140 HISTOIRE SOCIALISTE exemple, vinrcnl, pour la défense de la République menacée, au secours de ceux qui, la veille, étaienl leurs persécuteurs. Un arr/Hé des comités les fiL armer, la commission des Cinq les plaça sous le commandement du général de division Berruyer et on leur accorda des rations de vivres. Résolu main· tenant à agir, le gouvernement se refusait cependant à prendre l'initiative· Cette Coisencore le signal fut donné par la section Lcpeletier: dans la matinée du i2 vendémiaire (4 octobre), prétextant l'armement des patriotes, elle appelait les ciloyens aux armes el les sections du centre l'imitaient. Les comités requirent alor; l'arrestation du bureau de la section Lepeletier. Les troupes des Sablons avaient à leur !Me des généraux qui n'ohéissaient qu·it contre-cœur : !"un, De,1 crrières, tout disposé à exterminer les patriotes ,, ju;qt.-au dernier » ([Jistofre secrète du Di,·ectoi1·e, Fabre [de l'Aude). t. I", p. 12), refusüt de comballre les royalistes et annonçait qu'il allait se mettre au lil (ilfoniteur du 18 vendémiaire-10 octobre); rautre, le f"énéral en cher :'llenou, traitait les patriotes « de scélérats et d'assassins» (Moniteur du 5 brumaire-27 octobre) et défendait à Berruyer de le, l'aire sortir du jardin des Tuileries. :'llandées clansla matinée du 12 (4octobre), les 1roupes n'arrivaient que le soir vers sert heures; bientôt dirigées contre le chef-lieu de la section Lepclelier qui était dans l'ancien couven l des Filles-Saint-Thomas - sur la partie actuelle de la place de la Oourse allant de la rue du Quatre- Septembre à la rue Réaumur-elles le cernaient. Si la force armée outrepasse halJiluellement les ordres le; plus rigoureux con Ire les républicains avancés, elle pèche par excès d'amabilité dès que les réactionnaires sont en cause. Fidèles à celte tradition, les représentants présents et Menou engagèrent des pourparlers avec les rebelles el leur ofîrirent de faire retirer les soldats s'ils consentaient eux-mêmes à s'en aller. Les choses convenues ainsi, Menou, sans attendre que les rebelles se fussent disper5és, ordonna auss ilôt la relraile, menaçant de passer son sabre au tra"ers du corps du premier soldat qui insullerait « les bons citoyens de la section Lepeletier" (Idem), et, derrière lui, les rebelles se reformèrent plus portés que jamais à la résistance. Indignée, la commission des Cinq destitua Menou el Desperrières el remit en aclivilé des généraux sans emµloi; les comités désignèrent Barras comme général en cher de l'armée de l'intérieur, la Convention ratifü1ce choix et Bam,s appela auprès de lui un homme que le 13 vendémiaire allait placer en pleine lumière. Cet homme, • Napolione Buonaparte », comme il écrivait alors son prénom el son nom, général encore peu connu rayé des cadres, étail né à Ajaccio le 15 aoO.t1769. D'origine illli enne, sa famille s·était établie en Corse à la On du xv• siècle et avait acquis dans l'ile une certaine influence. Son père, Charles Buonaparte, et sa mère, Letizia Ramolino, après avoir combattu polD' l'indépendance de la Corse (i 768-1769)avec Paoli, s'étaient, leur cause vaincue,
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==