Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

Ill TOIHE SOCI.\L1$TE memhres songèrenl à la faire servir au triomphe de lrurs iMrs. Ce c111i f t que cc projet échoua ~ans le moindre profil, cr fut ,,,,tout, le 12 f(rrrninal, nous l'avons 1u, la per,,blanle indécision de la )Jonla~ne, cl Je 1" prairial, nous allons le Yoir, la concluile incohérente de la Ioule ré1olli·r. L<·spr ,on, rcr1fermaicnl alors les démocrates les plus ardents; de, homm1•s qui s'<'laienl parfois combattus sans se connallrc, s'y trou,·èrenl en conlacl; les patriotes amis et advcr~aires de Robespierre, par exemple, euren l l'occasion de ,·e,pli11uer; en se fré11ue11lant, ils apprirent à se préoccuper plulùl de ce qui le, rapprochait que de cc qui les divisait, ils sr lrou,•èrcnt d'accord pour aflirmrr que la première cho,e à poursuivre était la mise en vi,;ucur de la Conslilulion de lî03. C'col pour la réalisation de ce J,ut qu'il; voulurrnl tirer parli du soulèvement populaire que l'organisation, peul-on dire, de la famill" dc,·ail pro,o 1uer. Aus,i ce lut d:ins les prisons qu'on ruùigca la plupart d,·, affiches placardées avant le 12 germinal el celle du 30 floréal dont nou, parlerons tout à l'heure; cette propagande-là correspondant aux senti ment, de la ma,,e eut aupros d'elle un plein succès. Philippe Buonarroti que nous relro~veronsavec Babeuf (chap. xm , cl qui, dans les derniers jours de floréal (mai 170;,), étail à la prison du Plcs,is-silui•e au coin de la rue Saint-Jacques el de la rue du Cimelière-Sainl-B,'noll ronlr,• les bàlimenls du coll~ge Louis-le-Grand - a écril (ConsµiraUon J,our l'Eyalité, l. I", p. W} : • Je sais, à n'en pas douter, que !"insurrection du l" prairhl an Ill fut en granùe partie l'Ou\'rage de plusieurs citoyens détenu, au Plessis, parmi lesquels on nommait plu5 particulièrement Leblanc, depuis commi,sairc du Directoire à Saint-Domingue, et Claud~ Fiquct •· Toulefoi, un citoyen )h!gnier qui avait pris pour pr(•nom Orulu~. 1lélenu depui, la fin de "enl0•e (mars} à l\ennes où l'a,ail renvoyé le lril,unal révolulio11naire de Paris, se dcc:ara, le H prairial 12 juin), dans une lettre saisie el lue à la Convention le 25 prairial (13 juin), !"auteur de l'affiche du ;l() floréal et fut pour ce !ail, malgré sa rétractation devant ses joges, condamné à la déJ,Orlalion le 3 thermidor an li( (2l juillet 110;; 1• Sïl existe une certaine analogie ectre un plan manuscrit de revendi calions établi par Drulus ~lagnicr el les revendications affichées dans la soirée du 30 floréal, il n'y a pas idenlilé, el je suis rorlé à croire que ce citoyen s'est illusionné. Trop désireux peut-être de se mettre en évidence, il a pris el déclaré pour son œuvre ce qui n'étail chez lui que l'écho de ce qu'il avait entendu dans les prisons de Paris où, depuis plus de trois mois, il se trouvait encore au début de ,entose (fin février 1795). Toul d'al,ord, en e[el, celle action à Paris d'un délenu de Itennes qui n'a1ail pas une notoriété hors ligne, parait a;sez innaistmblable, surtout pour une chose aus~I simple que l'énoncé de revrndi<'alions courantes à celle époque dans les milieux démocratique,. Ensuite, le témoignage dt. Buonarroti, à même d'être bien renseigné à ccl égar,I et ne soulflanl pas moi de celle lointaine inlervenlion, me semble concluant.

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