182 HIS'l'OIRE SOCIALISTE haleur ... S., punition ne Oxe.pas plus l'attention publique que le châtiment ioOil\'é à un inoividu quelconque. Pourquoi ? Parce que votre législation ne l'a pas distinl\'ué ... • c·e,l la théorie du rtroil commun. Comme elle a gardé des partisans· aus•i bien inspirés qu·Aurlouin, et sans examiner l'effiracité intrinsèque de la déclaration il propos de laquelle elle fut e-xposée par celui-ci, il ne sera peutêtre pas inutile ne montrer ce qu'il y a de factice dans celte théorie. Le droit commun, en effet., sou< peine dïllogisme, ne peut être invoqué que lorsqu;il y a à régler des situations communes: à des situationi s~é~iales, il faut tout natnrrllement rtes solutions spécia'es. Peut-on soutenir qu'il y a communant6 de situation entre l'Eglise catholique <Jui a dominé l'Etat, qui n'agit qu',·n vue de cette domination, qui, matériellement et moralement, possède le; plus puissants moyens d'agir, el une autre collectivité quelconque, une autre association quelconque? Peut-on soutenir que celte Eglise et ses anne,es régulières ou séculières ne se trouvent pas chez nous dans une silua• lion spéciale, dans une siluation telle qu'elle n'a pa, d'éqniva_lent? o,· tout le problème est lil. Si on n'ose pas répondre arormalivemenl à ce3 questions, le plus sévère appel au droit commun et le 1,lus flamboyant étalage de principes ne constituent que des duperies. Le Conseil des Cinq-Cents ayant, le jour m.)me, voté par assis el levé sur la suppression de la d~claration, le président, le réacteur Henry Larivière, prononça qu'elle était adoptée. Sur de vives et nombreuses réclamations, nouvelle épreuve, même résultat d'après le prcsident, et nouvelles protestations. Le président ne tint pas compte d'nne demande de vote par appel nominal el lel'a la séance. Le lendemain (16 juillet), Lamarque réclama énergiquement l'appel nominal et, à une très forte majorité, le Conseil décida d'y procéder : sur 414 votânt~, 210 se prononcèrent pour le n,aiotien de la déclaration el 20'1 contre; c'ét-til un petit échec pour les modér~s el leurs amis plus ou moins avoués, les cléricaux. Après le coup d'État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797) accom~li, contre ralliés el royalistes coalisés, par la majorité du Directoire, celui-ci dont les fonctionnaires avaient jusque-là mal secondé la rigueur en revint, el moins platoni 1uemenl, à la politique d! répre,sion, de persécution. En vertu de la loi du 19 fructidor an V (5 septembre 1797), tous les prêtres durent « prêter le serment de haine à la royauté et à l'anarchie, d'altachement el de fidélité à la République el à la Constitution de l'an III• (chap. xvn); cette déclaration était plus catégorique que la précédente, et le Directoire acquérait, en outre, la faculté de déporter • les prêtres qui trouhleraient dans l'intérieur la Lranquilli!é publique • (art. 2\), sous la seule réserve d'opérer par • arrêtés individuels •· Le nombre dt!S goumissionnaires ful, cette fois, beaucoup moins grand que sous le régime précédent el la résistance du clergé aux lois fut plus ouverte.
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