Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

IIISTOII\E SOClALISTI, 183 On sait que le calendrier républioaiu a,ail divisé le mois de lrenlc jours en trois période, de dix jours dont le dernier, nomm6 décadi, remplaçait le dimanche, comme la décade remplaçait la ~cmaine. La loi du 7 vend~miaire au !Y (29 septembre 179;;) interdi;ait sJgemcnt de contraindre à observer ou à ne pas observer « tel ou tel jour de repos •. Le Directoire. p~r une circulaire du ministre de l'lnterjeur, commença, le 2() lirumnir,• an VI (19 noveulbre 1797), ;\ engager les fonctionnaires à observrr le <lèra,li, et le, roini~tres du culte à fixer au décadi It-s offices du dimanche. Ce;;e,h,H'lalion, naïves furent ,uivies d'injonctions ridicules : l'arrêté du 1't ,rcrminal an VI (3 avril 1708) prohiba le dimanche el imposa d·unc façon générale la célébralion du décad,; la loi du J7 thermidor an \l (4 aotHi798) ordonna la lern,eture des magasins el boutiques, le déca li, sauf pour les " ventes ordinairPS de come,tibles et objets de pharmacie•; celle du 13fructidor an\'!( 30 août tîO!!) prescrivit une fète pour chaque d6cadi, el décida que le d.:cu ,i serait le se,d Jour où les mariages pu,senl être célébr~s. celle du 23 de ce mème mob (9 st'P· tembre 1798), confirmanL les décbi0ns de l'arrêté du 14 germiual précédent, délcndiL d'employer ou de rappeler l'ancien calendrier • dans Lous les acLes ou conventions, soit puùlics, soil privés, ... ouvrages périodiques, arilches ou écriteaux ». Ce furcm des vexations sans llu allanL jusqu'aut ,isile, do11ii. ciliaitè:iOn aurait voulu pousser au renversemenL du régime établi, qu'on ne s'y serait pas pris dilrèremmcnl. Sur la ,aleur des prélrcs doul ce, per,éculion, imbecilessenaienl 1, cause, nous avons, pour ledop,rlemcnl du Nord qui n'ctaiL nullemeoL l>igoalécomme une e,ce;,Lion, le témoignage de Fourcroy écrivaul daus son rapporL (llocqu,iu, Etal de la Fra11cear, 18 bruma re, p. 225) : «lien est parmi eu, d'ignorauls cl de crapuleux; IJcaucoup rel'uscnL de se rnumetlre au, lob •; or, le clérical M. Scioul déclare Iu,-m~rne ( le /Jiretloirc, L IV, p. 580) que les rapports publiés par ~- llocquain « môriLcnl toute confiance >. Quant à la situation que leur avaient faite les lois sur la liberté des cultes et sur la sé1>aratio11des Eglise, et de l'État, voici ce qu·on lit dan, l'organe des anciens constitutionnels, les An11ales de la religion du 6 me,sidor an Y-24 Juin iï97 (t. V, p. 192), résumant un étai, fail au début du mois de vend6miah e précédent (On septembre 1796), dans les bureaux du ministère des floaoce~, • de loules les communes qui a,·aient repris l'exercice public de leur culte•: « On en comptait déjà, il y a neuf mois, 31 ·!14; de plua, 4511 étaient en réclamation pour l'oblcoir; enfin, dans cet état, il n'élail point question de Paris; les grandes communes n'étaient compt~cs que pour une église. Voilà bien à peu près nos 40 000 anciennes paroisses •· En l'an IV li700), nous savons pour la Haule-Garonne que, • dans presque loutes les communes, on sonnaiL la me,,e, l'an(Jelus, etc. •• coolralremenl à la loi ( La Rét,olution française, revue, l. XLI, p. 224). De même les prêtres avaient repris leur costume; dès leur rentrée,

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