132 IIISTOll\l, SOC1AL1S'1'1' les Conseils par voie de message, promulguait les lois el veillait à leur exécution; il avait la faculté d'inviter les Cinq-Cents à prendre certaines mesures, sans pouvoir lui-même les présenter rédigées en forme de lois, el l'iniliativc des propositions de guerre cl de trailé qui, pf>uraboutir, devaient Hrc rati. fit'c~ par le Corps législatif; il disposait cle la force armée qui, sauf réquisiLionou autorisation du Corps législatif, devait être tenue à 60 kilomètres du lieu où celui-ci siégeait; il avait le droit de décerner des mandais d'arrél. La Trésorerie nationale, chargée de la surveillance des recettes et de~ dépenses publiques, était soustraite à son action el confiée à cinq commis~aires spéciaux élus par le Corps législatir. Les juges, nous l'avons 1•u'plus haut, même ceux du tribunal de cassation, étaient élus, de même que les jurés de la Haule Cour appelée, le eas échéanl, sur la proposition des Cinq-Cents el la décision des Ancien,, à juger les membres des Conseils ou du Directoire coupables de faits criminels. Etaient également élues, l'adminislration centrale de chaque déparlemenl qui était composée de cinq membres, rnbordonnés lout<'fois au pouvoir central, et les administra lions municipales; fn règle générale il n'y en avait qu'une par canton. C'était là une tentative curieuse pour obvier au morcellement du territoire en innombrables communes que leur petitesse et, par suite, lïnrnrfisance de leurs ressources condamnent à l'impuissance la plus fâcheuse pour leurs habitants; la force utile, en ~ffct, n'est pas dans une indépendance mes!1uine et trompeuse, mais dans la réunion et dans la cohésion des elîurls. Ut per;islance et la multiplic3lion en tous ordres des pelits groupements cl de leur partie ularisme égoïste tiennent surtout à la crainte qu'éprouvent ccu, qui sont ou aspirent à ôlre à leur tête, leurs membres :igis,anls c-t dirigeants, de ne pouYoir l'emporter aussi aisément sur un champ d'action agrandi et de rester dans le rang. Afin de conserver leur petit bout de rôle sur la scènr, il leur faut, et ils n'y manquent pas, alliser de toutes les manières l'esprit de clocher ou de coterie sans lequel ils ne seraient rien. Beaucoup à cause de cela, peul-être encore parce que Je canton n'était qu'une unité arbitraire, la tentative ne semble pas avoir élé du goOl cle la masse menée el abu,ée par une minorité. Le canton - on comptait, pour la m~me étendue territoriale, un peu plus du double du nombre actuel de cantons, tout aussi factices, d'ailleurs, quP.les premiers - devenait ainsi la ,·éritable 1,nité adminislrati ,·e, el les districts - eux aussi en plus grand nombre que nos arrondissements auxquels, administrativement, ils correspondaientélaient supprimés. Cependant chaque commune comprenant de 5000 à 100000 habilauts avait une administration municipale spéciale, les communes de plus de 100 000 habitants au moins trois - ce fut le cas de Lyon, ~lurseille et Bordeaux - et Paris douze municipalités, composées chacune de sept membres, avec un • bureau central pour les objets jugés indivisibles par le Corps législatif•• te~s que devaient l'élre (loi du 19 vendémiaire an IV·
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