Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

JllS'l'OIHE SOCIALISTE 81 dans son n• 30, la • confiance tout à fait perdue dans les achats des bien· •, c'élait la chute des assignats; lïnquiétude étai t en outre accrue par la connaissance de la falsification du papier-monnaie à laquelle se livrait, entre autres, le noble Puisaye sous la haute protection de Pitt (chap. v). Comme si elle avait trouvé que celle situation présentait encore ainsi trop de sécurité, la Convention semblait avoir pris pour lâche de l'ébranler davantage par des mesures contradictoires qui, en se succédant à brer délai, <lonnaienl l'impression qu'on ne pouvait compt er sur la moindre fixité de la loi. Le 13 nivôse an Ill (2 janvier 1703), l'expo rtation de l'or el de l'argent était autorisée à charge d'e11 raire rentrer la contre-valeur en ol•jel; lie première nécessité, et, par décret du 6 floréal (:!3 avril), • l'art. l" du décret du 11 avril 1703 portant que le numéraire de la ll épublique en or et en argent n·est pas marchandi~e, est rapporté "· A son to ur, le 2 prairial (2l mai), est rapporté le décret du 6 Ooréal, el l'or et l'argen t monnayés ne sont plus marchandises. Cependant, par décret du 1:lfructidor (30 aot\t), l'or el l'argent monnayés peuvent être vendus, mais seulement à la Bourse. Fermées le 27 juin l i03, toutes les bourses • pour la banque, le commerce el le change•· avaient été rouvertes par le décret du 6 Ooréal. Les premiers assignats portaient l'emgie de Lo uis XVI; au moment où la France fui envahie, ces assignats dits « à race royale• 0.renl au, assignats de ln népubliquc une concurrence Msastreus~, parce que, prétendaient le, partisan, de l'ancien régime, seuls ils seraient remboursés dès que la royauté serait rétablie. Aus,i fut-il résolu, le 3t juillet lî9:l, qu· • à compter de cc jour• les as,ignats à lace royale au-dessus de cent livres n'aurairnl plus cou,s de, monnaie; ils purent Nre versés pend ant un certain temps dan, le, caisses publiques pour tout ce (jUi était dt\ à la nation. Des spéculateur, en a1•aient gardé une grande quantité à leurs ri ques et périls; la majorité mcdérée de la Convention jugea à propos de leur v enir en aide et vota, le 22 flcréul (il mai), que ces assignats - enregistrés au nom d u porteur, ajouta-t-on le lendemain-seraient reçus en payement des biens nationaux; leZT (16 mai), elle démonétisait tous les assignats à race royale de cinq livres et au-dessus en décidant que, seulemenl pendanl lrois mois, ils seraient acceptés ceomme prix des domaines nationaux à vendre, ou déjà vendus, ajouta le décret du 8 prairial (27 mai). Au bout des trois mois ell e permit encore, sous divers prétextes, de les utiliser. Pour se procurer les ressources que les assigna is ne pouvaient plus lui fournir, la Convention ne sut que parler el tâto nner. Depuis la loi du 10 vendémiaire an Ill (10 octobre 1794), en vertu de l aquelle, nous l'avons vu tout à l'heure, avait été reprise la vente des Liens natio naux, - je n'ai pas trouvé I' • arrêté du comité de salut public du 10 me.si dor » qui, d'après l'art. I" de celle loi dont j'ai contrôlé le texle sur l'original (Archives nationales, ADX18), avail suspendu la vente -on avait procédé Il ce lle vente aux conditions indi-

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