78 IJISTOII\E SOCIALISTE sernime11l, populaires (voir l. I" de l'Histoi>'e Socialiste, p. 10îû), el non d'uue conccpLio11quclconc1ue de l'avenir. Les meilleurs moyens pour empècher l"clfonctrement du cours des assignais cl ses conséquences étaient de restreindre les émissions au strict nécessaire, de détruire les assignais qui rentraient par suite de la vente des biens nationaux, d'éviter de déprécier par des mesures réactionnaires ou maladroites ces biens qui leur servaient de gage, de tenter assez lôl de les démonétiser peu à peu, en avertissant aussilèH les spéculateurs qu'on ne les leur (·changerait contre numéraire qu'à un taux réduit d'après les cours lails par eux, mais d'autant moins réduit qu'il s·agirail de coupures plus petites, de mettre surtout de !"ordre dans l'administration el de surveiller de très près les opérations des fournisseurs. c·esl tout le contraire qui se produisit. Or1 pouvai\ améliorer la législation née du besoin ct·assurer les approvisionnements el de limiter la spécula lion; on ne devait pas d'abord en tolérer arbi• trairemenl la violation, puis l'abroger avant la disparition des inconvénients que, malgré tout, elle allénuail. c·csl ainsi pourtant que le gouvernement procéda. Il eut la prétention de rétablir un régime normal. Pour ce faire, il ne s'efforça nullement d'arriver à lïnulililé de mesures exceptionnelles, il se borna à supprimer la réglementation qui les rendait quelque peu efficaces : par la loi du 4 nivôse an 111 :?4 se;itcmbre 1794), dont l'art. I" avait 6lé voté la veille, toutes les lois fixant un prix maximum furent abrogées. On peul e,•idemmenl critiquer ces lob; mais ce qui prouve que, telles quelles, elles servirent à quelque chose, c'est ce qui se passa après leur abrogation : il n·esl pas niable qu'après celle-ci la siluation devint meilleure pour les agioteurs et pire pour la masse: les d.enrées ont doublé ùe prix depuis l'abrogation de la loi du maximum, dit le rap• port de police du i7 nivôse (6 janvier). On ne cessa à la ConvPntion de crier contre les agioteurs, et je ne contesterai pas la sincérité de ces paroles vaines. Les représentants ne furent pas leurs complices, soit; ils rurcnt leur. dupes et le résultat fut le même. Si les représentants ne savaient pas ce qu'ils faisaient en supprimant les lois du maximum, les spéculateurs savaient, eux, ce quïls faisaient en poussant de toutes les manières à leur suppression. Par l'abrogation des lois du maximum, les thermidoriens établirent. au point de vue du commerce des marcbandiscs, la liberté de la spéculation. Libres d'agir à cet égard, les spéculateurs ne se contentèrent pas de la hausse en quelque sorte automatique résultant pour les denrées de Ïa baisse des assignats; ils spéculèrent de toutes les manières sur les denrées elles-mêmes, ils allèrent jusqu'à entraver l'arrivée de; vivres à Paris, tandis qu'ils en sortaient les comestibles à pleines voitures (rapport du 14 germinal• 3 avril); déjà le rapport du i" ventôs,e (19 février) avait dil: « l'on sort le pain de Paris de toutes parts ... il y a des personnes chargées de ces expéditions pour la softie du pain», C'était, depuis le 18 nivôse an lll·î janvier1W5 (voir chap. x1,
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