Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

188 IIISTOtnE SOCIALIST" ment qu'il y en aurait une ou plusieurs par canton, au gré des admiMstralions de département au~quelles l'Etat abandonnait à cet égar,1 ses prérogatives. Le programme était restreint : on ne laissait, avec la lecture, l'écriture et le calcnl, lJlle • les éléments de la morale républicaine •; les notions de géogr,,phir, d"histoire el de sciences naturelles indiquées par la loi du 27 brumaire an Ill, étaient biffées. Il n"était question ni des filles, ni des institutrices ; mais J.,akanal répara cet oubli en faisant voler, le même jour, une loi spéciale divisant toutes les écoles primaires en deux sections, garçons et filles, el maintenant dans toutes une institutrice à côté de l'instituteur. Celle loi elle-même ne contenait rien au sujet de la liber lé de l'enseigne- 'llenl. Dans son rapport lu à la séance du 27 vendémiaire an IV (19 octobre 1795), Daunou avait mis : • Nous nous sommes dit : liberté d'éducation domestique, liberté des établissements particuliers d'instruction. Nous a,ons ajouté : liberté des méthodes inslructi1•es ,,. C'est que la Constitulion de l'an llI s·exprimait ainsi (art. 300) : • Les citoyens ont le droit de former les établissements parliculiers d'éducation et d'in,truclion, aiu<i que des sociélés libres pour concourir aux progrès des sciences, des lettres et des arts •. Il rut dit au Conseil des Cinq-Cents, le 27 brumaire An VI (17 novembre 1î9i), qu'il existait à peu près 5000 écoles primaires; c'était peu et ce nombre alla en décroissant. Suivant le compte rendu !ail vers la même époque sur l'an V{lï96-iî97), par les administrateurs du département de la Seine {recueil de M. Aularcl, l. IV, p. 348-340), il n'y avait que 56 écoles primaires, une de garçon; et une de filles, pour chacun des 12 arronrlissemenls de Paris el des 16 cantons de la banlieue; elles avaient reçu, en l'an V, de I iOO à 1200 élève~. D'un rapport sur les neur premier, moi, de l'an Vl-qeptembre 1797 à mai nos (Ibid., t. IV, p. 731), il résulte que les écoles particulières étaient beaucoup plus nombreuses el plus fréquentées que les école, publiques; il y en avail • plus de 2000" dans la Seine. D"après un compte rendu des administrateurs de ce département pour les quatre ~erniers mois de l'an YI (mai-septembre 1798), les écoles primaires étaient plus fréquentées à la fin de l'an VI qu'au début de cette année; mais cela tenait surtout à ce que la plupart des enrants y avaient été reçus gratuitement et, « pour cimenter irrévocablement leur succès, ajoutait-or\, il conviendrait qu'elles russent absolument gratuiles et qÛe les instituteurs eussent un traitement fl•e " (Ibid., t. V, Il· U5). Le tableau de la situation du (lépartement de la Seine, en germinal an \'li (marsavril 1700), constate que, • à Paris, les écoles primaires sont toujours moins !réquentiles que les écoles particulières • (Ibidem, t. V, p. 478). Dans un rapport du 3 fructidor an VII (20 aoôl 1709), le commissaire du Directoire prè, de l'administration centrale des Douches-du-Rhône écrivait : • L'instruction publique est tolalemenl négligée, l'éducalion des enfants e>l confiée à des prhres républicains el à quelques ex-religieuses. Les élèves n'ont que des livres relatifs au fanatisme, aucun ne connaIL un seul article des /

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