Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

18 lllSTOl!lE SOCI..\.LlSTE plel de leur conduite; lr~s détaillé, très précis el assez long, cet exposé se terminait ainsi: « lis ont été entrainés à agir sans Nre instruits de toutes le$ circonstance, de la susdite a!Taire; ils déclarent être dans l'inlenlinn que leurs signatures cl ces changements auxquels ils on l coopéré aujourd'hui au procèsverbal d'adjudication dont il ,'agi 1, ne puissent nuire ni préjudirier i, aucune partie, leur vœu étant qu'on ne puisse se prévaloir de leur participation ,1 cet égard el que les choses soient réwblics dans le même el semblable état qu'elles se trouvaient ôlre avant ladite p1rlicipalion ». Cela n'empêcha pas le district, dans sa séance du 4 février el sur l'initiative haineuse de Longuecamp, de suspendre de leurs fonctions De, illas, Jaudhu in el IlabeuC, el le conseil gé• néral de la commune de Montdidier de dénoncer, le 6, le fait à l'administralion départementale qui, le lendemain, ra li fla la suspension el renvoya l'a!Taire à l'accusateur public de )!ontdidier. Ilabeur vint immédiatement à Paris réclamer contre sa suspPnsion. Apprenant que l'a!Taire élail dérérée à la justice cl se doutant du sort que lui réservaient les juré; et les juges d'un pays où il comptait tant d'ennemis influents, il resta à Paris où Sylv,tin )laréchal le fil entrer à l'administration des subsistances de la Commune de Paris. Dans la crise de Paris moura)ll <le Cairn, son austérité, inadmissible de la part <l'un homme qui aurait été capable de se laisser corrompre el à laquelle Michelet a rendu hommage, rut à la hauteur ùe celle de Cha umetle el de Fes collaborateurs donl notre grand historien a pu écrire : • Ce qui calmait le plus le peuple, c'était le désintéressement connu, la sobriété fabuleuse ùe ses rnagislrals » (lli,toire d11 x1x• siècle, l. I, p. 10). De l'administration des subsislances de la Commune de Paris, il passa à la Commission des subsistances de la llépublique. Pendant ce Lemps, raITairc suivait son cours el l'accusateur public traduisait del'anl le jury d'accusation Del'illas, Del,raine, Nicolas Leclerc, Jaudhuin el Babeuf, les trois premiers comme corrupteurs et BabeuC comme corrompu. Nicolas Leclerc et Devillas seuls comparurent; cancans insignifiants ou sus• pecls qu'on e11lend dans presque Lous les procès criminels, prévenus cher- <:hanl ù tirer leur épingle du jeu, Cût-ce au détriment des autres, on retrouve toul cela dans le dos,ier. Le principal argument de raccusalion pour essayer de démontrer lïnlenlion coupable de Babeuf, fut qu'il avait dloé, le 30 janvier, avec Del'illas, Dcbrai11c et .Nicolas Leclerc el avait modiUé racle a1,rès cc diner. • Puvers I a écrit Ilabenf à cc sujet, combien vous êtes adroits 1 combien vous savez tirer parti des circonstances! Moi, Devillas cl Leclerc, juge du tribunal, n'étions.pas domiciliés à Montdidier, vous le savez bien; nous <ilions do11c,1,ar conséquenl, obligés de vivre au traiteur ou à l'auberge. Nous nous invitions quelquefois récipro•1uemenl, vous le savez encore, el cela était toul naturel entre gens que leurs fonctions rapprochaient ailleurs; je fus invité par Leclerc à cl1ner avec lui ce jour-là; Devillas se trouva du même diner qui Cul fait à table d'hôte, en lieu public, où nous fOmcs conrondus avec plu-

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