Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

180 111S'!'UIRE SOCIALISTE à morl contre le gouvernement étalili èl se servit pour cela sans scrupule des moyens les plus condamnables ». En celle conjoncture le Directoire voulul recourir à la répression. Que celleci mil parfois indispensable, ce n'est pas douteux; mais c'esl une maladresse de s'en tenir à elle. li esl des réformes qui parlent plus loin. allrignant la source du mal que la répression laisse subsister. D'autre parl, lorsque, reculant par ignorance, faiblesse ou obstinalion devant les réformes qui, seules, seraient vraiment efficaces, on compte exclusivement sur la répression pour remédier ,1 une $iluation dHflcile, il arrive fréquemment d'aboutir, bon gré mal gré, à la constatai ion <le son insuffisance et, par un entrainement naturel, à ~on extension croissante. Or, sïl esl des cas où la répression peul et doit Ctre sévère, elle ne doil jamais, dans l'intérél même de la cause qu'elle sert à défendre, tourner à ln persécution. Le Directoire, il est vrai, eul à lulter contre le mauvais vouloir des Conseils, la pluparl des modérés, selon une l 1clique toujours chère à leur parti, s'elTorçanl de se concilier les bonnes grâces du clergé. Royer-Collard soulinl, le 26 mc;sidor an V(14 juillet 1797), que le gouvernemenl devail contracter avec la religion calholique • une alliance fondée sur l'intéri\l d'un appui réciproque•• et quïl n'y avail pas il crain1re que celle religion « abuse de la liberlé pour aspirer à la lyrannie •; en verlu de la thèse que le péril n'esl pas à droite, mais à gauche, les modérés d'alors comme ceux d'aujourd'hui, travaillèrent à alTaiblir la République et à fortifier ses adversaires. Par la loi du 7 fructidor an V (24 août 1797) furenl rapportées - elles devaient douze jours après reparaitre suus une Corme aggravée - les lois édictant la peine de la déportation ou de la réclusion contre les prélres réfractaires (début du chap. xvn). En fait, I< s lois de 1702 et de 1793 dont le Directoire avail prescrit l'application aux tribunaux, ()Laient restées lettre morte. C'est ce que Driol con;Lalail en ces termes à la séance du Conseil des Cinq-Cenis du 21 hrumaire an Vll (11 novembre 1798) : • Dans la prcsq11e totalité des tribunaux, il n·a pas été possible, depuis le 3 brumaire (an IV) jusqu'au 19 fructidor (an V), d'obtenir la condamnation d'un prôlre déporté, ni même d'un émi.;ré •· Il y eut une tentative pour supprimer la nécessité de la déclaration imposée aux minislres des culles. Dans 1~ séance du 27 messidor an V (15 juillet 1797) du Co!lseil des Cinq-Cenis, on discuta la quesliou ainsi posée : « Exigera-t-on une déclaralion des ministres ùes cultes?•• Dans ce Conseil où les modérés unis aux prétendus constitutionnels, aux soi-disant ralliés, étaient moins assurés de la majorité qu·au Conseil desAncieus, même avec l'appui de cette partie floltànte qui, dans toutes les assemblées, se préctJcupe surtout d'<,tre avec les plus forts, il se trouva au moins un de ces avancés, dont l'espèce n'est malheureusement pas perdue, pour aboutir, avec l'ostentation des principes, à faire le jeu de la réaction. P.J. Audouin, journaliste qu'il ne faut pas confondre avec le gendre de

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