Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

102 HISTOIRE SOCIALISTE échafauds se dressent ; on tranche le; jours ct·uu grand nombr~ de ces m1lheure11,. Une soiiantaine de pauvres marins trouvés sur le chemin du Beausset, sans armes, sans méme avoir de bllloo à la mai11,sonl envoyés à la mort. L'épouvante glace Lous les cœurs; la marine se désorganise; l'arsenal se dépeuple; les équipages déserl~nl; 4 500 matelots abandonoe11LToulon •· A Marseille, les préparalifs é!aienl achevés. Le forl Sainl-Jean avait été mis sous les ordres d'un coutre- révolutionnaire forcené, Pagès; depuis le 1" prairial (20mai), les détenus étaienl au régime alîaiblissnnl du pain et de l'Mu (Idem, p. 47 et pièces jusliOcalives, p. 140 et suiv.); on leur avail enle,•é couleaux, ciseaux, bouteilles, chaises, etc., sous le préte,Le de • les empêcher d'allenter à leurs jours » (Id., p. 130). en réalité pour les mellre dans l'impossibililé de se défendre; au laZlret avaient été disposées des rosses avec de la chaux vive (Jd., p. 145) où, en elîet, lurenl jelées les viclimes; enfin la garde du fort avail été confiée aux cléricaux très zélés de la compagnie du Soleil (1d. p. 140 el 143). Le 17 prairial (5 Juin), les bandes calholiques el royalistes pénétrèrent dans le fort. On alla d'abord rassurer le duc de Montpensier et le corole de Beaujolais, frères du CulurLouis-Philippe, qui étaient au nombre des détenus, mais occupaient un ar parlement particulier; puis, a raconlé le duc de Montpensier dans la Relation ùe rn c.iptivité, • nous enlendlroes enfoncer à grands coups la porte d'un des cachols de la seconde cour, et, bientôt après, des cris affreux, des gémissemenls déchirants el des hurlements de joie• (p. 108). N'allant pas assez vile avec le poignard, le sabre, le pi,tolet et la massue, ils se servirenl du canon tiré à mitraille, lancèrent dans des cachols des paquels de Soufre enOammés el allumèrent de la paille à l'entrée (Fréron, ibid., p. ~8); après avoir Lué, ils volèrent, ils dépouillèrent les cadavres (Id., pièces juslillcatives, p. 136). Que faisait donc pendaul ce temps le représentant modéré? C'est• malgré Cadroy • (Mtimoire de Fréron, pièces jusliflcatives, p. 133) que le commandant de la place fil ballre la générale el réunit des grenadier, pour se porter au fort. Cadroy les y sui vil el, d'après le capitaine,• arracha des mains des grenadiers les assassins qu'ils avaient pris en Oagrant délit • (Idem); quatorze néanmoins avaienl pu être gardés, deux Jours après ils étalenl élargi, el, comble de l'ironie cynique, les grenadiers étaient dénoncé1 comme « terroristes el buveurs de sang " (Id., p. 134) au club royaliste qui décerna une couronne à leurs quatorze martyrs. Cadroy, lui, ne lrouva à reproch~r au, as,assins que de n'avoir pas encore fini, ayanl • cependanl eu loul le Lemps qu'il fallail pour cela• (Id.), el d'avoir employé le canon, ce qui avait faiL du bruit cl pouvait inquiéter la ville (ld., p. 135). Deux cents prisonniers au moins périrent, quelques-uns seulement échappèrent qui Orenl les morts, pas uu as,assin ne ful puni. t.:ne douzaine de déparwmeot, furent Je lhéàtre de scènes encoreparfois

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