Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

IIIS'l'OlRE SOCIALISTE séante dans la salle du corps ,'iectoral » présentait sa pèlition à la Convention - celle-ci avait reçu une pétition de la" société po;,ulaire » de Dijon demandant la continuation de la Terreur el la limitation de la liberté de la presse. Celle pétition avait été renvoyée au comité <leléf:iSlalion, tandis que l'autre le fut - j'ai indiqué dans quelles conditions - au comité de sùrelé générale. La Convention que les derniers mois avaient accoutumée au silence du peuple, fut effarouchée par sa résurrection, par des revendiealions dont elle avait perdu l'habitude. 11y avait désaccord évident entre le sentiment qui J'a\'ail fait agir et le sentiment populaire né de son action. Là où elle n'avait cherché que son salut, que son affranchissement propre, on complait trouver le salut el J'alîranchissement de Lous. Son salut assuré, elle ful rnrprise qu'on lui demandilt des changements qui n'étaient dans sa pensée ni pour retourner en arrière, ni pour marcher de l'avant. Cc qui fut modiOé, ce ne fut pas le pouvoir excessif dont le Paris patriote se plaignait, ce fut la forme cr exercice de ce pouvoir conservé intact; • modifications presque nulles pour le peuple• devait écrire Babruf le 6 vendémiaire an Ill (27 septembre i795), dans le n° 18 de son Journal. Le décret du 7 fruclidor(2t,août) réglementa les atlribulions des comités ramenés de 21 à 16: au comité de salut public, la direction de la diplomatie et des opérations militaires et navales; au comité de sûreté générale, avec la haute main sur la police, le pouvoir de décerner les mandats d"arr~l et de traduire devant le tribunal révolutionnaire; au comité de légi,lalion, la surveillance des affaires administralives civiles el des tribunaux; aux autres comités, c0milé des finances, comité de l'instruction publique, etc., la surveillance immédiate de la partie que leur litre indiquait et, en cc qui touchait à celle partie, des diverses autorités, y compris les douze " commissions exécutives » par lesquelles le décret du 1Z germinal an Il (1" avril iî94) avait remplacé les ministères. L'unité ne devait être obtenue ni par la réunion des deux comités de salut public et de sûreté générale dits comités de gouvernement, ni par la prépondérance du comité de salut public seul, mais par l'action directe de la Convention qui entendait avoir désormais le pou voir nominal et le pouvoir effectif. Depuis le 9 thermidor, la Convention avait l'idée très nette d'échapper à la domination d'un homme ou d'un comité; en revanche, elle ne savait trop cc qu'elle devait faire de ce pouvoir qu'elle était si jalouse de garder, et elle montra la plus déconcertante indécision. Le 11 thermidor (29 juillet), sur la proposition de Barère, elle maintient Fouquier-'rinville comme accusateur public, le 14 (1" aoOt) elle vote son arrestation. Le 15 (2 aoùt}, elle décrète que les ministres de tout culte el les ci-devant nobles seraient exclus de toutes les fonctions publiques; le lendemain, elle rapporte ce décret. Après avoir toléré la sortie de prison de certains royalistes, elle s'émeut de leur sortie et décide, le 23 thermidor (10 aoùt), sur la proposition de Granet, qu'on

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==