Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

Il ISTOIR E SOCIALISTE 161 En matière d'assistance, au provisoire du décret de la Convention du 28 mars 1703 établissant à Paris une • commission centrale de bienfaisance• élue à raison d'un membre par section et chargée de répartir les secours entre les 48 sections en proportion des infirmes et des néce,sileux de chacune, avait succédé le provisoire de l'arrêté du Directoire du Hi floréal an IV (5 mai 1700) établissant dans le canton de Paris un bureau général de bienfaisance au-dessous duquel, pour la répartition des secours à domicile, fonctionnait dans chacun des 48 quartiers un comité particulier de bienfaisance dont les membres étaient nommés par le min islre de l'Intérieur. Enfin la loi du 7 frimaire an V (27 novembre 1700) institua les « bureaux de bienfaisance " composés chacun de cinq membres élus, dans les communes où il y avait plusieurs municipalités, par le bureau central, dans les autres par l'administration municipale, qui pouvaient, à leur gré, en former un ou plusieurs dans l, même commune. La même loi allrib ua à ce, bureaux le monlant du droit des pauvres - « un décime par franc e,: sus du prix de chaque hillet d'enlrée • -dont la perception était par elle rétablie pour tous les spectacles. Celle taxe produisit dans le département de la Seine, pendant l'an VI (1797- :1798): 367 345 fr. 26 (recueil d'Aulard, L. V, p. 112). Il y eut, de la part de certains de ce; comités de bienfai;ance, création de « soupes populaires» comme on dirait a11jourd'hui. On lit, en effet, dans le tableau de la situation du déparlemenl de la Seine pendant vendémiaire an Vll (septembre-octobre iî98): • Quelques comités ont établi des marmites, mais l'utilité de ces établissements n'est pas généralement reconnue. Ils passent mème pour abusifs dans l'esprit d'un grand nombre de comités de bienfaisance. En effet, leur direction est don nêe à des sœurs d11 pot qui commencent par prélever leur portion sur la por lion des pauvres, el qui, étrangères à toute idée libérale, font de la dislrib ulion des secours une affaire de parti el favor·iseot la protégée de M. l'abbé un tel aux dépens de lïnforlunée qui refuse de couber sa tôle sous le joug sacerdotal » (Idem, t. V, p. 173). Les mœurs religieuses n'ont pas changé: aujourd'hui comme alors la cbarilé est surtout un moyen de domination cléricale. Dans le même recueil (l. V, p. 162), el également au début de l'an VII, nous voyons incidemment mentionner une « société de secours mutuels ». D'après le premier rapport de la commission supérieure des sociétés de secours mutuels, qui constilue la première en quête à cet égard, ces sociétés étaient, en 1709, au nombre de 45, dont Hl à Paris, sur lesquelles 5 avaient été fondées depuis la 60 de 1794 (rapport de M. Ercerat, lu, le 11 juillet 1823, à l'assemblée de la • Société philanthropique • de Paris). Voici, enfin, un cas où, si nous ne trouvons pas le nom, nous a,ons la chose ou l'intention de la chose pour les veuves et les orphelins. Le rapport du 15 floréal an VII (4 mai 17911)dit (Idem, t. V, p. 500) : • Le Bureau central a été prévenu par l'adminlstralion municipale du 11• arrondissem~nt qu'elle avait donné acte à plu-

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