HISTOIRE SOCIALISTE 07 condamnés à mort. lis avaienl caché deux couteaux ; en enlranl dans la pièce où se faisait la toilette des condamnés, Bourbolte se frappa avec le premier, Goujon qui avail Je second couteau lïmita el rarme donl s'élail servi celui-ci passa successivement dans les mains de R~mme, Duquesnoy, Du Roy el Soubrany. Goujon, Romme et Duquesnoy réussirent à se tuer, les trois autres furent ra1>idemenl menés à réchafaud; Soubrany élail déjà mort, Du Roy et Bourbolle respiraient ,encore lorsque le couperet tomba. Telle fut la fin de ceux qu·on a appelés les• derniers Montagnards ». Après avoir obtenu trente-sepl condamnations à mort de la commission mililaire et de sa parodie de la justice, la Convention la supprima le i6 thermidor (3 aoùt). Le tribunal révolutionnaire, devenu inutile, avait élé supprimé le i2 prairial (31 mai). La déséquilibrée )Jigclly, gardée un an en prison, fut condamnée à mort le 2!, prairial an IV (i2 juin iîOO); elle disait avoir agi au point de vue royaliste (Idem, p. 35î-3:>8). Les conséquences de l'insurrection de prairial an Ill furent celles de toutes les insurrections vaincues : le parti 11ui y avait pris part, le parti démocratique, fut décimé, 1~peuple désarmé, la garde nationale transformée, par la loi du 28 prairial (16 juin), en instrument de classe: " A un peuple libre el jaloux de le rester, dil le rapporteur, il faut des armes, mai, elles doivenl êlre confiées à des mains pures ... Vous laisserez donc aux citoyens qui ont le plus de facultés la charge du service public ... et vous n·appellerez aux armes les citoyens les moins aisés que dans les dangers de la patrie». Le 24 prairial (12 juin), par l'interdiction à Loule « autorité constituée • de prendre « le nom de révolulionuaire •, la Convention avait porté le dernier coup aux comités révolutionnaires qui, depuis le 1" ventôse précédent 119 lévrier), ne subsistaient !JUC dans les communes de plus de 50000 habitants; peu après, le 6 fructidor (23 aoOt), Loutes les assemblées connues sous le nom de clubs ou de sociétés populaires étaient partout dissoutes; ce lut la fin de ce qui restait de ces deux institutions maitresses du gouvernement jacobin. Un arrêté du comité des secours publics du 20 prairial (i7 juin) supprima le travail dans les ateliers de filature qui, conformément à la loi du 30 mai i700, occupaienl à Paris des femmes ët des enfants sans moyens d'existence, et le remplaça • par une distribution de travail à domicile » avec un salaire• inférieur d'un dixième aux prix en usage dans les fabriques particulières • ; les secours donnés si parcimonieusement à quelques-uns risquaient par là d'entrainer l'avilissement des salaires pour tous. Les sections parisiennes furent« épurées• el les républicains sincères exclus des administrations qui se trouvèrent bientôt composées de royalistes avec le masque constitutionnel et de modérés de plus en plus modérément républicains. Il en fui de même en province, semble-t-il. A la séance de la Convention du 16 prairial (4 juin), le uprésentant Delecloy s'écriait : • Ce n'est pas à Paris seulement que les ennemis du bien public s'agitent pour exciter du
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