Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

8 HISTOIRE SOC.JALIS'rE ----- ------------------------------ théorie; pour le consliluer, il raut que s"ajo11le à celle-ci, déterminée par elle, une ,·clléilé a11m,Ji11,de praliqlle 011 de politique. JI n·y a pas socialisme, même utopique, là où, si osée que soit une théorie, si audacieux 1p1e soit un plan de société, il n'y a pas désir d'action, a?pel à l'action, afin de préparer la nouvelle organisation de la propriété et de la socjélé visant (1 asrnrer le bien-ôlre èe tous ses membres. Les réquisitoires contre la richesse et 1a'propriété, comme les descriptions de sociétés idéales el les rêveries communistes ou humanitaires, sans intention d'application dans un milieu donné, sans viser à une pralique 11énérale, sont cles dissertations philo,ophiques, sociologiques, etc., el no,1 du socialisme. Il n'y a pas socialisme, m~me dans le sens le plus restreint, là où, si subversirs que soir.nt un appel à la révolte ou un soulèvement populaire, si démocratique que parais,e une œuvre_ réformatrice, ces diverses actions ou tentatives, au lieu d'Mre subordonnée, à une théorie générale quelconque de la transformation que doivent subir la propriété el la société dans le but de réaliser le bien-être de tous, sont déterminées par une doctrine religieuse prêchant le renoncement el la communauté. par la tendance à ne régler que cle, situations spéciales, à se horner à des mesures d'avance estimées transitoires, ou par l'exaspér~tion dé,ordonnée des victimes de trop criants abus. Sans doute quelques publications affirmèrent, soit après 1789, soit même avant, que la liberté el l'égalité nominales des droits seraient iusufflsanles pour rendre heureux les simples travailleurs ne possédant que leurs bras, que leur rorce de travail. Mais, presque toujours, ou ce n'était, même dans la pensée de leurs auteurs, que des conslalalions sans la moindre vue théorique, sans la moindre sanction pratique, ou leurs revendications trop restreintes ou trop vagues étaient dépourvues de Loule idée d'organi<alion généi-alc. ou ils s'en tenaient à ces réforme" agr~ires qui, avec le sentimentalisme, l'amour de la nalura et la foi en la raison, étaient si en vogue à celle époque. Ces réforme, ten lanl, par excm1ile, au partage de; biens du clergé en parcelles allribuées i111livid11ellement aux pauvres, mo lillant le nomlJre et le nom des propriétaires 1>lusque le mode de propriété, ne sauraient èlre du socialisme que pour ceux qui le connaissent mal. Ce qui est vrai, c'est <1uela pluvarl des démocrate; crurent à l'elllcacilé, à Lous les points de vue, de I• liberté el des droits nominalement égaux qui ne pouvaient com1>lètemenl profiler qu'à la classe écon omiqucmenl à même de s'en servir, à la bourgeoisie; c'est que quelques-uns - el Babeuf était du nombre -- ceux qui n';vaient pas ceUe confiance, croyaient néanmoins qu'il n'y avait qu'à continuer dans la voie ouverte par la Hévolulion pour aboutir à la réalisation de tendances, encore très imprécises en fail, vers l'absolu des principes nouveauc 'Le 15 brumaire an IV {6 novembre 171!3), notamment, Babeuf écrivait dans le n• 31 de son Tribun dtt Pe11ple : • Aisance à tous, instruction de tous, égalité, liberté, bonheur pour tous, voilà notre but. Voilà

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