Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

!06 HISTOIRE SOCIALISTE l'abbé Tlrolhier, un ancien employé des finances, Lemaitre, el le chevalier des Pomclles, ex-maréchal de camp, auxquels il adjoignail bientôl La Ville• lleurnoi, ancien maitre des requêtes, et Duverne de Praile, lieutenant de ,aisseau. Oulre « l'iigence de Paris » qui existail depui, !791, il y avait une nuée d'espions au dedans et au dehors; une autre agence, s'occupant spécialement de l'E,t el du Midi, était dirigée var Perrin l'ait comle de Précy, et l'ancien présidenl de Vézet auxquels, fin août 1705, de,ail se joindre Imbert· Colomès. Tout ee monde inlriguail. Songeant plus à eux qu'à leur cause, divisés par leurs ambilions jalouses, ils ne s'enlendaient que rnr la nér,essilé aussi patriotique que désintéressée clu recours à l'étranger pour la salisfaclion cle leurs appélits concurrents. Les uns - Je régent penchait cle leur côté - préféraient agir principalemenl par la corruption el complaient sur l'appui de l'Espagne, surtout sur son or pour acheter les gouvernants lhermidoriens; les autres, tels que le comte <l'Artois, sans né~liger la corruption, croyaient avant lout à l'efficacité de coups de force et espéraient en l'Angleterre dont l'or était acceplé par tous. Sollicité ouvertement par les ultras, en cachclle par les soi-disant libéraux, moins lihérau, toutefois que monarchistes, les Lameth et les Mounier, alors en résidence en Suis.e et qui, aussi coupables que les ultras, comprenaient mieux que leur intérôl était de garder secrètes ces odieuses manœuvrcs, le gouvernement anglais voulait bien servir la cause cles monarchistes l'rançai,;, mais - ce qui a!'gravail la culpabililé de ceux-ci - en servant ses inlérèts propres. Pill avait cl(•jàfavorablement accueiHi Puisaye, lorsque son ministre des affaires étrangères, Grenville, le i5 octobre !79~. faisait partir pour la Suisse un ami, Wickharo, avec mission d·étudier 1ar lui• même ce quïl élail possible d'attendre des diverses factions royalistes. A,·rhé à Berne le i" novembre, Wickham étail, le mois suivant, nommé chargé d'affaires el, le i2 juillet !795, il succédait à lord Filzgeralcl comme ministre plénipolenliaire. \\'ickham ne larda pas à devenir un cunspiraleur passionné; il dépensail l'argent sans compter, eut des agents clans n:st oit il rêvait de fomenter un mouvement insurrectionnel, en Franche-Comté, à Dijon, Il. Lyon surtout, et uientôt même à Paris. Il croyait toujours réussir, parce que son argent était partout bien reçu. Le Z7 mars 1795, il écrivait à son principal agent à P;iris, un nommé Vincenl, ancien employé de la poste aux leltres, d'entrer en relation avec des officiers, avec des représentants lels que Lanjuinais, Vernier et surtout T,,llien : « Vous promellrez à ce député tout ce qu'il peut désirer s'il consent à se mellre à la lête d'un parli pour rétablir la royauté en France" (Leuon, L'Angleterre et l'émiqratùin, p. 19). Le 20 mai, il écrivait à Grenville : « Il parait que certains membres du comité de salut public sont gagnés, notamment Tallien • (Idem, p. 22). Tandis que l'Angleterre organisait avec Puisaye une expédilion en Bretagne, enrôlant les émigrés du conli-

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