Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

llIS'rOII\E SOCIALISTE i43 cilité ( Précis historique de la Révolution française; la CfJ11vc11tion, l. 11, µ. 480). Aussi, ne jugea-t-on guère que descontumaccsque, toujours d'aprèsLacretl•lle (Dix années d'épreuves, p. 271), • on ne recherchait nullement»; il n'y eut que deux exécutions, celle de Lafond de Soulé, un des cher; du mouvement, le 21 vendémiaire (13 octobre), et celle de Leùois, président de la section du 'l'héàtre-~'rançais (quartier de l'Odéon), le 23 (15 octobre). ~lenou rut acquitté. Après Prairial, les troupes régulières auxquelle~ on avait eu recours, avaient été renvoyées hors de Paris; après Vendémiaire, elle~ rurcnt installées dans la ville : le militari~me entrait en pleine croi~sance. Bonaparte fut, le 16 vendémiaire (8 octobre), rétabli dans l'arme de l'artillerie et nommé commandant en second de l'armée de l'intérieur; le 24 (16 octobre). il élait promu géuéral de division, el, le 4 brumaire (26 octobre), lors de la démission de Barras, gén°éral en cher de l'armée de l"intérieur. Quant aux patriotes, dès qu·on n·cut plus besoin d'eux. on chercha par un moy ln détourné à s'en débarra,ser. Le 15 vendémiaire (7 octobre), on supprima la distribution de vivres qui leur était raite depuis le 12 (4 octobre); on la rétablit pour une journée le lende1nain, sans doute à la suite de réclamations, mais on invita ces citoyens « à rentrer dans'leurs royer~, en se tenant prêts à marcher au premier signal• (Zivy, Le 13 vendémiaire an IV, p. 103). Un décret du 27 vendémiaire (Hl octobre) accorda, il est vrai, des pensions et des indemnités au, ramilles des morts el aux blessés. J est certain que la bourgeoisie parisienne, en vendémiaire, se laissa duper par les royalistes. Si ceux-ci la poussèrent avec tant d'insistance à se soulever, c'est qu'ils voulaient à tout prix s'emparer du pouvoir que les décrets de fructidor leur avaient rendu dilficile de prendre à peu près légalement lorsqu'ils croyaient le tenir. lis y avaie11t d"autant plus d'intérêt qu·au môme moment la troisième armée équipée par l'Angleterre était transportée sur les côtes de France. Aprè~ l'attaque du poste des Essarts (7 messidor-25 juin) et son mani• teste (chap. vm), Charette était resté tranquille, atkndant, avant de bouger, une victoire des Anglo-Emlgrés débarqués le 9 (27 juin) el les moyens d'action dont il avait besoin. Au lieu de la victoire, ce rut la délai le; mais il put se consoler, le 23 Juillet, par la visite d'un envoyé du ministère anglais à qui il demanda des munitions (Chassin, Les Pacificalions de fOuest, t. I", p. 513545); avant celle demande, il en avaiL été expédié qui rurent effectivement Jébarquées et livrées, avec armes et vêtem~nls (Idem, t. II, p. 7), le 10 aoOt, près de Saint-Gilles-sur-Vie (Vendée). Quelques jours après, il recevait une lettre de Louis XVIII, datée du 8 juillet 1795, lui disant : • Je vous nomme général de mon armée catholique el royale• (Savary, Guerre des Vendéens et des Chouans, t. V, p. 191). Un peu avant le 10 juillet, on lui avait remis • deux dépêches du premier ministro Pitt, datées du mois d'avril,• qui l'assurait de sa sympathie (Billard des Portes, Charette et ta guerre de Vendée,

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