HISTOIRE SOCIALISTE 185 s'accommodèrent du régime d'égale liberté. A côté d'eux, il me faut mention• ner ceux qui s'évertuèrent une fois de plus à unir la carpe et le lapin, je l'eux dire à fonder une religion raisonnable. L'initiateur direct en la circonstance fut un nommé Chemin-Oupontès, écrivain et libraire, et la première sé rnce eut lieu, au coin <!ela rue des Lombards et de la rue Saint-Denis, le 26 nivôse an V-15 janvier iï07 (Él!tdes et leçons sur la Révolution d'Aulard, 2' série, p. 149). Le 12 floréal de cette même année {i" mai), La Revellière-Lépcaux lisait à l'Institut se; Réflexions sur le culte, sur les cért'moni,s civiles et wr les fêtes nationales qui étaient inspirées par la mème idoe de substituer aux di[érent~s pratiques cultuelles la simpl~ apologie des idées générales communes aux diverses religion;. c·est là ce qui, aver, l'appui d'hommes let; que Yalentin Haüy, l'admirable éducateur des jeunes aveugles, un des promoteur;, Dupont {de Nemours). Le Coulteux {de Canteleu), Got1pil de Prefelne, llernardin de Saint-Pierre, etc., constitua la « théophilanthropie» ou le culte dit naturel. La Revellière ,e,ta étranger à celle agitation, mais se servit de sa situation de membre du Directoire pour plaider la cause des théophilanthropes qui eurent bientôt à leur disposition Saint-Sulpice, Sainl-Germai11• !'Auxerrois, etc., et, à la fin de l'an VI, toutes les églises de Paris, où leurs orateurs - ils n'avaient pas de prNres professionnels - discouraient revètus de v~te,uents de couleurs tendres. Leur vogue du début alla, d'ailleurs, en déclinant. Quant à la franc-maçonnerie, à la fin de 1i96. elle n·avail plus, parait-il, à Paris (La Révolution (rnnçaise, revue, l. XXXYII, p. 278) que deux loges e11activité. Le rapport de police du 2 germinal an V (22 111ars1i97) en signalait une troisième : • une loge de francs-maçons établie i, la place dite Royale el cornpo,ée d'ouvriers presque tous Allemands, laisse entr~voir plu• tôt une société rte gens de table qu·uu rassemblement nuisible à la chose publique »; par suite de sa composition, il m'a parn intéressant de la mentionner après c~ qu·a écril Jaurès (t. 1V, p. 1530) sur l'influence certainement res• treinte, mais vossible en quelques cas, de l'illuminisme allemar,d. S'il y a eu, à partir de cette épo 1ue, tendance à augmentation, on doit se souvenir que les loges constituère11l souvent alors, en ~'rance comme à l'étranger, des foyers d'opposilion royaliste. DJns Paris pendant la réaction thermidohenne et sous le Directoire, d'Aulard (t. lV,p. 218-219), on trouve un projel ironique sur le droit de réunion publié par r Ami des lois du 29 messidor an V (l7 juillet 1797) pour se moquer des intentions réactionnaires des élus de l'an V (voir chap. xvn). Ce projet exceptait de ses dispositions dérisoirement rigoureuses • les salons dorés, les boudoirs, les maisons où logent tous les membres du nouveau tiers, .. les loges de franc-maçonnerie ... attendu qu'elles oe sont point composées de gens du peuple et que, par l'inlromissloo de quelques nouveaux membres chargés de nos instructions, ces associa. lions doivent remplir toutes les intentions de Sa Majesté Louis XVIII»; et, à
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