142 HISTOIRE SOCIA_LISTE Jitaire des jeunes nobles rnus forlnne, qu'il ne <p1illa que Je 30 octobre tî84. Pas,é de 1:, il l'Ecole rnililaire de Paris. il y élail depuis trois mois à peine lorsqu'il perdit son père: la mil ne année, il ful promu d'emblée lieulenanl d'artillerie en second (septembre 178:\) el envoyé au régi men l dil de La F~re alors à Yalencc. Après y aroir f,,il rapidement, suivant la coutume. le service de canonnier cl de lous les grarles subalternes, il élait, en janvier ii80, admis à exercer les fonctions de son grade. Pelil, actif, soLre, ,érieux, s'isolant volontiers, dissimulé, superslitieu,, \·indicatif. aulorit.aire, ct·un orgueil extrêm~, d'une imaginalion vive, mais très p1atique, ayanl la parole facile, la pensée rapide, la décision prompte, leguùl de Tadestruction, allaché à sa famille, pa»ionné pour son pays, la Corse, el ne se considérant pas comme r'rançais, doué 1l'une grande puissance de trarnil, lisant beaucoup, sïl sïnl~ressait particulièrement à l'histoire el à la g,101:rraphie, il élail surtout l'or! en mathématiques. Le so,n des délails quotidiens lui répugnait aulaut <1uelui plaisait la partie technique de son métier. Il '"' larda pas à montrer que les règles a1,plicables à tous ne lui parais,aienl pas faites pour lui et fut d,• bonne heure dénué de scrupules. Le t" seplemb,·c lîSü, un congé de six mois l:ii ayar.t été accordé, il parwnait à le faire durer vingt et un mois. En juin i788, il rejoignait son régiment à Au,onne. Là encore, il lra,ailla beauconp; il avait entamé une hisloirl' di! la Corse à pro pus de laquelle, le i2 juin Ji80, ôJ écrivil à Paoli, réfugi.-. à Londres, une lettre qui débutait ,rinsi: «.Je ,iaguis quand la patrie péris,ail, 'l'reute mille Frnnçais vomis sur nos côtes, noyant le trône de la liberlé dan;; <lesOols <leSllng, lei ful le spectacle odieux c1ui vint le premier frapper mes regards• 'lung, /Jonapa>'tret son temps, l. I", p. 1%). Tels étaient ses sentiments ü J'ég,ird de la France dont il se servait déjà plus qu'il ne la servait. li avait adopté les idées nouvelles et rêvait d'érnanciper la Corse où il s'e,sayait il faire ùe la politique lucrative chaque fois qu'il P,Ou1•ailoblenir un congé; •·e fut le ca, rie septembre iîSO à février iî\Jl, d'août lWl ü mai 1702 el de septembre li02 à juin 1703. En huit ans, il compla ainsi près de cinq années d'absence de son régiment. Il prolongeait ses congés de sou autorité privée, fut rnèmc destitué pour cela au commencement de iï\J~; mais, à l'aide de mensonges cl de certificats de coo1plaisance, il réussit ch[\que l'ois à reprendre sa pLrce el, ce qui l'intéressait tout spécialement, à toucher les appointements qui ne lui étaienl pas dus. Capi laine <l'artillerie à l'armée d'Italie, il fréquenta le plus possible son compatriote Saliccli, représentant en mission, et fut présenté par lui à ses collègues Ricor,J et llobcspierre jeune avec qui il se lia. Ces rel:1tions lui Yalurenl, en août 170<1d, e ,oir imprimer aux frais de l'Etat, le Souper de Beaucaire, .opuscule jacobin. el, le mois suivant, de pouvoir pro6.lcr d'un heureux hasard, en l'emplaçauL au siège de Toulon un commandanLd'artillerieblessé, de !aire là la connaissance de Darras qui loi sera plu~ tard si utile, et d'être
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