Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

30 HISTOIRE SOCIALISn~ • c·est un journal pour les penseurs que je prétends foire, disait-il dans le n• 2 19 fructidor-5 septem bre). c'e,t la tt.éorie des lois successi\·ement rendue, cl l'examen de leurs di,ers raprorts aYec la liberté et le bonheur du peuple." Cependant, ce qui le préoccupe par clc~sus tout à cette époque, c'est la liberté d'écrire, pui,; le droit pour le 1wuple d'élire ~ts magistr~ts; ce qu'il in,·oque, c·e,t la 01-èlarat ion des Droits de l'Homme de 1i03: • Je rap1.orle tout aux Droit; de !"Homme, je iorte aux nue, tout ce qui s'en rapproclrn et je sape tout ce qui leur est op posé • (P' 7, du :?8 fructidor -14 septembre). Dès son premier numéro, il nvail écrit : • Nous e-timerons, nous admirerons l'om•ragc, et nou~ oublierons quel rut l'ouY1ier •, lai~ant allu•ion à celle Déclaration et à Robespierre, • sincèrement patriote et ami des principes Jusqu'au commencement de 1793, et le plus prorond des scélérats depuis cette époque•; dans son n• 4 il l'appelle• !'Empereur•· li est thermidorien, a,ec excès et nah-eté tout d'abord: • le 10 thermidor marque le nou\'eau terme depuis lequel nous sommes en Ira-ail vour renaitre à la liLerté • (n• :l). li réprouve le système de la Terreur et se montre ainsi fidèle aux senlimrnls d'humanité qui rendent si belle la lettre à ,a femme mentionnée à la fin du chapitre précédcnl{AJvielle, lfi,loire de G. Babeuf, t. I", p. 5-1.:;;;J; il allaque videmmenl ceux qui ont appliqué cc S)slème - particulièrement Carrier - appelés dans son n• 4. (25 lruclidor-11 sc·ptcmllre) • terroristes •, mol dont ou prétend qu'il fut lïm·enleur; il sait toutefois oublier le ·,oie <anglant de certains, lanl qu'il approuve leur conduite après Thermidor; tel fut le cas pour Fréron el Tallien ; cette app roba lion, li est \'rai, ne dura pas longtem1»- li combat les Jacobins; il les accuse d'avoir soudoyé des gens qui ont poursuili à coups de bâton au Pala.is-Egalité (Palais-Royal) les colporteurs de ,on journal. IJès le n' 3 (22 rruclidor-8 septembre), il prend la défense du « cluh , Oll électoral, mais séant à la salle des électeur.•, suivant son expre,sion, el proteste contre l'accusation d'Mberti;,me lancée par Oillaud-Yarenne. li publie le projet d'adres,e de la section du Muséum (n• 18, du 6 Yendémiaire an lll27 septembre 170i) qui, dit-il, est le manifeste de son parti, le parti des défenseurs des Droits de l'Uomme. li proteste contre la limitation pour les section;; ,lu droit de se réunir et contre l'arrestation de Yarlet et de Dod,on (n• 7). )lais, s'il veut • montrer au peuple que l'on peut, et bientôt, changer en rtialité la plus belle des maximes qui ne fut jusqu'ici qu'une illusion : le bul de de la sociélé e,1 le bonheur co11111w11 • (n• li; s'il écrit : • Le républicain n_'est p 1s !"homme de l'éternité, il est l'homme du temps; son paradis est celte terre, il veut y jouir de la liberté, ùu bonheur, et en Jouir durant qu'il y est, sans attendre, ou louterois le moins possible • (n• ;;, du 26 rruclidor. 12 septembre), c'est là tout ce qui, dans Je, premiers numéros, peut, avtc la meilleure volonté, être considéré comme renfermant un germe bien l,)intain ~e socialisme; et cependant, au poinl de vue philo1ophlque, Dalleur,

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==