80 HISTOIRE SOClALISTE _) du Hl vc11démiaire a11 Ill {10 octobre lï04) - des emprunts qu'ils avaient pu contracter, la masse d'assignats recueillis par eux à vil prix. De là une efTré· née campag11ede baisse, avec des hauts el des bas savamment ménagés par la haute bourgeoisie au gré de ses intérllls. Il ne lui sulfil pas d'agir directement sur le cours des assignats, elle travailla à déprécier lrs biens qui leur servaient de gage et à cela elle eut double profit: elle écrasait plus facilement les assignats el pouvait acquérir ü meilleur compte les biens nationaux mis en vente. La valeur de ceux-ci devait diminuer rapidement el était en général, au commencement de 1795, bien au-dessous de ce qu'elle élait en 1700 (voir notamment ce qui fut dil au Conseil des Anciens les 11, i2 el 13 thermidor an IV-29, 30 et 31 juillet 1706). Pour obtenir ce résullal, les spéculateurs, aidés en cela 1>ar les prêtres el les royalistes que poussait la haine de la Révolution, propageaient habilement le bruit d'un prochain changement de régime qui ann11l~rail les ventes elîecluées el obligerait les acquéreurs à r esLilulion (rapport de police du il ni I ôse-31 décembre). La réaction qui s'opérait, donnait crédit à ce bruit. Bientôt mème, à la réaction d'ordre général venaient s'ajouter des lois spéciales, telles que celle du 30 ventôse (20 mars) ordonnant de surseoir à la vente des biens confisqués par suite de jugements ; celle du H floréal (3 mai) décidant que les biens des personnes cond amn6es par les tribunaux révolutionnaires depuis le 10mars 1î03 seraient, sauf quelques exceplioi1; à déterminer el d'autres visant notamment la famille des Bourbons, les émigrés el les faux- monnayeurs, rendus à leurs familles; celle du 21 prairial (0 juin) portant que, dans les cas où les biens confisqués auraient été vendus, il ne serait restitué aux héritiers que le prix de la vente, ajoutant aux exceptions d6jà faites les héritiers de la Du Barry el des Hobespierristes exécutés, excluant également du bénéfice de la restitution des biens les condamnaLions prononcées depuis la loi du 8 nivôse an Ill (28 décembre 1701) qui avait réorganisé le tribunal r6volulionnaire, mais ouvrant la porte, é1ant données les nouvelles administrations, à la possibilité d'accorder à cle nombreux émigrés, présentés comme Girqndins frappés • pour prétendu fédéralisme •, la radiation sur les listes des exclus; celle du i3 messidor(~" juillet) suspendant la vente des« biens des ecclésiastiques reclus, déJ ortés ou sujets à déportai.ion ,, ; celle du 22 fructidor {8sepLP-mbre)annulant la confiscation de ces biens. Enfin, une loi du li prairial {30 mai) amendant la loi du 3 ven• tôse (21 février) sur la liberté des cultes, dont il a élé question dans la première partie de ce chapitre, a ,·ail, avec certaines réserves d'emploi civil, autorisé les communes à rendre aux cultes la jouissance des édifices religieux qui n'avaient pas été aliénés, mais seulement désalîeclés, el « dont elles étaient eu possession •· Où s'arrêterait-on dans cette voie? L'inquiétude que celle question faisait naitre, nuisait aux biens nationaux et aux assignats donl ils élaienl la garantie. Celle garantie ébranlée, comme l'indiquait déjà Babeur
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