120 IIISTOlllE SOCIALISTE de ce succès. Fatiguée, manquant de tout, elle avail à protéger une ligne lrè; élendue. Au lieu des renforts qu'il lui aurait fallu, elle voyail ses elîeclirs diminuer. On al'ail, après le 9 thermidor, laissé rentrer dans leurs foyers des jeunes gens de la classe bourgeoise que leur ûge a l'ail fait réquisitionner pour le s~r,icc militaire cl qui, ou ne s'étaient pas rendus ù leur poste, ou l'avaient abandonné. La nou,·clle circula bientôt dans les rangs que 1éfraclaircs rt déserteurs l'Îlaient chez eu~ sans 0lre inquiélés, el leurs imilalcurs de,·inrenl d · plus en plus nombreux. D'a1>rè, Jomiai (l. \'Il, p. 50., • ce n'est !las ex;,géré que de porter au quarl de l'clfeclif le nombre de ceux qui reulrèrcnl 1•11 France •· D'après des documents du ministère de la guerre analj':;és par \ïlliaumé (llisloire de la Révolution francaise, 6' éd., l. Ill, p. 4i0 cl sui I'. , il y al'ail, en thermidor au Il (Juillel 1701), 707 170 soldats 1irésents sous les arilles; il n·y en avail plus, en brumaire an IV (oclobre lî!l;; , tt la fin de la Convention, que 444 071. Si on se plaignail de ceut qui parlaient, on commençait aus~i à se plaindre de ceux qui rcslaienl. • On ,i".q,~rcevait plus, a écril Jourdan, cilô par Louis Diane (/lisloù·e de la Révul11tio11fra11cai,r, LXI, p. :lOO), les traces de celle sévère discipline par laquelle l'armée s'étail rait admirer dans la campagne précédente. Les soldats se livraient au 1>illage"· Quant aut chefs, voici cc qu'écrivait Hoche ( ne de /loche, par Rousselin, l. Il, 1>.155-1501 dans une lellre du Ogerminal an Ill ~'9 mars i79::i : • Le luxe a reparu dans les armées; et, semblables à des pacha:,, nos généraux ont huit chevaux à leurs voilures •· Ce que nous conslatons id I ourles troupes de lerre, ce que nous constaterons un peu plus loin pour la lllarine, ce que nous a,•ons con~taté /lin du cbap. v1) pour les finances, est confirmé pour• tous les sen•ices administratifs » de la guerre par ~l~I. Krebs el ~lorris ( Campagnes dans les Alpes pr11da111la Révolutio11, /791-17!16, p. :.!15) qui, en dehors de toute sympathie poliliquc, signalent leur « relàchcment ... depuis la chulo du parti jacobin •· D'autre I art, Pichegru se montrait disposé à lrahir. Un agent royafüte, Louis Fauche-llorel, imprimeur à Neuchl\lel - celle ville ap('nrtenait alor, ù la Prusse - et à l<l solde de \\'ickham, enlrail en relation, ù la fin d'août 1795, dans les environs de Huningue, a1ec Pichegru. Sur le fond, la trahison, on s'enlendil toul de suile; mais, sur la forme qu'elle devait revêtir, l'entenle ne pul se faire. Pendant que d'infâmes pourparlers continuaient entre Pichegru et le prince de Condé, - • le prince de Condé sait la manière dont je pense, que Je suis disposé à toul faire pour lui •, disait un peu plus lard Pichegru à un agenl de l'Aulrichc, le colonel baron de Vincent dont le dernier défenseur de Pichegru, M. Ernest Daudet ( la conjuration de Picltcgru, p. 100), ne conteste nullement le lémoigoage - la Convention prescrivail la reprise des hostilités. Découragée par l'échec de Quiberon, l'Autriche avait, le 6 thermidor (24 Juillet), prié llardenberg de proposer une trilve; Barthélemy traosmll, le
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