JIISTOtnE SOCIALIST~ 35 b~rent, ils furent, au nombre de quatre-vingt-quatorze, incarcérés à Paris le 16 nivôse (5 Janvier 1791). Fouquier-Tirnille lui-h1ême,jugeant quïl n'y ,11ait rien de sérieux contre eux, les oublia à de,sein dans les prisons où les lrolll'a le 9 thermidor. Traduits enfin devant le tribunal révolulionn,Lire, ces citoyens récriminèrent nnlurcllement contre le comité qui les avait fait arrêter, racontèrent des actes de barb1rie à sa charge et, le 28 fructidor {!li seplrmhre), après sepl Jour, ùe clébJt5, leur acquittement était prononcé au milieu des applaudissements. Ceux qui voulaient abattre les Jacobins s'empre-sèrenl d·exploiter les noyades dénoncées, et le comité de :'\antes devint l'objet d'attaques qui frappèrent d'autant plus l'Ï\·emenl l'e,prit public qu'elles alimentaient à la fois son indignation d'actes horribles et son gcùt pour les récits détaillés d'horreurs. Poussée par l'opinion la Con venlion Mcrélail, le ?2 vendémiaire an Ill (i3 octobre 1794), que le tribunal révolution i,aire poursuil'rail ,ans ddai « le; membres du comité révolu~ionnaire de ;';antes, l révenus d'Nre les p,.-ncipaux auteurs des atrocités qui ont eu lieu dans le département de la Loire-lnfé• rieure »; el, aux quatorze de ces membres déférés dès le 5 lhermidor ,23juil· let), par arrêté des représenla~ls Bo urbolle et Bo, atLlribunal révolutionnair~ et détenus à Paris, elle adjoignait de noU\·eau, accusés. Le 23 (11 octobre), paraissait l'acte d'accu•ation contre les quatorze; les débats commencèrent le 25 (16 octobre) N, pendant leur cour,, plusieur; témoins JJrésumc, complice; furent transformés en accusés. Le pulJlic se pa,sionna pour celte affaire; ùienlôl il ne fut plus question que de Carrier. Les accusés se défendaient en rejetant tout sur lui; au,,i, le 8 bruma ire (2û octobre), la Convention, considérant que, d'après la procédure inslruilo coul1e le comité de Nanles, il y avait lieu à examen de laconduile de Carrier, chargeait une commission de \ingtel un membres de cet e,amen. Le 21 brumaire {li novembre), Romme, au nom de celte commission, dépo,ail un rapport concluant à la mise en accusation de Carrier dont la Convention prescrivait le ruaiulien en arrestation cbez lui sous la garde de quatre gendarmes. Pour sa dMeose devant la Convention, Carrier invo[Jua la férocité des Vendéens et les votes mêmes de rassemblée : si l'on veut me punir, s'écria+il non sans quelque raison, « tout est coupable ici, tout jusqu'à la sonnette du préslden t • {Thibaudeau, Jlémoires sur la Co11ve111io,i et le Directoire, t. l", p. 142). Dans la séance du 3 frimaire (23 no- ,embre), qui se proloAgea Jusqu'à deux heures du matin, il était décrété d'accus ,tion par 498 voix contre 2; le 5 {23 novrmbre), l'acte d'accusati<Jn était approuvé el, le 7 (27 no vemltre), il comparaissait, avec les membres du comité cle Nantes, devant le tribunal révolutionnaire. Condamné à mort le 26 rrimaire (16 décembre) ainsi que deux de ses coaccusés, il était exécuté le même jour. La campagne des pamphlets appuyée sur les révélations des Nantais, avait porté aux Jacoùins un coup dont ils ne devaient pas se relever. La Con-
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