Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

l2 HISTOIRE SOCIALISTE payée par chaque propriétaire • en proportion de cc qu'il a », de se, po,sc;- sions lrrril•lrialcs. A 1, nourclle de la prise de la Daslille, d'après des notes biographiques de sa main contenues dans le dossier du procès de faux que j'ai retrouvé, il parl pour P,t1·isoù il arri\'e le iï j ui llel. Son hnmanilé éclate dans cell~ helle lettre à sa femme, dé it reproduite par Jaurès (lli.itoire socialiste, l. l", p. 2t7), où il raconte, le 23 juillet, la morl de Foulon el de Berlier. Pendant quelque temps dans une situation misérable, à la recherche des moyens de vivre, il lcnlail, avec un nommé Audilfred, rexploilalion d'un « nouvel instrument trigonométrique •; il a\'ait écril, pour essayer de !(agner quelque argent, une brochure ironiquement allribuée à illirabeau dont il se méfiait, el finalement il quittait Paris, après h journée du 5 octobre, et revenait dans la Somme. Le 28 février ii90. on voulut rétablir à Roye, où il n'était plus acquitté depuis le 19 juillet 17811,le droit d'aides sur les boissons. Les débitants refusèrent de se soumellre et Dabeur les soutint en attaquant violemment les aides et les gabelles dans une brochure • qui électrisa, a•l-il dil, toul le peuple de la SommJ el anticipa la suppression de ces impôts». L1 municipalité de Roye la dénonça à la Cour des aides et le « Comité des recherches de l'Assemblée nationale» ordonna de veiller à ce qu'elle ne fùl plus réimprimée. Babeuf protesta vivement, le i0 mai, dans une lettre à ce. Comité; arrêté et conduit à Paris, il était depuis cinq semaines incarcéré à la Conciergerie, lorsque Marat protegta en sa faveur dans l'Ami d" Peuple du 4 juillet 1700. Babeuf ful mis en liherlé provisoire assel tôt, parait-il, pour pouvoir assister à la première fête de la Fédération. De retour dans la Somme, il revenait à la charge et, au nom d'un grand nombre d'intéressés, présentait à la municipalité de Hoye, le 17 octobre 1790, une motion relative à l'impôl en général et, en particulier, aux impôts indirects; il réclamait la suppression de l'exercice à domicile el l'égalité de lous, bourgeois comme débitants, devant lïmpôl. Dénoncé à ce sujcl par le maire Longuecamp, vers la fin du niois, au tribunal de llontdidier, • il ne parait pas, devail dire Je directoire du département le 14 avril 1791, dans une nouvelle dénonciation, que ce tribunal ail fait aucune poursuite » (Archi,.es nationales. D. :u1x 116-122 14, liasse de la Somme). Vers la même époque (octobre 1790), il fonda à Noyon un journal, le Correspo11dan1 picard qui, à la fin de 17!JOet en 1701, eul quarante numéros. Il entreprit une campagne contre tous les droits féodaux et toutes les redev.mces seigneuriales el poussa le$ campagnards à ne plus se soumettre à ces tributs; à ce propos, de nouvelles poursuites furent encore dirigées contre lui à l'instigation de Longuecarop, et avortèrent. Elu, le 14 novembre 1790, membre du conseil général de la commune de Roye, il ne siégea CJl\ll jusqu'à la lin de décembre, ses ennemis, Longuecamp toujours en tèle, ayant, de parti pris, cherché et réussi à faire annuler son élection par l'administration départementale, en prétendantque le déc~et de

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