Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

lllSTOIRE SOCIALISTE 57 milieu du mois (août), les troupes républicaines refoulèrent divers rassemblements qui ne ce,saient de tuer el de piller. Dan, la Vendée, après avoir manqué son coup le 16 fructidor (2 septembre), Charette réu·sissait, le 20 (6 septembre), à s'emparer par, surpl'ise du· camp de la Roullière, à 8 kilomètres em;iron au sud ùe Nantes, où il massacrait les soldats; le 28 (14 ;eptembre), il enlevait le camp de Fr<'rigné, hameau de la commune de Touvois (Loire-Inférieure), à 12 kilomètres à l'ouest de Legé, el s'y livrait à une horrible boucherie. Le colonel )lermel avait été mortellement blessé au fort de l'action et, raconte Jomini (t. YI, p. 235), « le fils de Mermel, 0gé à peine de quatorze ans, attaché au corp, de son père expirant, y fut haché en pièces cl mourut en criant : Vive la l/épubliq11e / » Le 24 (10 septembre), une attaque contre le camp de Chiché (Deux-Sèvres), concertée entre Charette el Stofficl, avec mauvaise gnlce de la part de celui-ci, avait été repomsée: mai, un délachcmcal républicain fut anéanti. L'hiver se passa d'une façon assez calme, el la tentative contre le camp de Beaulieu (Vendée), qui échoua le i7 nivô,e an Ill (6 janvier ii9:\), fut la dernière entreprise un peu sérieuse qu'eut 11 déjouer l'armée de l'Ouest. Ce qui préoccupait les gouvernants, ce n'était pas d'établir et de faire exécuter un plan d'opérations bien conçues, c'était d'arriver à tout prix à apaiser les chefs des rebelles. Les insurgés - je rappelle qu'on désigne spécialement sous le nom de Vendéens ceux qui combattaient au sud de la Loire, cl de Chouans ceux qui se tenaient au-dessus du fleuve - étaient dan~ une situation pénible; une épidémie faisait des ravages da:1s leur, rangs; ils ne pouvaient soigner ni leurs malades, ni leurs blessés; leurs munitions étaient in,uffisantes. Loin de s'entendre entre eux, les chefs étaient divisés nu point qu'en décembre, à la suite d'une réunion tenue, le 6, au quartier général ùe l'arrnée du Centre. à Beaurepaire, près de Montaigu, un grave conflit éclata entre Charette et Sapinaud, d'un côté, Stofflet el le cur~ de Saint-Laud (église d'Angers), Uernier, de l'autre. Charette, qui ambitionnait d'être généralissime, ce que n'admettait pas StoCOet,avait sous se, ordres dans le Marais (Vendée), vieillards, enfants, malades compris, une dizaine de mille hommes; c'était l'armée dite du BasPays, du Bas-Poitou ou du pays de Retz; Stotllet, environ la moitié sur les frontières de la Vendée, du Maine-et-Loire et des Deux-Sèvre;·; c'était l'armée du Haut-Pays ou du Haut-Poitou et d'Anjou; entre les deux, Sapinaud était dans le Bocage (Vendée) avec trois mille hommes et formait l'armée du Centre. Sur la rive droite de la Loire, se maintenaient tant bien que mal une vingtaine de bandes. Au fond, la nécessité contraignait tout ce monde à vouloir une suspension des hostilités. Avec une impudence toute nationaliste, , le clérical M. Sciout explique celte nécessité : • Les puissances étrangères n'avalent pas reconnu à temps l'importance de l'insurrection catholique et royaliste de l'Ouest, dont elles auraient dt'l tirer parti pour réldblir la royauté

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==