Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

IIIST(Jin,, SOCIALISTE L'or dt' I' \nglelerre, on l'a ,u, figurail clans Loules les attaques dirigées contre la lh'µulJliquc française; il payait Quiberon, il payait le prince de Condé, il p,1yait l'.\ulriche, il pay ail lïntrigue avec Pichegru. Mais si le gouvcrnemenl de George Ill cnlrele nail l'ét,1t de guerre, poussé par ceux qui en bénéficiaient, par l'aristocratie de la banque, du commerce, de l'industrie, cela ne rapportait à la misse populaire qoc suppléments de taxes sans com-. pensation; cl l'opposition recruta, clans l'en lourage même de Pitt, quelques adhérents. C'e;L le beau-frère de Pitt, le comte Stanhope, qui, le 6 janvier iî0:5, présenta à la Chambre des lords une motion contre toute intervention dans les a!îaires intérieures de la France; justifiée par son auteur en termes très élevés, celle m~tio,1 n'obtint que sa voix contre 61. c·esl l'intime ami de Pill, Wilberforcc, qui, le Z7 mai, à la Chambre des communes, demanda que l'Angleterre fil la 1iaix avec la France à des conditions honorables; soutenue par Fox et cc,mbaltue par Pitt, cette proposition fut repou,sée plr 201 voix contre 86. Le parti de la guerre triomphait et devait malgré tout trio rnpher, mèmc si la proposition \Yilberlorcc avait été ,·otée, étant donnée la p répondorance dans notre milieu gouvernemental, depuis le 0 thermidor, des idées d'annexion. Comme Pitt l'avait dit à la Chambre des communes le 1" janvier précédent (Mon;teur ùu 5 pluviôse an lll-24 ja11vier 1795) : « Quelle paix pourrions-nous obtenir? ... Nous conseillera-t-on d'abandonner aux Français les Pays-Bas autrichiens? non, sans doute •; il n'y avait qu'un moyen d"après Iui de conclure sérieusement la paix:« Forcez les Français à rentrer dans les bornes de leur propre territoire». Après ce qui a été dit plu• haut au sujet des frontières naturelles el après ces paroles de Pitt, on peut comprendre pourquoi la France allait se trouver condamnée à la guerre tant que la condition sine qua 110n de la paix serait, pour les gouvernants françai s, l'annexion jusqu'au Rbin, cette même condition, de ce côté tout au moins, étant, pour les gouvernants anglais, devenus l'ùme de la coalition : point d'annexion. Laisser à la France les • Pays-Bas autricbiens •• autrement dit la Belgique, c'était consentir à ce que, avec le port d'Anvers et cette extension de ses côtes cl de sa flotte sur la mer du Nord, elle isolàt davanlage les Jles Britanniques du continent; l'Angleterre ne pouvait accepter cette situation, el encore évidemment d'une manière provisoire, que réduite à la dernière extrémité. En outre de l'échec, déjà mentionné (chap. vm), de Vi!Jaret..Joyeuse dans !'Océan, il y eut quelques rencontres navales. Martin, nommé viceamiral, avait repris la mer en prairial an Jll (juin 1795) et croisait sur les côtes de Provence, afin de protéger l'arrivée de convois. Dans une reconnaissance, le 6 messidor (24 juin), la frégate la iltimrve !ut capturée par les Anglais après une vaillante d Mense el, le 25 {13 juillet), eut lieu entre les deux flottes, à la hauteur des Il es d'llyères, un combat qui ne nous fut pas favorable; un navire français, l'Alcide, prit feu et sauta pendant une auda-

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