Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

28 IIISTO111E SOCl/\LISTI•: le 23 (li ,eplembre), les délégués étaient accueillis par les plus vil', a1,plaudisscments. En revanche, on jetait en prison l'orateur de la pétition du club dit électoral, Varlet - l'ami de Jacques noux ( J-listoi>'esocialiste, t. IV, p. 1622) - el le rédacteur de celle pétition, Dodson, dont, le 30 fructidor (iG septembre), une députation du club réclamait en vain à 1,, Convrnlion la mise en liberté. Déjà, par un décret du 4 fructidor an Il (21 aoùl 1794), la Convention avait rapporté celui du Il septembre 1793 qui accordait, « à Litre d'indemnité, quarante sous aux citoyens peu fortunés pour assister aux assemblées de section et y exercer leur3 droits •, - d'une façon générale, je citerai les lois ou décrets (ces deux mols étaient synonymes sous la Convention) d'après le texte des collections Duvergier ou Baudouin. Le même décret empêchait les sections de se réunir tous les cinq jours el ne leur permettait plus qu'une réunion par décade. La suppression de l'indemnité allait éloigner les pauvres, les ouvrier,, des sections, où commençaient, au contraire, à ee porter les aristocrates remis en liberté. Lïnfluence reprise par les Jacobins qui cherchaient de plus en plus à agir sur la Convention en faisant affluer pétitions et adresses dans le genre de celle de Dijon applaudie par eux el col1iortée à Paris el dans les départements, ne pouvait quïnquiéler Tailien el l'exciter à les perdre. Un triste événement avait déjà été exploité à ce point cle vue : le 14 fructidor (31 août), la poudrerie de Grenelle sautait tuant une soixantaine de personnes el en blessant un grand nombre. Celle poudrière occupail la partie de la caserne Dupleix qui donne sur la place de ce nom. On insinua que le coup pouvait bien venir des Jacobins. Cela n'ayant pas réussi, Tallien qui, devant l'altitude de ses collègues à son égard, avait donné .le 15 .Cructidor (i"septembre), sa démission du comité de salut public el qui avait élé expulsé des Jacobins le 1i (3 septembre:, simulait, selon toute vraisemblance, une tentalive d'assassinat : le 24 fructidor (iOseptcmbre), un peu après minuit, rue des QualreFils, on le trouvait ayant « à la partie antérieure de l'épaule gauche » une légère contusion paraissant provenir d'un coup de pistolet tiré à bout portant, sans balle. Celle-ci, d'après le procès-verbal des trois officiers de sanlu lu à la séance de la Convention le 24 fructidor,• a pu tomber enlre » la doublure de l'habit cl l'habit; cela aurait permis de la retrouver, or on ne la retrouva pas. ~lalgré tous les el!orts, celle affaire n ·eut pas les résultats immédiats espérés; les Jacobins remportaient, au contraire, un succès : sur leur initiative, la Convention, le 26 fructidor (12 septembre), réglait le transport du corps de Marat au Panthéon el décidait que, le même jour, en serait enlevé le corps de Mirabeau. Les tbermiàoriens el leurs adversaires se trouvèrent d'accord en celle circonstance, tous se réclamaient encore de Marat. La cérémonie, à laquelle assistait la Convention, eut lieu le dernier jour de l'an li (21 septembre 1794) au milieu d'une foule criant : Vive la République! Le 20 ven-

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