118 HISTOIRE SOCIALISTE texte de sa11rc·~arclercelle-ci : • Pénétrons-nous ,urlouL de celle ,érilé. que la barrière la plu, forLe tst u~ caractère pacifique » (p. 20). Dans un second mémoire du l" frimaire vn Ill (21 novembre iiO,) qoi, dit M. Sorel (p. 20), « par"lt ,•Lredn même auteur que le précédent». csL soutenue la thèse que le, pals c, nquis deYienclront des foyers de mécontentement, que la mdlleure sol11tion serait de neutraliser ces pays el quïl fallait user de la ,ictoire a,ec mocléralion : « Si on veuLla fixer, il faut savoir finir le cornbal. Si on Yeut en profiler, il faut savoir propo~er à propos des con di lions justes de paix • (p. 2!)_. Dans le cas où on agirait contrairement à ces vues, l'auteur du mémoire prl'rnil pour ce moLif des guerres nouvelle,. « Quel qu'il soil, ajoute ~I. Albcr·t Sorel, l'auteur voit ju,Le el voit de loin, ... parle en bon Français el en bon Européen » (p. 30). ~lalheureusemenl, ces idées ne triomphèrent pas. A la Convention, le 11 plu,iôse an Ill (30 janvier no;;), Boissy d'Anglas, membre du comité de salut public, prononçait un grand discours • sur la situation extérieure •· .~près avoir, dans des considéraLions générales que devait démenlir la conclusion, déclaré: • :-ïous respecterons toujours l'opinion de;; veuples, quels que soient leurs gouvernements, leur force, leur faiblesse, leur bonheur ou leur infortune•• el protesté contre l'accusation de vouloir • attaquer l'indépendance des autres peu pl es ,,, il indiquait comment serait obsernle en certain cas celle • indépendance • si solennellement proclamée : " i'ios dangers passés, la nécessité d'en rendre le retour impossible, 'l'exemple de la ligue menaçante qui voulut nous envahir et qui a porté un moment la désolation dans le cœur de la France, le désir dïndemniser nos concitoyens de leurs sacrifices, le dlsir sincère de rendre la paix solide et durable, nous obligent ù étendre nos frontières, à nous donner de grands fleuves, des montagnes el !'Océan pour limites, et à nous garantir ainsi d'avance, el pour une longue suite de siècles, de tout envabissemenl el de toute attaque. A ce prix, les puissances de l'Europe peuvent compter sur nne paix inviolable el sur des alliés courageux ». Cette théorie des frontières naturelles n'est pas plus légitime que ne le sont les théories prétendues scientifiques mises au jour par des savant,domc;;- tiqués pour ju,liller les infamies de la force brutale. Il ne saurait y avoir en politique d'autres frontières naturelles que celles qui résullent de l'assentiment des populations. Hors de là, il n'y a - la France n'allait pas larder à en faire la dure c,périence - que guerres périodiques ou menaces perpétuelles de guerre, avec l'absorption par rar mée des forces ,·ives de la nation, la suborl!inalion de toutes les institutions à l'action militaire, la prise du pouvoir par le chef victorieux, les hostilités permanentes, finalement la défaite eL l'invasion. Par une aberration extraordinaire, Boissy d'Anglas indi- •quail comme de nature à nous sauver et à a;surer la paix ce qui devait précisément nous perdre en su,citant la gue, re. C'est celle rage d'agraudi~se-
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