i78 lllSTO!l\E SOCIÀLISTE d'une influence sérieuse. Celle division, loin de s'atténuer, devait aller èn s·acce11tuant; les insoumissionnaires en arrivèrent à lraitor les soumi,sionnaires aussi mal que les anciens constituLionnels el, seules, les rigueurs du Directoire purent les amener parfois /J. meure urre sourdine à leurs violentes attaque,. « )lanifestemenl, a écrit l'ablié Sicard (L'ancien clerqé de Fra11ce, l. !If, les Evêques pendant la 1/l!volution), la majorité des évêques émigrés se refuse à Loule concession polilique. Dans les loisirs el les méditations de l'exil. ils se demandent comment l'Eglise el l'Etat en France peul'ent· reprendre leur, destinées, el ils concluent invariablement qu'il faut les replacer l'un el l'autre sous l'égide de la monarchie '(p. 326) ... Ces théologiens de l'exil 11emanquent pas ùe r.aisons pour établir qu'il faut rester en état de guerre .. que prêl<i' les serments de liberté et d'égalité, de soumission au, lois de la Répub,iffue el à la souveraineté du peuple, c'est trahir à la l'ois Dil'l1 el le roi. U11 mol nouveau, celui de soumissionnaire, désigne les partisans de la condlialion. Les irréconciliables ne le pfononcent pas sans quelque mépris. A letirs reux, les ·soun,issionnalres on! un faux air de cohslitutionnels • {p. 327). A la lêlc des soumissionnaires èlaienl Emery, supérieur général de Saint-Sulpice, el de Baussel, év~que d'Alrris. Il nr l'aut pas oublier quP, tandis que les anciens conslilulionnels étaient républici!in;, so11missionnaires et insoumissionnaires étaient tou, royalistes; les deux groupes des anciens rélraclaires dffférèren~. entre eux non par les principrs (on en trouve la preuve notamment dans l'oTgane des soumissionnaires, le, A ~na les catholiques, L. Ill, p. 572 et 573), mais simplement par la tactique : con me on l'observe souvent en politique, les haines sont d'autant plus vires que les divergences théoriques sont moins profondes. Le pape el les jésuites semhlèrenl donner raison àux soumissionnaires (lbidem, t. IV, p. Si). En tout cas, ceux-ci, selon la règle du parti prêtre, s'étaient empressés et del'aicnl continuer de faire de la politique sous le couvert de la relig;on; j'ai eu l'occasion (chap. v111) de mentionner ce que di-ail l'agent angl,li, et royaliste Wickham à_ leur sujet; voici ce !JU'écrivail, le 16 pluviô;e an Vil (4 février i7W), le commissaire du Directoire près de l'adni;,1islralion municipale d'A.ix (Bouches-du-Rhône) : « Des cinq temples consacrés en celle commune au culte catholique, un seul, celai <lit Saint-Sauveur, est rle;,ervi par des ministres attachés à la République et, malbeoreusemeul, c'est le moins fréquenté; encore ne l'est•il que par une pelite portion de la classe des citoyens les moin8 influents. Tout ce qui afftue dans les antres parait bien opposé à la République. Je pourrais méme dire qu'elle la déleste eordialewenl • (revue L'I Révolttlion française, t. XLI, p. 2B). En présence des excitations cléricales et des manœuvres royalistes, la majorité thermidorienne elle-mOme, pourtant si modém, a.ait aSllez vite dl'I intervenir. La loi du 20 fructidor art Ill (6 eeptembre 17115), toat en posant le principe - dont la loi du 22 (8 ,eptembre) fut la ml1e
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