144 HISTOIRE SOCIALIS'rE fond de Soulé, ancien garde du corps de Louis XVI, émigré renlré. Au nombre d'au moins 20 000, les seclionnaires du centre, les émigrés et les Chouans qui s'étaient renrlus en masse à Paris, cernaient les 5000 défenseurs de la Convention; ils étaient fortement installés à Saint-Roch, occupaient le PontNeuf el étaient ma!Lres de la communication enlre la rive droite et la rive gauche. Pendant que les adversaires s'observaienl, les troupes de la Convention ayant ordre de ne point prendre l'initialil•e de l'attaque, Danican envoya une lellre au comilé de salut public proposant une entrevue, indiquant les conditions possibles d'entente, réclamant 6urtout le désarmement des patriotes. Dan~ le « comité des Quarante», formé du comité de salut public, du comilé de sOrelé générale et du comité militaire réunis en commission de gouvernement, puis dans la Convention, certains royalistes déguisés accueillirent favorablement ces pro posilions des rnclionnaires; mais la Convention venait de décider de ne pas répondre personnellement à Danican el de déléguer vingtquatre représentants chargés d'éclairer les citoyens, lors<1u'on entendit des décharges de mousqueterie, puis d'artillerie. La lutte était engagée. On discute encore la question èe sa 1oir quels furent les assaillants; or le mouvement insurrectionnel suscité par eux el leur étal d'esvrit pendant tonte celte période, rendent évident que ce furent les royalistes rebelles, émigrés et Chouans, se croyant ,Or, de la victoire el ayant h/lle de surmonter la timidité de leurs alliés bourgeois, qui lirèreut les premier.,; - le soir même le représentant Cavaignac disait à la Convention : « Le combat a commencé par une agression ùes royali.ste~ »; - agirent-ils par orùre de /eur chef ou de leur propre mouvement, tel e,t le seul point douteux. Quoi qu'il en soit, toutes l.:urs attaques furent viclori eu semenl repoussées. La situa lion un in,tant compromise aux environs de S1int-Roch fut rétablie par les patriotes; il y eut deux ou trois cents morts ou blessés de chaque côté. Dans la nuit et dans la matinée du 14 (6 octobre) les sections étaient définitivement réduites; un nouvel appel aux armes des sections Lepeletier el du Théàlre-Français n'obtenait aucun succès auprès de bourgeois qui, dans la soirée du 13. déconcertés par leur défaile et n'ayant pas tout le courage que leur a prêté Lacretelle jeune, fuyaient, d'après le lieutenant Enée (Zivy, le / :l vendémiaire 1111 IV, p. 126), devant un _fiacre que leur esprit troublé prenait pour une oharge de cavalerie. Le 15 vendémiaire (7 octobre), les seclionnaires se laissaient désarmer sans difficulté au milieu des railleries des lemmes du peuple leur criant (Courrier fmnçais du 18 vendémiaire-10 octobre, cité par M. Aulard dans son recueil, t. II, p. 313): « Allez, fanfans, à votre tour, à votre tour! » Ce mCme jour, trois conseils militaires étaient institués. Ainsi qu'il arrive presque toujours quand il s'agit des réactionnaires, le gouvernement fut d'une indulgence extrême : de l'aveu de Lacretelle jeune, • tous ceux qui avaient à redouter sa colère » purent sortir de Paris avec fa-
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