Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

HISTOIRE SOCTALISTP. 71 {le chambre el le jetèrent dans !"égout ~lontmartre. Yoilà rc~pril des • honnêtes gens" que caractérise. d'ailleurs, encore ce môme genre de distinction; en aoûl 1902 (Temps, du 14 septembre tOo~. 3m, pa<:e),aux applaudissements de l'aristocratie, les cléricaux ou pays des Chouans n'onl-ils pas associé, en un rapprochement ordurier bien digne d'eux, r,ùcool, les cantiques cl les matières fécales? Pour leur grossière ineptie les muscadins de 170:'> avaient essayéd'cor~r les ouvriers du faubourg Saint-Marceau; mais, dit le r,tpport de police du 2 plul'iôse (21 janvier), « ils n'ont point fait de pro;él)'tes ,,. Toul cela avait lieu en criant au début : r,cenl la Hépublique el t,, Com:ention nationale! puis Vive la Co,wentionl seulement. C'était en affectant de protéger le gouvernement républicain qu'ils minaient la République, suivant une tactique dont le jésu:iLlsme el les arnntages devaient séduire le pape Léon XUI (16 fénier 1892) et transformer nos cléricau, en rallié:;. Pour écarwr les républicains el mettre la main sur la République, ou ne recule devant rien; aussi la presse immonde de l'époque accusait les Jacobins d'èlre de connivence avec les Chouans (Pal'is pendant la ,·éactù,n thermid,,- l'iemll!, de M. Aulard, L l", p. 453), racontait qu'une taunerie des peaux des goillotin6s avait clé établie à Meudon, et que llarère nl'ail des bottes venant de là ( Idem, p. 519). Les morts n'ét.aienl pas plus épargnés que les vivants. Des royalistes à faux nez républicain attaquaient Marat en l'appelant le • royali,le ltaral • (Caurrierrtiµublicuin du 1(; plu viose-4février, cité par ~I. Aulard dans le recueil précédent, t. I", p. 4--IS). Les muscadins ayant manifesté l'intention de renverser dans les lhéatre, le buste cle Marat placé alors dans toutes IP.ssalle,, le comité de sûreté générale donne, le 26 nivô;e (15 janvier), des ordres sévères; le 27 (16 ja111ier),les muscadins démentent hypocritement lïntenlion qui leur a élé 1>rèléeel déclarent que peu leur importe que Marat soit au Panthéon (recueil de 11. Aulartl, t. l", p. 400); le 28 (17 janvier), Je buste de liarat est mutilé au théâtre de la rue Favart, et la démolition des bustes continue pendant une quin1,aine de jours sans que l'autorité sévisse;on se borne à remplacer les bustes démolis; le 19pluviôse (7 féuier), d'après le rapport de police du lendemain, les muscadins qui, le 27 nivô,e (16 janl'ier), a1aie1tl affirmé leur indifférence au sujet du maintien de MamLau Panthéon, décident l'impression d'un discours demandant de ne décerner les honneurs du Panthéon que vingt ans après la morLel d'en enlever, par conséquent, les restes de lllarat. Le lendemain (8 février), la Convention le11r donne salisf,clion et vole que « les honneurs du Panthéon ne pourront être décernés à un citoyen, ni son buste placé dans le sein de la Convention nationale et dans les lieu, publics que dix ans après sa mort •· Les restes de !faral élaienL ainsi exclus. du P&théon moins de cinq mois après y avoir été solennellement portés. Une partie de la population était exaspérée par l'altitude des « jeunes gens de Fréron», et il arrivait partoi, aux ouvriers de se rendre en nombre

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