Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

J4 HISTOlllll SOCIALISTE avec proru-ion, rl par sr~ dils écril,; el par ses paroles, sun LA souvE11AINET~ DU PECPLE,snr la manière <lonl il drnil el pouvail e,erccr ses droits, san, parler à de,sein de Res devoirs, e,cilenl m~me de la fermentation chez nos voisins•· Les lémoignages lui ayant été favorable,, il eul la chance d'~lre relâché la ,•cille du jour où l'accusateur public de ~lonldidier recevail communication de la lettre du i4 avril, à laquelle il a élé fail allusion plus haul, el par laquelle le directoire du déparlemenl lui ordonnait d'user de la plus grande rigueur envers Babeur. En Juillet 1701, un cerlain Gouy de la Myre le dénonçait au m~me accusateur pour avoir exprimé « le 1·œu anliconslilutionnel de suosr1TUERUNE ntPUBLIQUEAUGOUVEn~EMEST MOSARCOIQCE dont nos sages législateur, ont conrnlidé les hases •· De l'aveu de ses aclvers:tires, Babeuf nous apparall donc, dès 1791, parfüan de la souveraineté du peuple el républicain. Nous allons le voir, celle même année, réclamer le • droit pour Lous de voler• dans une lellre à un de ses anciens abonnés du Correspondant pical'd, Coupé (de l'Oi·c), qui venait d'être élu membre de l'Assemblée législative. Dans celle lettre, en date du tO septembre 1i01 (Espina,, ln, J'ltilosopliie sociale du xvm• sii'cle et la Révo/111io11, p. 215, nole; voir aus,i 1/istoire socialiste, l. IV, p. 1;;38 et suiv.), Bobeur, après avoir eu des tendances communisles - nous l'avons vu tout à l'heure -el avanL de protester conlre la loi u9raire - nous le verrons chap. xn - se déclarait parlisan de celle loi el, par elle, de la mise à la disposition de chacun d'une portion sulfisanle de lerre. Uu reste, il seml>lail déjit favorable à celle idée dans son Cada<lre perpétuel el, de mème qu'à celle époque, il voulail « assurer à Lous les indilidus premièrement la subsistance, en second lieu une éducalion égale • (Espinas, Ibid., p. 40',). Ses • vœm » sont (Id., p. 407) : • qu'il n'y ail plus rte division des citoyens en plu-ieurs classes; admission de tous à toutes les places ; ono1TPOURTous DE VOTER;d'<'mellre leurs opinions dans toutes les assemblées; de surveiller grandemcul l'assemblée des Légblateurs; liberté dcc réunions dans les places publique,; plus de loi marliale; deslruclion de l'espril de corps des gardes nationales en y faisant entrer tous les ciloyens sans excepliou et sans aulre destination que celle de comballre les ennemis extérieurs de la Palrie •· Tou le• fois, il Jaul, dil-il, renoncer à ces principes lorsqu'on ne vcul pas la loi agraire; sans elle, « liberté, égalil~. droits de ('homme, seronl loujours des paroles redondanles el des mots I ides de sens » (Id., p. 408). « La On el le couronnemenl d'une bonne législation esl l'égalilé des posses•ions roncières (Id., p. 400); ... à l'exception de cc que chaque individu aurail son palrimoine inaliénal>le qui lui ferail d~ns tous les Lemps et toules les circonstances un fonds, une ressource inallaquable contre les besoins, toul ce qui tienl à l'in• dustrie humaine reslerait dans le mème étal qu'aujourd'hui » (Id. p. 407). Obsédé par le partage de la terre, Babeuf n'est pas encore socialiste, mais 11 est en bonne voie pour le devenir. La subslilution momentanée de la loi

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==