34 JIISTOIRE SOC!ALISTJ,; quer des lexles que les autres étaient incapables d'élucider. Les tenlalions élaienl grande>; aux e11cbères de biens nationaux, un lei homme, même sans manœuvres de sa part, ne trouvait guère de concurrent sïl voulait acheter, el achetait à bas prix ; des valeurs lui pas~aienl par les mains, el Irs procès-verbaux de ces opérations, qui auraient dtl ê!re soumis à un, examen compétent cl consciencieux, l'étaient loul au plus à une approbation super· ficielle; puis, a,·ec de l'argent, on pul avoir plus ou moins ouvertement cles assignats au rabais el dor.ner ceux-ci au pair à ses créanciers ou à l'Elal. Ainsi se développa une catégo, ie nouvelle d'agioteurs au moment où on tonna il le plus contre eux, el on ne fil rien de ce qui aurait pu efficacement pré• venir ce résultat. D'autre parl,a écrit ~l. .\ulard dans la revue tri Révolution française, du i4 décembre i80() (p. ::;()S): • li ne faudrait pas croire que les comités révolutionnaires ne fussent composés que cle bons républicains. La )oi voulait que chaque comité fùt composé dr douze membres el qu'il y lot au moins, pour chaque délibération, sept memures présents. Dans les petites communes rurales où déjà la formation de la municipalité avait ahrnrbé presque loul Je personnel capable, commen l trouver, en outre, douze ou même ,epl républi. cains sincères el éclairés? Celle condition irréalisable du nombre cle douze ou de sept permit à beaucoup d'ennemis de la Révolution de s'introduire dans les comité;, le plus souvent sous le masque ùé11,agogique, d'y persécuter, comme moùérés, les meilleur, palr iotes el de se tenir eux-mêmes en stlrelé, dans un lieu de retraite inaccessible où ils avaient, en outre, J'avantage de nuire à la République par leur oulr.rnce. • On lai,sa le droit de réquisition personnelle sur les gens el les fortunes à lous ces comités locaux trop aisément portés à obéir à des inimitiés particulières ou à des complaisances pr.lla1l au soupçon, alors qu'un contrôle el une sanction réels doivent toujours être la règle, mais surtout en matière d'argent. En n'organisant pas sérieusement la sur,·eillance el la responsabilité qui auraient été une sauvegarde contre les entrainements de quelques-uns, contre les lrallrises de certains, el contre l'extension à tous d'accusations justifiées seulement pour une minorité, on exposa tous les membres de ces comités et, par suite, tous les Jacobins, à nne coalition de cupidités déçues el de haines implacables qui devaient profiler de la première occasion pour se donner carrière. Dès la fin de fructidor an JI (milieu de septembre ii94), on chercha à coups de pamphlets à créer un mouv emenl d'opinion contre les Jacobins, et tout fut bon à ccl etfot. Cent lrenl e-deux citoyens de Nantes, révublicains modéré$, mai.s nullement complice; des Vendéen~, avaient élé, le 7 frimaire an Il (27 novembre 1793), expédiés à Paris dans d'odieuses co,,.;itions 1,ar le comité révolutionnaire de Nanle.s qui les accu,all d'élre fédéralistes et aJliés des Vendéens. Apr~s un terrible voyage pendant lequel trente-huit succom-
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==