Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

HISTOIRE SOCIALISTB 105 p. 56). Le gouvernement anglais leur venait également en aide, mais sans excès lorsqu'ils ne lui étaient pas particulièrement utiles; il devait, à partir de mai 1795, subvenir aux frais de l'armée de Condé qui, depuis la fin de 1701, élail dans le Brisgau à la solde de l'Autriche. Louis-Stanislas-Xavier, comte de Provence, dit • Monsieur» étant le frère le plus âgé de Louis XVI, el qui s'était lui-même proclamé Régent de France le 28 janvier 1793, habilait à Vérone avec Mm• de Balbi, née de Caumont, sa mallresse « autant que cela se pouvait » d"après le comte Gérard de Conlades ( Coblen: et Quiberon, souvenfrs du comte de Contades, p. xv1),pend ml que sa femme restait à Turin auprès de ~on père Je roi de Sardaigne; d'ailleurs, aussi attaché à la religion qu·à sa mallresse, il apporlail ùans ses pratiques religieuses la même bonne volonté qne dans ses relations exIra-conjugales. Il vivait avec l'argent que lui versaient les cours d'Angleterre, d'Autriche et d'Espagne. L"ancien secrétaire de Louis XVI, le baron de Goguelal, a raconté (Bibliothèque des Mémoires relatifs à /'Histoire de France, publiée par A. de Lescure, 1. XXXIII, p. l88) qu'il « avait un cœur de lièvre» et qu'à Vérone « il saluait avec une abjecte el persévérante obséquiosité tous les caporaux autrichiens qui ne daignaient pas lui rendre son salut, tant il leur semblait dépourvu de toute dignité » {JdNn, p. 180). Son confident était le duc d'Avaray et, en se nommant• régent•• il avait passé le titre de" lieutenant général du royaume• à son frère cadet, le comte d'Artois, le futur Charles X. Celui-ci, etfronté hâbleur, n'ayant de courage, a dit le comte de Vauban, que « pour supporter ... les mépris dont il est abreuvé• (Mémoire.< pour servir à l'histoire de la guerre de Vendée. p. 48), aussi égorste que li'.che, sacrifiait à ses aises Mm• de Polastron, née d'Esparbès, dévouée créature dont il était indigne et qu'il avait subsli tuée à sa femme, une fille également du roi de Sardaigne. Passé, au mois d'aoOI 1704, de Hamm à Rollerclam, il ne tardait pas, devant le succès des troupes républicaines dont il ne devait toujours faire qu'une bouchée, à filer rapidement avec sa • puante cour • (Idem, p. 47), jusqu'à Osnabrück, puis à Pyrmont et enfin à Bremerwôrde. L'agent le plus actif du régent, l'âme, peul-on dire, de l'émigration à celle époque était le comte d'Antraigues. Ce personnage, après avoir profilé des ressources que la SainL-Huberty - une Marguerite Pays qui savait ch.tnter - lirait d'un autre (llfadame Saint-Huberty, par Ed. de Goncourt, p. 203), avait fini par l'épouser; d'Avaray l'appelait« la fleur des drôles• (Forncrou, Histofre générale des tmigrés, t. II, p. 80), tout en lui écrivant: • Le régent se fera un plaisir de donner un témoignage d'estime à des sentiments aussi nobles que ceux que M•• de Saint-Huberty a toujours manifestés" (Id., p. 82), el le régent la décora, en effet, de l'ordre de Saint-Michel. Depuis la fin de 1794, d'Antraigues vivait à Venise d'où, en relation avec les ministres 1Hrangers el les agents secrets, Il tenait les fils de la plupart des conspirations royalistes. li avait, dès juillet 1794, à Paris, en qualité de correspondanls,

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