Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

l!IS'l'OIRE SOCIALISTE 137 La llevellière (lllémoire.<, l. l", p. 295,, • de s'emparer de tous les emplois créés par elle, afin de la renre,ser à coup ,Or•• donna à réfléchir à cell<'-ci : ses membres se demandèrent avec anxiété ce qu'ils dcviendraicnlsïls n'élaienl pas réélus, si les royalistes, qui ne cachaient plus leurs senlimenls à leur égarrl, l'étaient à leur place, el le souci de leur inlérilt personnel développa leur ingéniosité. De ce que la nouvelle Conslilulion n'admettait que le renouvellement par Liers du Corps législal if, soil l"élection de 250 membres chaque année sur les 750 compo,ant les Cinq-Cenis et les Anciens, les représentants modérés conclurent qu'il y avait lieu d'élire 250 membres nouveaux seulement et que 500 Conventionnels - les deux Liers du Corps législatif - devaient être maintenus dans les Conseils; c'es l cc qu'un rapport de la Commission des Onze, sur les moyens de terminer la révolution, proposa le -l" fructidor (18 aol'.ll). A celle nouvelle, il y eut chez les royalisles une explosion de fureur; ceux qu'ils tenaient tanl à voir pari ir allaient rester! JI est hidenl, d'ailleurs, que c'était raide. Les modérés auraient mieux fait de ne pas créer, par leurs égards pour les royalistes el par leurs rigueurs pour les républicains avancés, une situation devenue d.,ngereuse pour eux-mêmes. Ils auraient mieux fait, celle faule commise el le péril des menées royalistes reconnu par eux, de ,e servir de la loi pour enrayer immédialemcnl ces menées el arracher le corps élerloral à sa dépression. Ils préférèrent ne songer qu'à eux. Par le décrel du 5 fructidor (22 août), le choix <les 500 Conventionnels conserl'és était laissé aux assemblées électorales; mais ne c.,m plaienl point parmi les éligibles les représentants « décrétés d'accusation ou d'arre,lation •, c'e,l à-dire les Jacouins el les )lonlagnartls. Le décrd du i3 fructidor (30 aoill) détermina Je mode d'éleolion des 500 modér~s imposés; si ce nombre n'était pas alteinl par les choix des assrmblées électorales, il del'ail être complété par ce~x des Conventionnels que ces assemblées auraient réélus. Une proclamation du i3 fruclidor (30 aoùl} invita les assemblées primaires à voler, le 20 (6 septembre), sur ces cieux décrets comme sur la Conslilulion. Les royalistes avaient entrepris contre ces décrets une campagne des plus violentes. Leurs écrivains se concertaieol el asissaienl avec enscmùle sur l'opinion publique; aux journaux s'ajoutaient les pamphlets el les placards. Avec le cynisme habituel de leur parti qui masque presque toujours son but réel derrière des boniments de clrconstance, ils se posaient en défenseurs de la souveraineté du peuple, dont le retour de leur roi devait enlrnlner la disparition. Mais le peuple était indilférent à lout en dehors de la question des subsistances : depuis les événements de Prairial, la di~lribution journalière de pain n'avait tlé que de six à bu.il onces par personne; à partir du 6 fructidor (23 aoOl), elle rut de douze onces, seulement le pain élail de mauvaise qualité. Les royalistes cherchèrent à e,ploiler le méconlenlemenl populaire el, suivant un mol superbe de Babeuf (n• :l'i du Tribun du Peuple), à dé-

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