Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

181 HISTOillE SOCIALISTE du resle, certains d"enlre eux avaienl pu à cel égard impunémenl violer la loi; un journal cité par Aulard dans son recueil (t. Il, p. 174), le .lfessagn du soir du 1°' fructidor an III (18 aoùl 1705), écrivait : • On rencontre dans les rue, :les prOlres en soulane •· D'après un rapport du 10 prairial an VI (7 juin 1i98), il y avait alors à Paris « quinze édifices ouverts aux calholiques •, sur lesquels sepl élaienL aux prélres dits gallicans ou conslilulionncls el huil aux papis les; les plus achalandés de ceux-ci opéraienl à Sainl-Gervats, à Sainl• Jacques et à Sainl-Eustacbe. Si peu imporlants quïls fussent en réalité, les pr0lres • conslitulionnelsn, • assermentés » ou « jureurs •• qui rêvaient ù"h1rmoniser le catholicis ue et la ,ociété civile républicaine, ne peuvenl cependant pas être oubliés. Dès le mois de novembre 1794, cinq de leurs évêques s'étaient rounis à Paris, sous la directiou de Grégoire, pour a, iscr aux moyen, de rcorganiser leur Eglise. La loi du 2' jour sans-culollide de l'an Il (18 seplemlJre 1704) qui rompil le lien entre leur Eglise et l'Elat en supprimant légalcmenl les trailemenls qu'en fait ils ne touchaient pa; depuis quelques mois, les avait contrarié,; car, en ne leur permettant plus do compler sur aulre chose que sur !eurs propres forces, elle allait révéler toute leur lailJie,se. Ils eurenl beau, dans leur • encyclique • du 25 venlôse an Ill (15 mars 1795;, préconiser un système d'élection pour la nominalion c!c leurs diguitaires, 1>roscrirele mariage des prèlres, e.,iger d'eux l'austérité de mœur;, ce n·esl pa; à eu~ qu·a11a la mJsse catbo · tique. On vil, en efrct, à celle époque, ce qu'on a ,u en France chaque fois qu'il y a eu division entre catholiques; la masse de ccu, d'entre eux pour lesquels Id religion est, non vas une simple affaire de civililé puérile, mai; une croyance têtue ou un inlérOL sérieux, sui vil les réfractaires. Quels que soienl ceu~ qui conseillenL à celle masse de se rallier à la forn,e républicaine, alors même qu'esl soupçonnée l'arrière-peuséc qui motive ces conseils, cc n·esl jamais que la minorilo qui se rallie sincèrement; ponr la majorité, la souveraineté consciente du peuple reste,ouverteruent ou non, l'ennemie donl il faul, sous une forme ou sous une autre, e11traver le lilmJ c,sor. Ce ful donc aux réfractaires soumissionnaires que la foule religieuse alla surlonl. Le 28 thermidor an V (15 août 1797), eut lieu à Notre-1Ja111ede Paris, l'ouverlure d'un concile des ancien; conslituti 01111elssous la prè,iùence de l'é1èque de Rennes, Le Coz, el· ils siégèrenl lilJr.;rnenl µendanL el après le coup d"ÉLat du 18 fructidor an V (4 septembre 1707). Ils s'occupèrent en,ore de la discipliue de l'f:glise, prèchèrenl ingénument la concorde, volèrent un « décret de pacification • el parlèrenl d'arrangement à des gens, les uais catholiques, quïls appelaienl les« dissidents », et le pape, bien décidés il ne pas leur laisser faire leurs condilions. Au fond, ils n'eurenljamais que peu d'influence el cc peu alla toujours en diminuant. Les protestants - calvinistes et luthériens - el les juif~ n'étalent pas nombreux; ne pouvanl songer à être les maitres, les ministres de leurs cultes

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