' 192 1-1 ISTO!f\E SOCIALISTE rélablissant la gratuité de l'instruclion, en entraol dans la voie in~iquée par )lonmayou, le Directoire aurait plus efficacement agi contre l'influence cléricale qu'en s·acharnanl à imposer la céléhralion du décadi, el, 0nalemenl, - les deux citations du recueil de )1. .\ulartl faites dans l'alinéa précédent le prouvent - il ne réussit guère à entraver l~s progrès de l'enseignement clérical. li semhle cependant avoir voulu, à un moment, entrer dans cette voie. Dans un message, le 3 brumaire an VII (2-1octobre 1708), il se prononçait en faveur d'un traitement fixe des insliluleurs (p. 5) el ajoutait (p. ii): • Il parait nécessaire d'établir que nul ne pourra exercer en même temp3 les fonctions de ministre d'un culte quelconque et celles d'instituteur •· C·11· • comment des hommes qui prore,s~nl par état des dogmes incompatible, avec la tolérance » (p. il), disait le Dircctoir~, pourraient-ils respecter le libre dé1•eloppemenl <lela rabon qui est le but de l'enseignement? L'expres;ion liberté d'enseignement rne pariis;ant trop équivo1ue, je dirai : droil d'enseigner pour tous. lanl qu'on voudra, à l'égard de ceux qui. étant. majeurs, sont censés avoir le discernement nécessaire; mais, à l'égard des mineurs, la seule liberté, le seul droit à considérer, ce sont les leurs qui sont incompatibles avec un enseignement ayant le dogme, c'est-à-dire l'interdiction de l'examen el l'ordre de croire, pour poinl de départ. Aussi le choix de ceux qui reçoivent l'aulorisalion d'enseigner aux enfants, ne peut appartenir qu'à l'Etat sur l'orientation duquel agissent, d'ailleurs, les pères en tant qu'électeurs. Dans ce m~me message, le Directoire indiquait un défaut d'organisation qui n'a pas encore com1ilètement disparu : l'enseignement primaire el l'enseignement secondaire ne sonl pas surnsammenl liés; « le vide, disait-il (p. iO), qui sépare ces deux degrés d'instruction paratl trop consiùérable •· Je signale aux modérés du jour que ce message était signé par le modéré 'J'reilhard en sa qualité, à celte époque, de président du Directoire. En oulre des écoles primaires, il y eul quelques établissements subventionnés par J'Elal pour certaines catégories d'enfants. En l'an Ir, dans l'ancien prieuré de Sainl-)lartin-des-Champs, où esl aujourd'hui le Conservatoire des Arts el Métiers, avaient élé réunis, sous la direction de Léonard Bourdon, « les orphelins des défenseurs de la patrie». L'arrestation de Bourdon à la su ile des événements du 12 germinal an lll-i" avril 179;; (chap. vu) amena la Convention à fusionner les établissements de ce genre, • iosliluts du cidevanl prieuré Martin et de Popincourt•• el à ordonner de transférer à l'ancien château de Liancourt (Oise) « les enfants des soldats morts pour la défense de la patrie appartenant à des familles indigentes, ceux des ouvriers tués ou blessés dans l'explosion de Grenelle, ceux des habitants indigents des colonies françaises qui onl été victimes de la Révolution, ceux des soldats sans fortune en acli vilé de service » (20 prairial an lll-8 juin i 795). Le 30 (18 juin), sur la proposition de Plaichard-Cl1olli~re, au nom dµ comité d'ios- •
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