'.èlc consécraliou sou s la

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