Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

HISTOIRK SOCIALISTE muscadins, suivant le mot de l'époque, se reconnaisiai~nt à leur, chewux tressés et poudrés et au gourctin plombé dont ils étaient armés. A leur tète étaient les nommés i\léchin et Julian, le premier de,·ait rlevenir p•·é'.cl ile Bonaparte, et le second mouchard de la lleslaur.ti ,n (Choudieu, Ml-moi,·,.~et Notes, p. 294 el 303), après avoir été agent ,ecret rie l'ouché sous l'Empire. Dè, vendémiaire (septembre), ils avaient provoqué au Palais-Royal des rixes fréquente,; en huant les Jacobins. Quand il, les drcnldésavoués par la Conven• lion, ils purent sans péril redoubler d'audace. A la suile c1·e~cilalious dont le prétexte ful un discours prononcé aux Jacobins, le 13 brumaire (3 novembre), par Billaud-Varenne qui, après aYoir dit à propo,; des dénonciation~ contre Carrier : • Aujourd'hui le, patriote, sont attaqués de nouvc.iu parce que l'on veut re,iser la Révolution tout entière; ... ce n'est point à quelques individus qu'on en veut, c'est à la Convention "• fit entendre des menaces : " Le lion n'est pa, mort quand il sommeille, eL ü sun ré1cil il eüerrnine tous ,es ennemis"• une bande formée au Palais-Royal, et en majorité composée de jeunes gens au-des,ous de vingt ans el de remmes publiques (rapport de police du 22 brumuire-12 novembre), se re, dit, le 10 brumaire (9 nol'emLre,, à la salle des Jacobins située sur l'emplacemenL actuel du marcho Saint-Honoré, cassa le, vitres à coups de pierres, s'en prit surtout au~ femmes qni se trouvaient dans la salle, à celles qu'on appelait les Jacobines, les outrageant, les sooffielanl, les fouettant (recueil d'Aulard, t. l", p. 230, 23G, 415) en ajoutant (voir le rapport de police (!u 3 pluviose-ZZ janvier, Idem, p. Hl) l'obscénité à la brulalilé la plus odieu;c. Le lendemain, des représentants, et notamment Du Roy, no bon )lonlagnard nullement inféodé aux Jacobins, se plaignirent à la Convention de la non intervention des autorités contre les muscadins. Or, l'ab,lention de cell~s-ci avait été voulue : • lis n'ont que ce qu'ils méritent", répondit Reubell, le prési lent des comités. Qu'il n'aimât pas les Jacobins, c'était son droil; mais c'est toujours une faute de contribuer à la défaite d'une fraction de son parti au proUt d'adversaires politiques. Je sa;s bien qu'on se flatte réguliêment d'empêcher ces derniers de profiler de leur succès. Cela, c'e,;t lïnlention, elle sert à cou1rir la satis!aclion de rancunes particulières, el voilJ tout; le fait est qu'on a ali:aire après à des ad1·ersaires un peu plus forts qu'avant, ce qui ne saurait être un bénéfice. Se sentant soulenùs, les muscadins recommencèrent sans larder, le :li (11 uoYembre), les scènes sc,ndaleuses cle ravant-veille. Plus énergiques - ce qui n'est p,1s rare chez celles qui ne sont pas des poupées cri,1rdes el saus cervelle - que les hommes, les f'emmes étaient, malgré tout, re1·cnues aussi nombreuses; parmi les habitués du club, au contraire, il y amit cles viJes. De ceu, qui éLaienLlà, une infime minorité seule était décidée à SJ défendre ellc-mêmJ; la plupart ne songeaient qu'à dbcourir el, pour leur déleose, comptaient sur les sections populaires au,quelles ils avaient fait

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