Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

22 [MSTOIRE SOCIALTS'rE pour la biographie de llabeul, cl qui m'a fourni les citations précédentes dont la source n'esl pas indiquée, montre que le seul souci de celui-ci était d'être jugé • par tout autre tribunal » que celui de la Somme, et il demandait, en parliculier, de l'être par le tribunal révolu lionnaire. Sur le rapport de ~lerlin (de Douai), membre du comité de législation, la Convention, par un décret du 24 floréal an II (13 mai 1794), déféra le procès au lribunal de cassation qui, le mois suivant, 21 prairial (9 juin), -c·està-dire le lendemain de la fêle de l'Etre supr6me • au Champ-de-Mars,, où il est ·impossible que Babeuf, alors détenu, ait pu se trouver parmi ceux qui avaient menacé Robespierre, contrairement à ce qu'on lit, d'où que vienne l'erreur, dans l'ouvrage de M. Sléfane-Pol, At1lour de Robespierre, le Conventionnel Le Bas (p. 136) - annula procédure et condamnation « pour incompétence et excès de pouvoirs•; l'affaire était renvoyée devant le tribunal criminel de l'Aisne el Dabcuf transféré à La on. Le tribunal de cette ville qui, le 24 messidor (12 juillet), lui refusait sa mise en liberté, déclarait très judicieusement, le 28 (16 juillet), après examen de la cause, qu'il y avait lieu à acte d'accusation contre Babeuf, le fait ma· lériel étant reconnu par celui-ci, afin de rechercher s'il y avait eu intenlion coupable; il ajoutait que cette recherche devait viser tous ceux qui avaient participé au fail incriminé, et qu'il serait sursis «jusqu'à ce que la commission des administrations civiles, police et tribunaux, ait été consultée». Le 30 messidor (i8 juillet), Babeuf obtenait son éla~gissement sous caution; nous aurons à revenir sur cette afiaire au début du Directoire (chap. xn). Il itail à Laon le 9 thermidor (27 juillet), à cause d'une. maladie de son fils Robert qu'il avait depuis appelé Emile, par amour pour Rousseau : JeanJacques, en cfiel, Mably et Morelly - dont Babeuf, comme tout le monde alors, attribuait le Code de la Nature à Diderot - tels ont élé ses inspirateurs. CHAPITRE li JNDÉCISION DES TllEllMIDORlC:"i'S (Thermidor an 11 à vendémiaire an 111.-Juillet à octotre 1794,) Ce qui prépara le 9 thermidor, ai-je dit, ce fut l'i nslinct de la conservation; ce qui assura son succès, cc fui en grande parlie la haine que Robespierre avait soulevée contre lui en frappant la Commune de 93. li avait brisé la fraction avancée de la République, la plus apte à la défendre dans les moments de crise; aussi, au lieu de l'appui qu'il lui aurait fallu, ne trouva-l-il parmi les survivants restés libres de cette fraction, qui n'éta il pas seulement composée d'Hébertisles, que des ennemis. Paris, dans son·ensemble, n'avait pas bougé,

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