HISTOlnE SOCIALISTE 103 plus épouvantables; on n'ose pas les raconter, tant leur effroyalJlc horreur parall invrai•emblahle (voir, par exemple, le compte rendu de la séance du 20 vendémiaire an IV-21 octobre 1795) el bien qu'il s·agis-e de ces cléricaux qu'on sait capables d' tot1t. De l'aveu de Ch. Xodi0 r (Som·enirs, t. li. p. iO,, « tout cela ressemblait étrangement aux exécutions des cannibales ». La première Terreur blanche fil des milliers de victime~, parmi lesquelles finirent par se trouver des républicains modérés alteints à leur tour par ceux dont ils avaient encouragé les premières fureurs. On lit,en ellel, à ce double point de vue, dans le Moniteur du 14 floréal an Ill (3 mai 1î05): « A Lyon, un premier mouvement d'une juste indignation, d'une fureur lég;,ime, avait d'abord immolé plusieurs terroristes bien reconnus. Aujourd'hui tout républicain passe pc,ur terroriste, el sa vie est en c!anger. Des républicains ont été assassinés»; dans rnn numéro du I" prairi.il (20 mai), ce journal déclarait ne pouvoir accepter un démenti qui lui avait été envoyé au sujeldecclle nole. Yoici maintenant le lémoign age <!eGo11pillrau{de ~lontaigu). Aprè, avoir, à la séance du 16 messidor an Ill {4 juillel lî();;;, déclaré : « Le fihônc est ensanglanté; chaque jour ses rives rnnt cou,·ertes de cadavres, et celui qui e-t à la tête des assassins est un homme qui porte en ce momenl le deuil du petit Capel•, il dénonça il, un mois après (séance du J 9 lhcrmidor-6 aolll), le crimo suivant: « Le patriote fie<'on, juré du tribunal révolutionnaire de Paris, Redon qui a condamné à mort l'infàme Carrier, en pa,sanl dans ces malheureuses conlrées, a rencontré une de ces bandes d'assassins; ils lui ont dil: « Tu n'es « point un terrori~te, un di'ap idateur, mais tu es un répulJlicain el nous n'en « voulons point •· A ces mots il fut massacré. » Le réacteur Rovère luimêmc, lié avec Redon, confirmait au,,,itOt le fait el accusait de cet assa,sinal « des émigrés rurlivemenl rentrés». Le Moniteur du 21 messidor an Ill o juillet 17Q5) constate des faits semblables el élahlil la persistance des massacres. Le parti modéré d'alors hésitait cependant encore à agir contre les royalistes et, pour la plupart, les modérés sont, par la suite, restés les mêmes; les Je~ons du passé ne leur profilent pas. « Comment, a écrit l'un d'eux, Thibaudeau, dans ses Mémoires {l. l", p. 240-241), comment la Convention ne tira-t-elle pas vengeance, au nom des lois, de ces crimes abominables ·1... Comment fut - elle plus impitoyable envers les terroristes révolutionnaires qu'en vers les terroristes royaux? C'est qu'elle craignait moins les uns que les autres ... li ne me venait pas à la pensée que le royalisme pô.l renaitre de ses cendres, ni que des armées étrangères i,ussent triompher des nôlres. c·etait une erreur, sans doute, mais elle était partagée par beaucoup d'autres. • Eh! oui, c'était une erreur, et cette erreur, les modérés ont continué à la commettre; m~me les sincères n<!cessent de raùàcber les mauvaises raisons de Thibaude au pour se coaliser nec les cléricaux et les monarchistes et écraser les fractions républicaines plus avanc~es, alfeclanl de ne jamais prendre
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==