58 lllS'l'OlfiE SOCIALISTE en France et enrayer aimi le mouvemenl rèvolutionnairn dans loulo l'Europe» Le Directoire, l. I", p. 103). 'l'rès raisonnablement, oo pou l'ait songer à rendre définilive celle suspension désirée par les vaincus. Mais, s'il ne fallait pas désespérer ceux-ci, il ne fallait pas non plus humilier les vainqueu,·;:. ~lodéralion ét généro',ilé, s,it; mais aussi, à côté de sai~slaclions matérielle; pour la masse, équitables et apaisantes, fermeté, prévora.nce el souci de la dignité républicaine, telle de\'ait Nre la règle de conduite. Il est probable qu'il y a eu, à la base de l'insurrection vendéenue, un mou,..ement de révolte, des plus pauvces paysans en particulier, contre le boulever,ement de leur; anciennes coutumes de vie. li est probable que les inconninients tout nouveaux de l'évolution économique bourgeoise. ont paru il beaucoup d'entre eux plus intolérables que ceux de l'ancien ordre de., choses auquel ils étaient accoutumés. li est probable que des nobles, que les prêlres surtout, don( on ne saurait nier la puissante influence sur celle 1>opulation ignorante. onl suivi la tactique indiquée par Jaurès (à la fin de la page 100 du tome l") et exploité sa haine des bourgeois des villes, prêteurs d'argent ou acheteurs de propriétés rurales, revendiquant, aussi bien contre les misérables familles paysannes que contre la r.oblesse, la faculté d'ex.crcer leur droit propriétaire dans toute sa plénitude, dans toute ,a rigueur, rnns compenser par des avantages matériels immédialemenl app1·éciablcs les maigres mais traditionnelles ressources de glanage, de vaine pâture, etc., <lont les plus malheureux se trouvaient expropriés par des partisans de la République. Quoi qu'il en soil, une fois leur clientèle constituée par celte exploitation des ressentiments économiques des·paysans pauvres, la nobles~e el le clergé factieux n'avaient pu la transformer en instrument aveugle de leurs inlérNs pour l'avenir qu'en subissant d'être frustrés par elle de leurs revenus présents. A leur grand déplaisir, ils virent se salislaire à leur détriment celle cupidité paysanne qu'ils avaient déchaînée contre les bénéllciaires du nouveau régime et, par suite, contre ce régime lui-même, contre la Rél'olulion et la République. Les nobles, les anciens maitres, ne luttaient réellement poar aucune revendication populaire, mais pour la dé:~nse de leurs privilèges. La masse insurgée, elle, était dans son ensemble avant loul poussée par l'app/U de profits matériels; elle s'inquiéla peu de savoir à qui elle nuisait, pourl'u que son appétit de jouissances nouvelles pour elle lût apaisé. En admellanl qu·au di·but elle n'ait songé qu'à reprendre les petits avantages économiques dont la propriété bourgeoist• la privait, mise en goût par quelques pillages au s,i pieux que fructueux - «inévitables» (Billard de,; Portes, Cluuette et la guerre de Vendte, p. sG;;) - de républicaios, elle élail vite devenue plus exigeante et avait fini ~ar accaparer tous les reveuus du pays, y compri& ceux qui appartenaient à la noblesse et au clergé; à la fiu, elle ne se ballait plus, peul-on dire, que par amour du brigaodage et de ce qu'il rapportait. Comme nos bandes cléricales, antisémites et nationalistes
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