Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

70 TI!STOlllE SOCIALISTE d'autres mains. Les riches marchands in&ultent à la misère du peuple et menacent de vendre bientôt au poids de; assignats la nourriture du pauvre ... L'aristocratie veille sans cesse pour tourner à son profil r,e g_uenous faisons pour le bonheur tlu peuple. Jamais elle n'a pouss6 plus loiri qu'aujourd'hui son insolente audace; jamais le fanatisme n'a déployé plus de fuTeurs. En sortant d'un extrême, ne tombons pas dans uo autre. La létliar'}ie du modlrantisme n'est pas moins funeste que la vigilance de la terreur. Je vois.avec elTroi la contre-révolution empoisonner de son souffle liberticide l'horizon politique. JI n'y a pas dé choix à faire: il r,ut sau,·er la patrie ou périr ... J~ demande que la loi du 17 septeml.Jrc i79:l sur les gens suspects soit exécutée de point en point•· La conclusion ne valait pas les constata lions par lesquelles est si perspicacement pris sur Je rail ce vice immanent du parti mo.iôr6 de ménager la réaction qui lui fournil l'appoint nécessaire jusqu'à ce qu'elle soit assez forte, grâce aux avantages obtenus, pour chercher à l'évincer lui-même; et c'est de là que sont toujours sorties les crises périlleuses ponr la Repu• blique. C'étaient les Jacobins que le parti modéré déclarait vouloir allein<lre; mais cette qualification englobait tous ceux qui avaient joué un l'ôle en l'an Il cl re,taient fidèles à ce passé (recueil d'Aulard, t. I", p. 398 Pl 500), en attendant qu'elle servll à désigner tous le.s républicains sans distinction. Les femmes à la mode attisaient celle campagne dont Fréron tut le principal organisateur el les muscadins les exécuteurs. Ceux -ci qui prirent l'habitude (l'aller tous les malins chercher le mol d'ordre chez Fréron, rue Chabauais, et dont le centre de réunion 6tail le café de Chartres ou des Canonniers au Palais-Royal, se divisaient en trois groupes principaux (recueil d'Aulard, L l", p. 488, el n• 30 du Tribun du Peuple): l'un parcourait les sections, l'autre se tenait dans les lieux publics, el le troisième se rendait dans les tribunes de la Convention, parloul bruyants el provocateurs. Ils orga• ni.aient la chasse aux Jacobin,, frappaient les hommes quand ils étaient « quatre contre un,, selon le mol de Mercier (Le Nouveau Pari.<, chap. cxxn), outra3eaient ignoblement les femmes, saccageaieul h,s boutiques. Le journal de Fréron el les feuilles ne même acabit poussaient ouvertement au massacre des Jacobins; dans son n• 30, daté du 4 pluviôse (23 janvier), !labeur dénonçait en particulier à cet égard le n• 59 de !'Orateur du Peupk. Le 2 pluviôse, pour fêler l'anniversaire <lu21 janvier, dont la Convention arait, le 21 ni rô,e (iO janvier), décidé la célébration, ils brO.lèrcnl,avec ce goût des autodafés qu'ont toujours montré les partis réactionnaires, un ma11nequin qui était censé représenter un Jacobin. « On avait d'abord projeté, a écrit (Revue de la Récoi11lio11, t. IV, p. 13) un monarchiste, M. Viet.or ~•ournel, de donner à ce mannequin une double face: d'un côlé le jacobinisme, de l'autre la royauté. Il s'agissait toujours avant tout de se garer contre IM accusations de royali.me •, tout en étant royaliste. lis recueillirent les cendres dau3 un poL

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